Alors que le parcours de Los Ratones en LEC Versus s'est achevé au terme de la phase de groupes, une interview donnée par YamatoCannon peu avant le dénouement met en avant cette aventure singulière. L'entraîneur suédois y livre son bilan sur la gestion d'un groupe hors normes, les coulisses difficiles du début de saison, et confie que ce projet devrait bien être l'ultime chapitre de sa carrière.
Une approche humaine pour gérer les égos
Diriger une équipe composée de légendes de la faille de l'invocateur et de créateurs de contenu aux styles atypiques n'était pas une mince affaire. Avec le recul, YamatoCannon estime que la clé de la cohésion chez Los Ratones a résidé dans une gestion souple, loin des carcans habituels du haut niveau.
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Il détaille sa philosophie, qu'il qualifie lui-même d'approche humaniste : « J'ai adopté une approche très humaine. J'ai créé un espace pour que chaque personne puisse être elle-même, et c'est la chose la plus importante. » Plutôt que d'imposer un cadre rigide, il a choisi de s'adapter aux individualités fortes du vestiaire : « Je ne suis pas venu ici pour tout déraciner ou changer chaque personne. Je suis venu pour les élever, les mettre à l'aise tout en participant au LEC. » Une méthode validée par la bonne ambiance interne, malgré la pression médiatique intense qui pesait sur l'équipe.
Le boycott des scrims après le 0-4
L'entraîneur est également revenu sur une réalité brutale du milieu compétitif : la perte de crédibilité. Suite à leur entame catastrophique (quatre défaites consécutives), Los Ratones s'est retrouvée isolée, peinant à trouver des adversaires pour s'entraîner.
YamatoCannon raconte cette période de disgrâce avec franchise : « Au début, je comprends pourquoi les équipes ne nous réservaient pas... Les équipes du haut du classement voulaient jouer le format Fearless, et nous étions encore dans une mentalité de BO1. » Il note toutefois que le respect est revenu au fil des victoires : « Cette semaine, notre planning était meilleur. Nous avons joué contre une équipe déjà qualifiée pour les playoffs, ce qui était un grand pas en avant par rapport à avant, où c'était surtout nous et la Karmine Corp Blue qui jouions ensemble. »
L'annonce d'une probable retraite
Mais le point d'orgue de cet entretien reste la vision de Jakob Mebdi sur son propre avenir. Alors que le projet Los Ratones était par essence éphémère, le technicien semble avoir tiré un trait définitif sur le métier d'entraîneur, usé par les sacrifices personnels qu'il implique. Il livre un constat sans équivoque : « Honnêtement, je pense que j'en ai fini avec le coaching. Ce projet Los Ratones était parfait pour moi à tous points de vue, et je ne vois pas ce qui pourrait le surpasser. Je ne veux pas rejoindre le LEC juste pour galérer. »
S'il n'exclut pas totalement de revenir un jour dans un rôle de direction (General Manager), la page du coaching semble tournée. Il justifie ce choix par l'impact de ce rôle sur sa vie privée : « Quand je coache, je coupe tout le reste dans ma vie, et cela se fait au coût de mes proches. Je suis très sélectif maintenant. Je ne ferai jamais un travail de coach à moitié. »
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