Assurée de la première place de la saison régulière, la Karmine Corp s'est inclinée face à Team Heretics lors de l'ultime journée de la phase de groupes. Une défaite sans conséquence pour la KC, mais qui a fait couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux. Interrogé par ChinaGAP, Caliste a tenu à clarifier l'approche de son équipe, réfutant toute accusation de Relâchement tout en assumant une volonté d'expérimentation.

Une rencontre sous le signe de l'expérimentation

Le match contre Team Heretics n'avait plus d'enjeu sportif pour le Blue Wall, mais il était crucial pour la qualification de leurs adversaires (et l'élimination indirecte de Los Ratones). Face aux spéculations suggérant que la KC pourrait perdre volontairement, l'AD Carry français a été catégorique au micro de ChinaGAP : « Évidemment, on est rentrés dans la partie en mode tryhard. J'ai vu beaucoup de gens dire que la KC pourrait perdre exprès, mais on n'a jamais pensé à ça... On ne se soucie pas de qui va en playoffs ou non, on se concentre juste sur notre jeu. »

Cependant, Caliste admet que l'approche stratégique différait des standards habituels. L'objectif était de préparer le terrain pour les formats plus longs à venir : « On voulait essayer des drafts, des compositions, des styles de jeu différents. Fondamentalement, des styles qui apparaîtraient plus souvent dans une deuxième ou troisième partie de BO, au lieu des drafts classiques de 'game 1' avec tank top, tank support... On voulait surtout pratiquer des compositions qu'on devra jouer plus tard. »

Une draft complexe face à l'agression d'Heretics

Cette volonté de tester s'est heurtée à une composition adverse particulièrement agressive, articulée autour d'un Rumble jungle flexible et d'une pléiade de champions à engagement (Ambessa, Nautilus, Ornn). Caliste analyse avec lucidité la difficulté de la rencontre : « Leurs cinq champions voulaient engager, trouver des flanks et être rapides, alors que nous voulions tous poke... La partie était assez dure. »

S'il refuse de blâmer uniquement la draft, il reconnaît qu'elle n'a pas facilité la tâche de son équipe : « Je ne dirais pas que c'est la draft [la seule raison], car on a assurément fait des erreurs dans la partie... Mais je pense que la draft n'était pas facile pour nous aujourd'hui, et plutôt facile pour eux. Ils avaient juste à utiliser leurs ultimes et on mourait. »

Un duo botlane prometteur mais encore en rodage

Au-delà de ce match, Caliste a évoqué sa collaboration avec son nouveau support, Busio. Les deux joueurs semblent avoir trouvé une alchimie rapide, basée sur une communication incessante. « C'est un joueur vraiment incroyable, très intelligent et talentueux... On parle de chaque match-up, de chaque partie, de tout. Ça a cliqué facilement et vite », confie le Français.

Toutefois, l'ambition du duo dépasse le cadre du LEC. Le regard est déjà tourné vers l'international et les Championnats du Monde : « Je pense qu'on est encore loin de notre pic. Je suis excité de voir ça cet été... Si on travaille bien, on a assurément le potentiel pour être la meilleure botlane. »

Un leadership affirmé pour sa deuxième année

Devenu un pilier de l'équipe pour sa deuxième année au sein de l'élite européenne, Caliste a franchi un cap dans son attitude hors du jeu. Il explique avoir pris de l'épaisseur dans le leadership : « Maintenant, j'ai l'expérience nécessaire pour être décisif dans mes idées... En jeu, je suis vraiment décisif sur ce qu'on doit faire. J'ai une voix forte cette année et je veux continuer comme ça. »

Cette maturité s'accompagne d'un détachement par rapport aux statistiques individuelles, lui qui vient d'atteindre la barre des 500 kills en un temps record (3e plus rapide de l'histoire) : « Honnêtement, je n'avais aucune idée des stats... Je ne joue pas vraiment pour ça. J'essaie juste de gagner. »