Qualifiés in extremis pour les playoffs du LEC Versus après une phase de groupes particulièrement volatile, G2 Esports et son midlaner vedette reviennent de loin. Caps analyse cette frayeur, le niveau de jeu actuel de son équipe face à la concurrence de la Karmine Corp et de MKOI, ainsi que son nouveau statut de vétéran au sein de la ligue.

G2 Esports : de la frayeur à l'ambition retrouvée

Interrogé par lcsprofiles au terme de la phase de groupes du LEC Versus, Caps ne cache pas son soulagement d'avoir validé sa qualification pour les playoffs. Alors que G2 Esports a finalement validé son ticket pour la suite de la compétition, le midlaner danois reconnait que la sérénité n'était pas de mise dans les rangs des quintuples champions d'Europe. Cette qualification, obtenue dans la douleur, force l'équipe à une remise en question immédiate avant d'aborder les formats en Bo3/Bo5, jugés plus propices à l'expérience du groupe.

Loin de l'image d'une équipe dominatrice, G2 a traversé cette fin de saison régulière avec la peur au ventre. Caps confie que le groupe s'est peut-être vu qualifié trop tôt, avant qu'une défaite ne vienne tout remettre en cause. Il raconte ce moment de doute en coulisses : « Nous regardions en coulisses et la KC ne voulait pas non plus que nous passions, alors nous avons commencé à nous dire : "Les gars..." ». Il précise l'impact psychologique de cette incertitude : « C'était très stressant, je dirais. Probablement plus stressant que ce que nous vivrons pendant longtemps. »

Pour le midlaner, cette tension est intrinsèque au format en une manche gagnante (Bo1), où la moindre erreur peut être fatale. Il analyse la volatilité de ces rencontres : « Si notre invade  au niveau 3 tourne mal et que 3 ou 4 personnes meurent, cela peut être très difficile de s'en remettre. Si c'est juste un échantillon d'une partie, ça peut être un peu un désastre. » Cette instabilité a d'ailleurs profité à des équipes comme Los Ratones, dont Caps salue le parcours malgré leur élimination, notant qu'il était « amusant de jouer » contre Nemesis et d'observer ses vieilles habitudes toujours présentes.

Une hiérarchie à reconquérir

Malgré la qualification, Caps reste pragmatique sur le niveau actuel de G2. Il refuse de considérer son équipe comme favorite indiscutable à l'heure actuelle, préférant la prudence. Il évalue la situation : « Si je devais le dire maintenant, je dirais probablement que je me sens assez confiant pour atteindre le top 3 ou battre la plupart des équipes, mais ce serait certainement beaucoup de matchs serrés. » Il ajoute, concernant les chantiers prioritaires : « Je ne dirais pas que nous sommes les plus forts actuellement, donc nous avons certainement des choses sur lesquelles nous devons travailler, beaucoup de choses. »

Pour la suite du tournoi, le joueur identifie clairement ses rivaux principaux. Si des équipes comme Vitality ou Na'Vi (avec la performance notable de Poby) ont surpris, Caps mise sur l'expérience des structures habituées aux phases finales. Il explique pourquoi le changement de format favorise certains concurrents : « C'est moins une question de repérage d'une équipe spécifique et plus une question de drafts génériques. Et je pense que lorsque cela devient un peu plus spécifique, des équipes comme MKOI ont fait leurs preuves par le passé, tout comme nous et la KC. Donc je ferais certainement plus attention à la KC et MKOI pour les playoffs. »

Le poids des années et la culture de l'instant

Désormais l'un des joueurs les plus âgés de son équipe, Caps s'amuse de ce changement de statut, lui qui a passé sa jeunesse à être le cadet de ses groupes, que ce soit à l'école ou dans le sport. Il note avec ironie : « C'est définitivement un peu bizarre d'être l'un des plus vieux de l'équipe et d'avoir de nouveaux joueurs. » Pourtant, l'esprit de compétition reste intact, comme en témoigne cette anecdote en solo queue où, après un solokill, il s'est surpris à penser : « First blood pour Baby Faker ! »

Cette longévité l'expose cependant à la critique constante du public, un phénomène qu'il compare à celui vécu par Faker. Conscient que la perception des fans dépend uniquement du dernier résultat, il reste philosophique mais déterminé. Il conclut sur cette pression médiatique : « Si nous gagnons ces playoffs, je ne serais pas extrêmement surpris, mais alors tout le monde dira : "Oh, G2 est de retour". Mais si nous perdons, tout le monde dira que je suis complètement fini. Pour eux, je pense que le plus important est juste notre dernier match. »