Malgré la qualification pour les phases finales acquise avant même la dernière journée, l'ambiance n'est pas à la fête chez GIANTX. Après la défaite contre la Karmine Corp Blue en clôture de la phase de groupes, le head coach Guilhoto a livré un constat glacé sur le niveau de son équipe, attribuant leur présence en playoffs à la chance plutôt qu'au talent.

Une qualification en trompe-l'œil

Interrogé par nos confrères de Hotspawn, le technicien portugais n'a pas mâché ses mots. Loin de se satisfaire du résultat comptable, il dresse un bilan critique de la phase de groupes, remettant en cause aussi bien la performance individuelle de ses joueurs que la méthodologie de son propre staff technique. Pour lui, la place de GIANTX dans le top 8 relève du miracle statistique plutôt que d'une solidité sportive.

Il analyse la situation : « Nous avons eu quelques matchs chanceux. Nos matchs contre Shifters et SK étaient incroyablement chanceux et nous aurions dû perdre ces deux rencontres. Et si nous avions perdu ces deux matchs, nous serions hors des playoffs. » Il insiste sur la nécessité d'aborder la suite avec humilité : « Nous devons être très humbles en arrivant aux playoffs parce que notre niveau est celui d'une équipe qui ne devrait pas être en playoffs. »

Un constat d'échec sur la progression individuelle

L'entraîneur pointe du doigt l'incapacité de l'équipe à corriger ses défauts récurrents, malgré un focus mis sur l'apprentissage plutôt que sur le résultat brut. Il prend l'exemple de son midlaner, Jackies, forcé de jouer des mages pour s'améliorer, mais dont la phase de lane reste problématique : « C'est vraiment bizarre parce que sa phase de lane n'est tout simplement pas au niveau où elle doit être... Il y a une certaine frustration chez lui, mais il sait ce qu'il doit faire pour y travailler. »

Mais la critique la plus virulente concerne les erreurs individuelles répétées du reste de l'effectif. Refusant de parler d'un simple manque de discipline, Guilhoto se montre tranchant : « Ismaïl [ISMA] s'est fait attraper avant le Nashor. Eren [Lot] disait dans les communications qu'il allait faire des choses et finissait par ne pas les faire... Je n'appellerais pas ça un manque de discipline. J'appellerais juste ça être mauvais, tout simplement être mauvais. » Il ajoute que ces erreurs « ne peuvent pas faire partie de cette ligue » si l'équipe aspire à mieux.

Une remise en question totale du coaching staff

Loin d'accabler uniquement ses joueurs, Guilhoto prend sa part de responsabilité, qualifiant la performance du staff de « pauvre ». Il estime que si les joueurs ne progressent pas, c'est que la méthode pédagogique est défaillante. Il explique cette autocritique : « Il n'y a pas de situation où la faute revient uniquement aux joueurs... Ce ne sont pas des êtres humains peu intelligents ou incapables d'apprendre. Ce doit être la manière dont nous faisons les choses ou ce que nous faisons qui ne fonctionne pas aussi bien que prévu. »

Cette urgence de résultat est d'autant plus pressante que l'incertitude plane sur l'avenir des joueurs coréens, Noah et Jun, dont les contrats expirent en fin d'année. Guilhoto conclut sur ce point émotionnel : « Ils savent que nous sommes toujours là pour les aider. Mais nous savons que la meilleure façon de les aider à gérer cela est de rendre cette année spéciale. Donc à chaque fois que nous échouons, comme aujourd'hui, nous les laissons tomber aussi. »