L'aventure s'arrête aux portes des playoffs pour Los Ratones. Malgré une remontée notable après un début de saison difficile, l'équipe a échoué lors de l'ultime journée du LEC Versus. Interrogé à l'issue de la défaite décisive face à Team Vitality, le midlaner slovène Nemesis a livré une analyse froide sur cette rencontre, son niveau individuel et l'écosystème compétitif actuel.
Bilan d'une occasion manquée et critique du format
Los Ratones ne verra pas les playoffs. Si le verdict est désormais entériné, c'est tout juste après le revers contre Vitality que Nemesis s'est exprimé au micro de lcsprofiles. Le joueur est revenu sur la physionomie de ce match couperet, regrettant le manque de rigueur de son équipe à un moment critique de la saison. Malgré un redressement au classement après un départ en 0-4, Nemesis estime que son équipe a laissé passer sa chance lors de cette dernière rencontre. Il pointe du doigt une gestion de la partie trop désinvolte face à Vitality : « Je pense que nous nous sommes un peu trop amusés aujourd'hui. Je pense que la partie était extrêmement gagnable et nous avons gâché tant de scénarios... Je ne suis pas particulièrement content du résultat aujourd'hui. »
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Il nuance toutefois ce constat en rappelant le chemin parcouru depuis le début du segment : « Je joue juste mon jeu. Nous étions dans une très mauvaise posture, évidemment en 0-4, nous étions dans une position bien plus difficile que n'importe quelle autre équipe. Donc le fait que nous soyons ici maintenant... je pense que nous avons plutôt bien réussi. » Concernant le niveau global de la ligue et les difficultés de certains favoris, le midlaner reste prudent, refusant de tirer des conclusions hâtives basées sur le format en une manche gagnante. Il précise sa pensée : « Je pense qu'on ne peut jamais vraiment juger les choses sur la base des scrims... Et je pense que les BO1 sont extrêmement aléatoires ; même les meilleures équipes peuvent perdre des matchs ou les pires équipes peuvent en gagner. »
Poby, la surprise du chef, et le souvenir de Fnatic
Sur un plan plus personnel, Nemesis a identifié un adversaire inattendu comme étant son opposant le plus coriace du segment. Il désigne le midlaner de Natus Vincere, ancien Fnatic passé par T1 : « Je dirais Poby, probablement, c'était en fait le midlaner le plus dur que j'ai affronté, au moins en scrims et sur scène. Il joue vraiment, vraiment bien ses champions. C'était probablement la plus grosse surprise pour moi. »
L'interview a également été l'occasion d'une pique, non dénuée d'ironie, envers son ancienne structure, Fnatic. Interrogé sur la tendance des midlaners à performer après avoir quitté l'organisation britannique, il répond : « Est-ce que les midlaners réussissent mieux quand ils quittent Fnatic ? Probablement, parce qu'habituellement ils parlent d'à quel point ils sont déprimés quand ils sont là-bas, et ensuite ils partent et ils sont généralement plus heureux. » Un état d'esprit qu'il confirme partager aujourd'hui : « Oui, bien sûr que je suis plus heureux. »
L'incohérence du calendrier des patchs pointée du doigt
Enfin, le joueur a profité de l'entretien pour fustiger la gestion du calendrier des mises à jour par Riot Games. Nemesis décrit la période précédant les playoffs comme une épreuve pour les joueurs professionnels, contraints de s'adapter à des changements majeurs au pire moment possible. Il qualifie sans détour cette transition d'« expérience horrible », déplorant l'instabilité du jeu : « Ils changent le patch complètement... Vous devez réapprendre le jeu encore une fois. C'est comme s'ils supprimaient ou buffaient un champion complètement au hasard, genre : "Ok, maintenant la méta va changer du tout au tout". »
Il pointe ainsi l'incohérence qu'il y a à s'entraîner intensivement sur une version du jeu pour devoir tout oublier une fois les matchs à élimination directe arrivés : « Vous jouez 500 parties d'Azir-Orianna et tout à coup, vous arrivez en BO3 et vous jouez pour la première fois certains matchups que vous n'avez même pas vus en scrims. »
Malgré cette critique structurelle et la déception de l'élimination, le midlaner slovène conclut sur une note de résilience qui définit sa carrière : « Je me vois comme quelqu'un qui se plaint beaucoup, mais à la fin de la journée, je fais ce que j'ai à faire pour gagner. Je fais ce que je dois faire pour m'adapter. »
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