L'actualité de ZYB Esport s'est emballée ces dernières heures. Alors que l'équipe de Nisqy venait de valider sa place pour le Super Group du LFL Invitational au terme d'un parcours accroché, l'euphorie du recrutement de Bwipo au poste de coach est retombée aussi vite qu'elle est montée.
Un renfort stratégique pour la phase finale
Pour comprendre la genèse de ce recrutement avorté, il faut d'abord se pencher sur la réalité sportive du projet ZYB Esport. Loin de l'image d'Épinal d'une simple équipe d'influenceurs, la formation montée par Yasin « Nisqy » Dinçer s'est présentée dans le groupe E avec de réelles ambitions, portées par des vétérans comme Hiro, Manaty ou Jezu. Si l'entame du tournoi le 22 janvier face aux Galions Sharks a rassuré sur les mécaniques individuelles, la suite de la compétition a rapidement mis en lumière les limites structurelles du collectif. La défaite concédée en finale du Winner Bracket le 28 janvier contre French Flair, l'autre équipe invitée, a agi comme un révélateur : face à une opposition organisée, le talent pur ne suffit pas toujours à compenser les lacunes en macro-gestion.
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Condamnée à l'exploit dans un match couperet pour sa survie, l'équipe a su faire preuve de résilience. C'est au bout du suspense, lors du Decider Match du vendredi 30 janvier face aux Suisses du Lausanne-Sport Esports, que ZYB a validé son ticket pour la suite de la compétition. Cette victoire cruciale leur a ouvert les portes du Super Group, les plaçant parmi les dix meilleures formations du tournoi. Mais cette qualification acquise dans la douleur a imposé un constat lucide au sein du vestiaire : pour exister dans ce championnat face à des structures professionnelles rodées comme Vitality.Bee ou BK ROG, et pour assurer la qualification pour la LFL 2026, l'autogestion ne suffirait plus.
L'annonce d'un changement de dimension
C’est dans cette optique de professionnalisation express que Nisqy a annoncé, en début de semaine, l'arrivée de Gabriël « Bwipo » Rau. Le profil semblait idéal : un ancien joueur de classe mondiale, libre de tout engagement après son rendez-vous manqué avec French Flair, et capable d'apporter une science du jeu inégalée. Le plan était simple et séduisant : transformer les entraînements en véritables sessions de performance, déléguer l'intégralité des phases de draft au Belge et profiter de ses analyses pointues lors des revues de match. L'objectif était de décharger les joueurs de la charge mentale tactique pour qu'ils puissent se focaliser sur l'exécution.
La douche froide : « On n'a déjà plus de coach »
Cependant, la réalité des contraintes logistiques a rattrapé la « hype » aussi vite qu'elle était née. Ce mardi, à quelques heures seulement de la reprise des hostilités, Nisqy a dû rétropédaler en direct sur sa chaîne Twitch, annonçant sans détour que l'équipe n'avait « déjà plus de coach ». L'accord, fondé sur le volontariat et l'amitié, s'est heurté à la charge de travail colossale qu'exige le coaching d'une équipe à ce niveau. Selon les explications fournies par le midlaner, Bwipo a rapidement réalisé l'ampleur de la tâche, estimant qu'il ne souhaitait pas consacrer l'intégralité de sa semaine à ce rôle sans rémunération contractuelle.
Nisqy a joué la carte de la transparence pour expliquer ce revirement, précisant qu'il refusait d'imposer une telle pression à un bénévole : « Je ne voulais pas lui casser les couilles, en plus il était en bénévolat ». Au-delà de l'aspect temporel, la barrière de la langue au sein d'un roster communiquant exclusivement en français semble avoir été un frein supplémentaire, rendant l'intégration de Bwipo plus complexe que prévu. C'est donc un retour à la case départ pour ZYB Esport qui, après avoir touché du doigt une structure professionnelle, devra finalement affronter la phase la plus dure du tournoi avec ses armes habituelles : l'instinct et l'expérience de ses joueurs.
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