Ce mercredi soir marque l'entrée en lice de BK ROG dans la phase de Super Group du LFL Invitational 2026, avec une première affiche prévue contre ZYB Esport. Une échéance sportive majeure partiellement éclipsée par l'implosion publique de la structure : entre arriérés de salaires confirmés et coaching staff démissionnaire faute de contrat signé en bonne et due forme, l'organisation semble à l'agonie administrativement et financièrement parlant.
Une gestion en roue libre : quand l'extrasportif condamne le terrain
L'histoire de BK ROG en ce début d'année 2026 ne s'écrit plus dans la Faille, mais via des communiqués de crise et des plaintes sur les réseaux sociaux. Alors que l'équipe s'apprête à défier la structure de Nisqy, ZYB Esport, puis enchaîner face Joblife et Solary pour le compte de la première semaine du Super Group du LFL Invitational, l'attention de la communauté est braquée sur ce qui se passe derrière le rideau. La participation même de la structure au tournoi suscite aujourd'hui de vives interrogations. Son maintien dans la compétition semble en décalage total avec la réalité brutale exposée ces dernières quarante-huit heures : celle d'une organisation dépeinte en quasi-cessation de paiement, incapable d'honorer ses engagements contractuels passés comme présents.
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Cette situation est le prolongement direct des problèmes révélés fin 2025. L'ancien entraîneur, Craft1x, avait alors dénoncé sept mois de salaires impayés. La direction avait justifié ce défaut de paiement par un retard de versement de son partenaire ASUS. Cette dette ne semble pas avoir été apurée durant l'intersaison. Les témoignages récents, notamment celui de l'ancien joueur OMON, indiquent que plusieurs membres de l'effectif 2025 attendent toujours leur régularisation, remettant en cause les garanties de solvabilité présentées par le club.
La prise de parole d'OMON ce 3 février est venue confirmer que le problème est toujours bel et bien présent. L'ancien midlaner de l'équipe, désormais passé chez Galions, a révélé publiquement être toujours dans l'attente de ses salaires de la saison passée. Ce témoignage est accablant pour la direction du club. Il prouve non seulement que les joueurs sont également victimes de cette gestion, mais aussi que les promesses de régularisation faites durant l'hiver n'ont pas été tenues.E n débutant l'année avec un tel passif toujours actif, BK ROG et les instances de la ligue se retrouvent face à une interrogation brutale : comment cette situation peut-elle encore être autorisée aujourd'hui ?
Un coaching staff démissionnaire
La tension est montée d'un cran ce 3 février avec la prise de parole de Kevin "Hackali" Sousa. Arrivé le 18 janvier pour prendre la tête de l'équipe, le coach a dénoncé l'absence de contrat de travail et l'impossibilité de joindre sa direction depuis sa prise de poste. Le management aurait justifié ce silence par une panne de téléphone du CEO, une explication qui a définitivement rompu la confiance avec le technicien. Voici le détail des événements rapportés par le coach :
Après le premier jour de scrims, j'ai demandé au manager d'organiser une rencontre ou une négociation avec le CEO. Je n'ai eu aucune réponse, le sujet a été esquivé. Le lendemain, j'ai insisté et on m'a répondu que le CEO ne serait de retour qu'après le week-end en raison d'un événement ASUS. Le lundi arrive, je demande à nouveau les disponibilités du CEO. Le manager me dit qu'il fait le forcing, mais que le CEO est toujours occupé par cet événement. Près de deux semaines se sont écoulées sans la moindre mise à jour. Ma patience s'amenuisait, d'autant que j'ai des responsabilités et des factures à payer à la fin du mois.
J'ai fini par prévenir le manager que je partirais si le CEO ne me contactait pas ou ne me fournissait pas de contrat au plus vite. Le manager m'a assuré, en désespoir de cause, qu'il ferait de son mieux pour obtenir cet échange (et je crois honnêtement qu'il l'a fait). Ce dimanche 1er février, on me dit enfin que le CEO peut me parler et on me transmet son numéro. Je lui ai envoyé plusieurs SMS : il ne les a même pas lus. Ce dimanche encore, j'ai été complètement ignoré. J'ai relancé le manager pour avoir des nouvelles face à ce silence. Accrochez-vous bien car c'est irréel : le CEO a dit au manager (pas en face, allez savoir comment) que son téléphone était cassé et qu'il ne pouvait donc pas me parler. Tout cela, soi-disant, toujours pendant un événement ASUS.
Pour être honnête, je n'avais déjà plus beaucoup d'espoir et ma patience était à bout. Je me sentais continuellement manqué de respect, on me mentait et on se moquait de moi. J'ai donné une dernière deadline au CEO pour me parler aujourd'hui, faute de quoi je partais. Vous devinez la suite ? Rien. Cette organisation a des problèmes avec d'autres parties impliquées depuis 2023/2024 et pourtant, cela continue d'être autorisé. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que, honnêtement, tout le monde se fout de ces situations ? »
Trois matchs pour l'honneur avant le départ
Conséquence immédiate de ce traitement : Hackali a annoncé sa démission avant même le premier match du Super Group. Toutefois, il assurera l'intérim bénévolement pour les rencontres des 4, 5 et 6 février par respect pour les joueurs, avant de quitter définitivement ses fonctions à la fin de la semaine. Il explique sa démarche :
Quoi qu'il en soit, j'ai parlé ouvertement aux joueurs de la situation et de la forte probabilité de mon départ, malgré mon envie de travailler avec eux. Ils ont totalement compris. Bien que cette situation soit un manque de respect total de la part du CEO et de l'organisation, j'ai donné ma parole aux joueurs : je participerai et assurerai le coaching pour les trois prochains jours de matchs officiels (les 04, 05 et 06 février) contre ZYB, Joblife et Solary. Pourquoi ? Parce que je respecte énormément mes joueurs et je refuse de les laisser tomber. L'organisation cherchera certainement un autre coach pour me remplacer après le 6 février. Si vous êtes contacté, soyez conscient que vous ferez probablement face à la même situation que moi.
J'aurais aimé apporter de bonnes nouvelles. Le 18 janvier, j'étais excité à l'idée de rejoindre la LFL après cette intersaison désastreuse, mais l'état de la scène ne pourrait vraiment pas être pire. J'aimerais aussi que ces comportements non-professionnels soient punis, mais j'ai malheureusement perdu tout espoir après ces montagnes russes émotionnelles vécues depuis octobre. Regardez-nous jouer ces trois prochains jours. Ensuite, je chercherai probablement un travail "normal" (IRL) tout en streamant, car être Free Agent à ce stade ne laisse aucun espoir de trouver un projet solide.
C'est donc dans ce climat d'incertitude, avec un coach sur le départ et une direction contestée publiquement, que le roster composé de Boda, Jeykup, Sayn, Doss et UNF0RGIVEN doit débuter le Super Group ce soir.
Pour le moment, silence radio du côté de Riot Games France et des organisateurs de la LFL.
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