Suite à l'élimination de Los Ratones aux portes des playoffs du LEC Versus, YamatoCannon a pris la parole. Dans un debrief complet, l'entraîneur revient sur la progression fulgurante de son équipe, exprime ses regrets liés au format sans match tie-break, et laisse entendre que cette aventure pourrait bien être la dernière de sa carrière de coach.

Un goût d'inachevé malgré une dynamique positive

L'aventure s'arrête prématurément pour l'équipe de Caedrel. Malgré une 2e et 3e semaines de compétition convaincantes, Los Ratones ne verra pas les phases finales du tournoi. Quelques heures après l'officialisation de ce résultat, YamatoCannon s'est exprimé pour dresser le bilan. Loin de chercher des excuses, le coach pointe le retard à l'allumage initial comme la cause principale de cet échec, tout en soulignant la frustration de voir le groupe s'arrêter au moment où il performait le mieux.

Il confie son sentiment sur cette élimination brutale : « Le plus dur, c'est qu'on devenait de plus en plus forts. On grandissait tellement en tant qu'équipe... Tout le monde devenait meilleur et la dynamique collective se renforçait. » Pour lui, le bilan comptable est cruel mais logique compte tenu du départ raté : « Au final, le plus gros problème pour nous a été ce début en 0-4. C'est déjà impressionnant en soi d'avoir eu une vraie chance de se qualifier après un tel départ. »

Le regret du format et l'absence de tie-break

Si YamatoCannon accepte la responsabilité de l'équipe dans ce résultat, il émet toutefois une réserve sur le format de la compétition, et plus spécifiquement sur l'absence de matchs tie-breaks pour décider des qualifiés. Selon lui, ce système ne valorise pas suffisamment la montée en puissance des équipes sur la fin du segment.

Il analyse la situation avec franchise : « Je pense que ne pas avoir de match tie-breaks, cela n'a aucun sens... Ce que les tie-breaks offrent, c'est qu'ils récompensent la forme récente. Et je pense que c'est important si l'on veut s'assurer que les meilleures équipes aillent en playoffs. » Il ajoute néanmoins que les règles étaient connues de tous : « Tout le monde était au courant, donc d'un point de vue compétitif, tout le monde était logé à la même enseigne. Mais même dans un monde où on aurait joué le tie-break et perdu, cela aurait été beaucoup mieux que ça. »

L'éloge d'un groupe éclectique et professionnel

Au-delà du résultat, l'entraîneur retient avant tout l'aventure humaine et la construction d'un collectif performant à partir de profils très différents. Il a tenu à saluer individuellement ses joueurs, mettant en avant la rigueur des vétérans comme Nemesis ou Rekkles, mais aussi la surprenante adaptation des créateurs de contenu comme Thebausffs.

Concernant ce dernier, YamatoCannon se dit bluffé : « Sa discipline et son professionnalisme sont de niveau S. J'ai vu sa magie opérer. Ses ganks au niveau 3, ses proxies... il s'est tellement amélioré. J'aimerais voir à quel point il pourrait être fort s'il jouait une année entière. » Il loue également l'attitude des joueurs plus expérimentés face à la difficulté : « Nemesis est l'une des personnes les plus patientes que j'ai rencontrées. Vous avez vu nos entraînements début janvier où il se faisait gank 82 fois... Il est resté patient. Quant à Rekkles, la façon dont il maintient sa routine, chaque heure de sa journée est méticuleuse et optimisée. »

Une probable dernière danse

En conclusion de son intervention, YamatoCannon a évoqué son avenir personnel avec une certaine émotion. Après avoir remercié Caedrel pour l'opportunité et les conditions de travail jugées « fantastiques », il a laissé entendre que ce tournoi marquait probablement la fin de sa carrière d'entraîneur, à moins d'une offre impossible à refuser. Il déclare ainsi : « C'est probablement ma dernière expérience de coaching. Je ne vois pas ce qui pourrait m'attirer à nouveau, la seule chose qui pourrait me faire revenir, c'est quelque chose d'irréaliste qui n'arrivera probablement jamais, comme travailler avec Caps ou avec Los Ratones à nouveau. Je suis en paix avec l'idée que ce soit mon dernier rodéo. »