Quelques heures après l'annonce officielle du rachat des parts de Prime, le co-fondateur de la Karmine Corp, Kameto a pris la parole sur sa chaîne Twitch. Soulagé, le président de la structure est revenu sur les graves difficultés financières récentes du club, frôlant la fermeture à plusieurs reprises, tout en remerciant sa communauté et en se projetant vers un avenir qu'il annonce radieux.
La fin d'une période de turbulences internes
C'est un Kameto visiblement libéré d'un poids qui s'est adressé à ses fans et viewers. Si l'annonce du départ de Prime marque la fin d'une ère, elle symbolise surtout pour le dirigeant la conclusion d'une séquence particulièrement éprouvante pour la survie même de l'organisation. Sans entrer dans les détails administratifs, il a révélé l'ampleur de la crise traversée par le club ces derniers mois, avouant avoir songé à tout abandonner.
Il confie avec transparence la précarité de la situation passée : « Les derniers mois, c'était n'importe quoi. Je lance mes streams normaux, je fais mes casts, mais les derniers mois, c'était inimaginable... On est passé à côté de cinquante fermetures, cinquante moments où je pensais que c'était fini, que j'allais arrêter. Je me suis dit que j'allais arrêter un jour, que ça ne servait à rien. J'allais faire la plus grosse bêtise de ma vie, j'allais arrêter de rêver. »
Le soutien de la communauté comme seul rempart
Face à ces vents contraires, Kameto attribue la survie du projet à la fidélité de son public, le Blue Wall. Il insiste sur le fait que sans cet engouement populaire, la structure aurait probablement cessé d'exister. Il a tenu à remercier solennellement les fans qui sont restés malgré les résultats sportifs parfois décevants et les rumeurs de problèmes internes.
Il déclare avec émotion : « Si vous n'étiez pas là, j'aurais arrêté depuis longtemps, j'aurais tout stoppé pour redevenir juste streamer. Je me serais dit que ce n'était pas grave, que j'avais rêvé et échoué. Mais grâce à votre soutien, j'ai tenu et on a les Worlds à aller chercher. » Il ajoute une mention spéciale pour les partenaires financiers et les équipes opérationnelles : « Merci à tous les employés de la KCorp, merci aux investisseurs aussi qui nous ont permis d'aller en LEC et de survivre à des passes difficiles, parce que c'est vraiment une dinguerie. »
Un renouveau et une réponse aux polémiques
Désormais seul maître à bord avec ses associés restants, Kameto qualifie cette transition de tournant majeur pour l'histoire du club. Il affirme retrouver une motivation intacte : « C'est un nouveau départ pour la KCorp, il va y avoir de grands changements... J'ai l'impression que je voyais trouble et que là, je revois net. La première fois que j'ai mis des lunettes, ça m'a fait la même chose, j'ai vu en 4K. »
Le CEO en a également profité pour balayer les accusations de « win-trading » concernant le match récent contre GiantX, où certains membres de la communauté League of Legends ont soupçonné la KCorp de ne pas avoir joué le jeu pour favoriser l'élimination de Los Ratones. Il tourne en dérision ces théories du complot, justifiant les choix de draft par la préparation des phases finales. Il explique avec ironie : « Il y a des gens qui pensent vraiment qu'il y a eu du win-trade... Ils ont dit qu'on a fait une draft avec des champions injouables... On a pris une LeBlanc mid, il y a les playoffs qui arrivent, on teste un champion. Varus est un des meilleurs champion de la méta. Vous passez pour des idiots en fait. » Il conclut en réaffirmant que l'opinion des détracteurs internationaux n'a aucune importance face à la cohésion de sa propre communauté.
Assumer le rôle du « grand méchant »
Lucide quant à l'image qu'il renvoie désormais au-delà des frontières hexagonales, Kameto semble assumer pleinement ce nouveau costume de « méchant » de la scène européenne. Il s'amuse des réactions épidermiques suscitées par la qualification de son équipe, allant des théories du complot sur les communications vocales aux attaques personnelles.
Il observe cette hostilité avec un certain détachement : « À l'international, les gens me voient littéralement comme le diable. Comme si je ne véhiculais que de mauvaises valeurs, que je souhaitais la chute de tout le monde. » Une impopularité qui ne l'atteint pas, le dirigeant préférant se focaliser exclusivement sur sa base de fidèles : « On ne va pas changer notre manière d'être ou faire les choses différemment pour plaire aux internationaux. Vu ce qu'ils écrivent, je ne veux pas les avoir avec moi. Le club, c'est vous. »
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