À l'heure où l'esport s'industrialise et se professionnalise à grande échelle, certaines structures choisissent de placer le cadre associatif et la proximité locale au cœur de leur modèle de développement. À Montpellier, l'association Smash À Lez s'est imposée comme un acteur singulier de cet écosystème en Occitanie.

A la rencontre d'Emi, présidente de l'association Smash À Lez

Alors que l'horizon 2026 marque un tournant stratégique pour la structure, avec l'ouverture vers de nouvelles disciplines et l'organisation d'événements d'envergure régionale, les défis logistiques et financiers se multiplient. Entre la gestion d'une équipe de bénévoles et la recherche d'un équilibre économique pérenne, Emilie « Emi » Boyd, présidente de Smash À Lez faisant partie des 50 personnalités françaises qui feront l'esport en 2026, porte une double casquette, alliant son expertise de graphiste freelance à une vision managériale rigoureuse.

Dans cet entretien, elle revient sur les mécanismes qui permettent à une structure locale de durer, sur l'importance de l'entraide inter-associative et sur les ambitions du projet Flamin’GOAT 10. 

Quelle est la mission principale de Smash À Lez qui guide toutes vos actions, et comment cela se traduit-il concrètement lors de vos événements ?

La mission principale de Smash À Lez repose sur des valeurs fortes : l’inclusivité, le partage et l’accessibilité. Notre objectif est de permettre aux joueurs amateurs de découvrir la scène esport sans pression, dans un cadre bienveillant et convivial. Concrètement, cela se traduit par des événements pensés autant pour les nouveaux joueurs que pour les profils plus compétitifs, toujours accompagnés de side events funs et innovants, de collaborations avec d’autres communautés ou disciplines sportives, et surtout d’une ambiance chaleureuse. Montpellier est une ville profondément conviviale, et c’est exactement l’esprit que nous voulons transmettre à travers chacun de nos tournois.

Comment financez-vous et pérennisez-vous une structure associative locale ?

L’accessibilité fait partie de notre ADN, c’est pourquoi nous veillons à maintenir des prix d’inscription très bas, voire gratuits selon les formats, avec des tournois allant du casual au plus tryhard. La pérennité de Smash À Lez repose avant tout sur le soutien de partenaires locaux incroyables comme le Burnout Bar, Le Rocalys, le MUC ou Mauguio Esport, qui partagent nos valeurs et notre vision. Une petite partie des inscriptions est utilisée pour le renouvellement du matériel ou la création de décors pour nos événements. En revanche, pour nos plus gros tournois, notre objectif est clair : atteindre l’équilibre financier, afin de pouvoir rémunérer correctement les prestataires. C’est essentiel pour valoriser le travail des acteurs du milieu et contribuer, à notre échelle, au développement sain de l’esport local.

La présidente de l'association Smash A Lez

En 2026, prévoyez-vous d'étendre votre modèle associatif à d'autres régions ou jeux de combat ?

Nous travaillons déjà en étroite collaboration avec Toulouse Last Stock, avec l’envie d’unir nos forces pour proposer des événements toujours plus ambitieux. En parallèle, nous souhaitons élargir Smash À Lez au-delà de Super Smash Bros., en intégrant des side events sur des jeux comme 2XKO, Rivals 2, League of Legends, et bien d’autres. L’objectif à terme est de proposer de véritables événements multigaming, avec par exemple des olympiades mêlant plusieurs jeux, afin de rassembler encore plus largement les communautés.

En 2026, notre priorité sera le Flamin’GOAT 10, qui s’annonce comme le plus gros événement jamais organisé par Smash à Lez. C’est notre série de tournois la plus appréciée dans le sud, et nous voulons rendre cette édition absolument mémorable : concepts toujours plus innovants et décalés, invités sur Super Smash Bros., nouvelles collaborations… et même le lancement d’un merchandising dédié à l’événement. C’est un projet ambitieux, qui demande encore des moyens, mais c’est clairement une étape clé pour l’avenir de l’association. Le statut associatif permet plus de liberté.

En tant que présidente de Smash À Lez, comment réussis-tu à gérer une équipe de plus d'une vingtaine de bénévoles tout en assurant la logistique de tournois hebdomadaires et ponctuels ?

La plus grande force de Smash À Lez, ce sont ses membres. Sans leur passion et leur investissement, rien de tout cela ne serait possible. Je pense notamment à Émilie Villermin, notre vice-présidente, et à Lucas Lenoir, qui s’investissent énormément au quotidien. Mon rôle consiste surtout à faire en sorte que chacun trouve sa place, puisse s’exprimer et prendre des responsabilités. Smash À Lez est avant tout une aventure collective : sans ses bénévoles et leur vision commune, l’association ne serait clairement pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Quelle est la synergie entre ton travail de graphiste et ton rôle de présidente ? L'artiste au service du manager, ou l'inverse ?

J’ai trouvé un équilibre entre les deux. Mon activité freelance reste prioritaire, mais je prends énormément de plaisir à créer les identités visuelles de Smash À Lez et à gérer la communication. L’association est un véritable laboratoire créatif pour moi : je peux y tester des idées, pousser ma créativité au maximum dans un domaine qui me passionne, et expérimenter sans contraintes. Cela m’a aussi permis de développer de nouvelles compétences, comme le community management ou la création d’overlays pour l’esport, tout en gagnant en visibilité et en confiance. C’est un échange constant entre l’artiste et la présidente.

Si tu devais donner un conseil à une personne qui souhaite fonder une association esport locale en 2026, quel serait le message principal à retenir ?

Je dirais avant tout : bien s’entourer. Il est essentiel de construire une équipe partageant les mêmes valeurs et les mêmes objectifs. Commencer petit, avec des événements modestes mais réguliers, toujours dans la bonne humeur, permet de poser des bases solides. Et surtout, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide aux autres associations : l’esport associatif est un écosystème où l’entraide est une vraie force.