À l’approche du RLCS Major de Paris, la tension monte d'un cran pour la Karmine Corp. La rédaction a pu échanger avec Vatira, Atow et Juicy pour faire le point sur leur état de forme actuel. De l'intégration tactique et humaine de Juicy aux coulisses de leur préparation mentale hors du jeu, en passant par le fléau récent de la triche qui a bousculé la hiérarchie mondiale, les trois joueurs ont répondu à nos questions. Entretien.
La Karmine Corp sera représentée par Juicy, Vatira et Atow à Paris
team-aAa.com : Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?
Juicy : Franchement, on est confiants. Tout le monde se donne à fond sur le jeu en ce moment et les entraînements sont concluants. On se prépare bien, on joue bien. Dès qu’il y a des problèmes, on se les dit directement, donc on avance dans le bon sens.
Vatira : On va essayer de faire de notre mieux pour le Major de Paris, même si on n’est pas forcément dans notre meilleure période actuellement.Il y a eu un changement important cette saison avec l’arrivée de Juicy. Comment s’est passée son intégration dans l’équipe ?
Atow : Au début, ça s’est plutôt très bien passé. Avec Vatira, ça faisait déjà deux ans qu’on jouait ensemble, donc on avait une grosse base en tant que duo et un style de jeu bien défini. On a surtout essayé de transmettre cela à Juicy, et il a très vite compris ce qu’on voulait. Comme il apprenait vite, on a automatiquement été meilleurs que beaucoup d’équipes dès le début de la saison. Les premiers tournois étaient vraiment satisfaisants et on gérait très bien collectivement.
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Avez-vous rapidement trouvé un équilibre à trois ?
Atow : Dans le jeu, oui. Le vrai travail s'est surtout fait sur le plan humain : il a fallu apprendre à se connaître et à communiquer ensemble. Après, sur le plan du teamplay, on reste trois très bons joueurs. Les choses qu’on demandait n’étaient pas ultra compliquées à comprendre et Juicy s’est très vite adapté.Vous avez très bien commencé la saison avec une victoire à la Kickoff LAN, suivie de plusieurs très bons résultats. Comment analysez-vous ce début de saison ?
Atow : Le début de saison était vraiment très bon. Même à Copenhague, où on avait parfois des séries un peu bizarres dans notre manière de jouer et où on n’était pas très fiers, on sentait quand même qu’on était au-dessus. Globalement, on a été la meilleure équipe pendant une bonne partie du split. Après, lors du troisième régional, M8 a commencé à énormément monter en puissance et on sentait qu’ils devenaient un peu meilleurs que nous sur la fin.Au Major de Boston, vous avez perdu contre NRG et terminé dans le top 5/6 après une phase de groupes compliquée. Avec le recul, qu’est-ce qu’il vous a manqué ?
Vatira : On a manqué de sérieux. On avait beaucoup de problèmes et on ne se facilitait pas la tâche. Il y avait une mauvaise manière de travailler, une mauvaise remise en question et parfois une mauvaise attitude entre nous. Au final, il n’y avait pas vraiment de confiance dans l’équipe. Pourtant, en LAN, la confiance est extrêmement importante. Le style de jeu compte, mais le plus important reste de se sentir bien avec ses coéquipiers. À Boston, ce n’était pas du tout le cas. C’est pour cela qu’on n’a jamais vraiment été à l’aise ni en confiance pendant le tournoi.

Vatira fait partie des grandes stars du tournoi (c) Michal Konkol - BLAST
Le Split 2 a semblé plus difficile, un peu en demi-teinte. Êtes-vous d’accord avec ce constat ?
Vatira : Oui, clairement. Déjà, on n’a pas pu faire de bootcamp à certains moments alors que d’autres équipes comme Vitality, M8 ou NIP en avaient. Cela aide énormément pour performer. Ensuite, on a aussi manqué de sérieux par moments. Avec la situation actuelle du jeu, notamment les problèmes de DDOS et de triche, ce n’était pas toujours facile de garder la motivation. C’est un mélange de plusieurs choses : nos difficultés à jouer ensemble, les meilleures conditions de préparation des autres équipes, le mental… Mais il ne faut pas oublier que la saison est encore longue. Il reste plusieurs mois pour travailler et revenir plus forts.Le format change avec trois équipes qualifiées par groupe. Pensez-vous que le tournoi peut se jouer dès cette phase ?
Juicy : Je pense surtout que tout dépend de la manière dont on entame le tournoi. Si on arrive en confiance, qu’on sent qu’on est au-dessus et qu’on gagne facilement, cela se retranscrit sur tout le reste du Major. À Boston, par exemple, on est mal rentrés dans la compétition. On a failli se faire reverse sweep plusieurs fois, on en a subi un contre Vitality… et derrière, tout le reste du tournoi est devenu plus compliqué mentalement.Avez-vous mis des choses en place pour retrouver cette confiance collective ?
Vatira : Oui. On fait beaucoup d’activités ensemble en dehors du jeu : du padel, des exercices physiques, de la méditation ou du yoga… Cela aide beaucoup à recréer du lien dans l’équipe. Avant, les voyants étaient au rouge. Maintenant, ils sont au vert (rires).
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La confiance se reconstruit-elle surtout en dehors du jeu ?
Vatira : C’est du 50/50. Il y a l’aspect humain, mais il faut aussi énormément jouer pour être très fort individuellement. Rocket League reste un jeu où le niveau individuel compte énormément. Si les trois joueurs sont à leur meilleur niveau chacun de leur côté, l’équipe devient automatiquement très forte.On entend beaucoup de débats sur le niveau actuel de Rocket League. Avez-vous le sentiment que le niveau baisse ou plutôt que l’écart se resserre ?
Atow : Selon moi, les problèmes de tricheurs ont énormément impacté le niveau global. Pendant des mois, c’était presque impossible de jouer normalement en ranked. Beaucoup de joueurs ont réduit leur temps de jeu parce que les parties étaient injouables. Du coup, les top teams ont commencé à perdre plus souvent contre des équipes moins fortes. Mais avec l’arrivée de l’anti-cheat, je pense que l’écart va de nouveau se creuser entre les meilleures équipes et les autres.Voyez-vous déjà une amélioration depuis l’arrivée de l’anti-cheat ?
Atow : Oui, clairement. Il n’y a quasiment plus de tricheurs. Avant, on en croisait presque à chaque session. Maintenant, on lance une partie et on tombe simplement sur des joueurs normaux. La différence est énorme.Selon vous, quelles sont les équipes favorites pour ce Major ?
Vatira : Vitality, Gentle Mates et NRG.
Atow : Je suis d’accord. Falcons aurait dû être là aussi, donc leur non-qualification reste une grosse surprise.Et vous, où vous situez-vous aujourd’hui ?
Vatira : À l’heure actuelle, je nous vois autour du top 4 ou du top 5.Avec quel objectif arrivez-vous à Paris ?
Vatira : Atteindre une demi-finale serait déjà bien. Le plus important, c’est surtout de proposer un bon niveau de jeu et d’aller le plus loin possible. Après, si on se sent vraiment en forme pendant le tournoi, pourquoi pas viser la finale ou même la victoire. Mais il y a de très grosses équipes face à nous.Quelle équipe pourrait créer la surprise ?
Atow : Nous.
Vatira : R8 peut surprendre aussi.Si vous deviez choisir : gagner le Major de Paris ou les Worlds aux États-Unis ?
Vatira : Les Worlds, sans hésiter. Le Major de Paris serait incroyable sur le plan émotionnel, surtout devant le public français. Mais quand on regarde l’ensemble d’une carrière, être champion du monde reste un accomplissement différent. Je préfère me dire que j’ai gagné les Worlds plutôt que d'avoir un Major de plus à mon palmarès.Un dernier mot pour vos fans avant Paris ?
Juicy : Déjà, merci pour votre soutien. Je sais que les résultats récents rendent les choses moins faciles, mais personnellement, j’ai confiance en l’équipe et je pense qu’on peut faire quelque chose de très bien à Paris. Continuez à nous soutenir.
Vatira : Qu’ils fassent un maximum de bruit pour nous mettre en confiance ! De notre côté, on fera de notre mieux pour aller le plus loin possible.
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