Au lendemain de l'élimination difficile de Team Vitality en quarts de finale des IEM Cologne Major 2026 face à Falcons, Neo s'est confié au micro de La Source. Le CEO de la structure française revient sur cette violente gueule de bois, la préparation complexe de l'équipe, son rapport aux critiques et son immense confiance envers ce groupe de champions.
La stupeur du vestiaire et le piège Falcons
Interrogé par le média La Source sur son état d'esprit après ce coup d'arrêt brutal, le dirigeant ne cache pas son abattement ni le choc qui a frappé l'équipe : « Je ne vais pas mentir, celle-là, elle fait mal. Je me suis couché à deux heures et demie, je me suis levé à six heures, et de six heures à midi, je regardais le plafond. Vraiment. C'est le sentiment qu'il y avait aussi dans le vestiaire hier : beaucoup de silence, presque de la stupéfaction, parce qu'on n'arrivait pas à réaliser que nous étions éliminés. Ce n'était pas pour nous cette fois. Il faut qu'on le digère, mais globalement, on ne va pas se mentir : aujourd'hui, on a la gueule de bois. »
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Cette défaite marque également un nouveau revers face à Falcons. Loin d'être rancunier envers son ancien entraîneur zonic, Neo salue surtout le plan de jeu audacieux de leurs bourreaux, qui ont su exploiter les doutes de l'effectif : « Nous avons tellement gagné depuis son départ que nous ne regrettons pas du tout nos choix. Ce qui est certain, c'est que Falcons est une équipe qui investit beaucoup et qui a un peu dérégulé le marché, donc c'est toujours agréable de les battre. Mais hier, ils ont joué leur va-tout avec des situations difficiles à lire, de bons timings, des cross smokes, et ils n'ont pas démérité. Ils ont déroulé leur plan de jeu, qui consistait à nous rendre la vie dure et à jouer sur le manque de confiance que nous affichons depuis le début du tournoi. De notre côté, malheureusement, on se posait trop de questions, et dans ces conditions, c'est difficile de gagner. »
Un calendrier infernal et la quête du pic de forme
Face aux critiques pointant du doigt un éventuel manque d'entraînement lors de leur récent séjour américain, le CEO réfute l'idée d'un relâchement. Il évoque plutôt une difficulté à rester concentré sur l'instant présent pour éviter le burn-out de l'année passée : « Je ne pense pas que la notion d'avance existe. L'année dernière, nous avons tout donné sur la première partie de saison, ce qui nous a coûté la seconde. Nous avons donc essayé de tirer les leçons de cette expérience en tentant une approche différente. Le problème vient plutôt du fait que nous nous sommes peut-être déjà trop projetés sur la deuxième partie de saison, sans réussir à rester dans le moment présent. Ce petit break fera la différence pour la suite, mais c'est dommage de ne pas encore avoir trouvé la formule pour atteindre notre pic de forme lors du Major. »
Cette difficulté à trouver le rythme parfait pour le Major s'explique notamment par l'euphorie de leur récent sacre, qui a inévitablement pesé sur leur planning de fin de saison : « Ce Grand Slam a un peu bouleversé notre préparation idéale, mais nous n'avons aucun regret : remporter un tel titre est essentiel pour forger une légende. Nous sommes encore dans un processus d'apprentissage pour comprendre comment gérer un calendrier aussi dense. Si lors d'une troisième année, nous arrivons à nous remettre dans cette position d'apprentissage, cela voudra dire que nous sommes vraiment la meilleure équipe de tous les temps. »

Le carburant des réseaux sociaux
Connu pour sa relation volcanique avec les réseaux sociaux, Neo avoue continuer de lire les retours de la communauté après les défaites. S'il ignore les insultes gratuites, il utilise l'intelligence collective pour garder les pieds sur terre : « Je lis par un mélange de masochisme et parce que, parfois, il y a des choses très intéressantes. Les commentaires qui crient à la honte, je m'en fous royalement, car ces personnes ne savent pas à quel point ce tournoi comptait pour nous et à quel point les joueurs étaient dévastés hier. Mais je m'inflige cette lecture par choix personnel pour rester connecté, pour ne pas s'enfermer dans une tour d'ivoire en se croyant au-dessus de tout le monde. L'e-sport a toujours été un mélange d'amour et de haine. La haine fait partie du milieu, c'est un carburant qu'il faut réussir à transformer en positif. J'ai beaucoup de brouillons non envoyés avec des insultes fleuries, mais globalement, les commentaires étaient plutôt justes hier. Nous sommes très chanceux d'avoir une communauté bienveillante, et nous sommes juste tristes de ne pas leur avoir offert une fin en apothéose. »
Cœur de champion et avenir du club
Avec un effectif vieillissant et l'émergence du projet académique, certains observateurs prédisent déjà la fin d'un cycle. Une hypothèse balayée d'un revers de main par le fondateur de Vitality, qui promet un rebond imminent pour son roster principal : « Les gens qui parlent de la fin d'une ère vont un peu vite en besogne. Nous avons une équipe hors du commun, avec des mutants qui sont encore très concernés, qui ont les crocs et qui savent qu'ils ont entre les mains quelque chose d'unique. Les enterrer aujourd'hui serait une erreur. Cette équipe a mon entière confiance et je n'ai aucune inquiétude : elle va rebondir et soulever encore beaucoup de trophées. »
Si la confiance envers le cinq majeur reste inébranlable, la direction compte également sur le développement de la nouvelle génération et la force mentale de ses vétérans pour pérenniser le succès du club : « À côté de cela, notre projet académique avance bien, avec des synergies fortes avec l'équipe principale, encadrées par Matthieu Péché et Rémy. L'objectif est de s'inspirer de modèles comme NAVI ou MOUZ pour notre détection. Pour la suite, on peut juste nous souhaiter de la résilience et une remise en question pleine d'humilité pour aller réveiller le champion. Ces joueurs ont un cœur de champion. Pourquoi des légendes comme Federer ou Nadal allaient chercher autant de titres alors qu'ils avaient déjà battu tous les records ? Parce qu'il y a quelque chose dans leur tête qui dépasse tout ça. Des joueurs comme apEX ou ropz ont ce genre de folie, et c'est à nous de ne pas la gâcher. »