Dans une interview réalisée par NAVI après son arrivée au club, Maynter revient sur son parcours, son attachement au jeu depuis l’enfance, et la manière dont il aborde le LEC Versus 2026. Il évoque aussi ses nouveaux coéquipiers, la question de la communication et ses objectifs à moyen terme.
De Warcraft et Dota à League of Legends, une trajectoire construite tôt
Maynter remonte à ses premiers repères de joueur en expliquant qu’à l’école, sans penser au compétitif, l’esport faisait déjà partie du décor, notamment via Counter-Strike 1.6. Il raconte que certains moments mèmes étaient repris partout, au point que « tout le monde répétait ces trucs », et cite NAVI comme un nom connu de tous, « l’organisation la plus célèbre en Ukraine », présente dans l’imaginaire collectif bien avant son arrivée sur League of Legends. Il détaille un parcours très précoce, débuté sur Warcraft, avant de toucher à des mods et de passer par Dota, qu’il jouait tout le temps très jeune. Il explique avoir testé Dota 2 et League of Legends quasiment la même semaine, avant de trancher rapidement, « j’ai essayé Dota 2 et League, et je me suis dit que je n’aimais plus ça, je prenais plus de plaisir sur LoL ». Il insiste aussi sur l’aspect social : avec son frère, ils ont progressivement embarqué d’autres élèves, au point de devenir une forme de relais du jeu à l’école, « on était un peu les ambassadeurs de League dans notre école », jusqu’à constituer de grosses sessions à plusieurs.
Le passage au compétitif arrive plus tard, avec des tournois locaux, puis un déplacement à l’étranger pour un événement offline. Maynter décrit surtout ce que ça lui a fait de jouer en face de ses adversaires : « je les avais devant moi, je voyais leurs visages », et il explique que ces émotions étaient nouvelles pour lui, « même quand je joue au foot avec des potes, ce n’est pas la même chose ». À partir de là, il raconte une progression lente mais continue, des essais, des équipes, et l’idée qu’il pouvait viser plus haut, “petit à petit”, à force d’expérience.
NAVI, une opportunité attendue
Sur la manière dont NAVI est entré dans son champ de vision, Maynter explique qu’il s’attendait à voir l’organisation rejoindre League of Legends, sans jamais savoir quand cela se ferait. Il illustre cette attente par une comparaison simple, comme une évidence culturelle : « c’est comme vivre à Barcelone et rêver de jouer pour le Barça avec ton club de quartier ». Il résume ensuite le vrai point : « je m’attendais à ce que NAVI arrive sur LoL, mais je ne savais pas quand ils le feraient ». La nouvelle arrive à un moment précis pour lui, alors qu’il arrivait au bout de son cycle Karmine Corp Blue. Il le formule très clairement : « j’étais sur le point de terminer mon petit parcours avec la KCB, je pensais à une nouvelle équipe, et voir une nouvelle organisation arriver en LEC, c’était une très bonne nouvelle ».
Il revient aussi sur son départ de Karmine Corp Blue en expliquant que quitter une structure après deux ans n’est jamais neutre. Il explique que c’est « triste de partir », qu’il revenait en bootcamp « comme dans une seconde maison », et il mentionne directement l’environnement, « les fans étaient incroyables ». Il conclut cette partie sans dramatiser : « c’est la vie, je crois », avec une logique de carrière assumée, « pour progresser, parfois il faut laisser quelque chose derrière et avancer ».
LEC Versus et la règle EMEA Masters, une mécanique qui l’interpelle
Interrogé sur le LEC Versus et la règle qui lie la victoire aux EMEA Masters Summer à une invitation, Maynter ne cherche pas à faire un discours institutionnel. Il dit que la règle lui paraît étrange, « cette règle est bizarre », et développe surtout un point de calendrier : au moment où l’équipe scrimait et travaillait au quotidien, « personne ne le savait ». Il explique qu’à la fin, la récompense a pris une dimension bien plus forte que ce qu’ils avaient en tête au départ, presque comme si l’enjeu avait changé en cours de route, et il dit que gagner lui a fait plaisir tout en gardant une nuance sur la portée du titre, « au moment où je gagnais, je savais que ce n’était pas pour moi, c’était pour l’organisation », même s’il insiste sur ce que ça lui a laissé, « ça m’a donné beaucoup de bons souvenirs ».
Sur l’idée de vouloir battre la KC ou la KCB plus que les autres, il refuse le registre revanche automatique. Il répond que non, pas spécialement, puis nuance : KC oui, parce que c’est l’équipe principale et un match qui compte, mais KCB non, parce que « KCB, ce sont mes amis », et il explique qu’il va recroiser des proches au sein du staff, ce qui rend la situation particulière, même s’il rappelle qu’il veut évidemment gagner.
Premières impressions sur ses coéquipiers et la question de la communication
Lorsqu’on lui demande de parler des nouveaux coéquipiers, Maynter pose d’abord une limite très claire : il explique qu’il n’a pas encore joué avec eux, « je n’ai jamais joué avec eux », seulement contre certains. Il cite malgré tout quelques souvenirs. À propos de Rhilech, il évoque une finale où son équipe a commencé à perdre le fil après avoir été devant, et il souligne l’impact de son futur jungler, « il a été une des raisons, il faisait un très bon travail dans son équipe ». Sur Poby, il met en avant le parcours et l’expérience, « il a déjà fait les Worlds », et dit qu’il veut apprendre, notamment sur des aspects très concrets de lane et d’organisation, « peut-être que je vais apprendre des choses, des trucs de lane, des assignments ».
Sur Hans SamD, il mentionne des confrontations directes, reconnaît le niveau mécanique montré en LFL, et pose un constat sobre sur son premier split en LEC : « rien de mauvais, rien d’exceptionnel », avant d’ajouter une projection simple, « j’espère que ce sera mieux et qu’on progressera ensemble ». Enfin, sur Parus, il replace le joueur dans un historique ERL, explique qu’il l’a beaucoup affronté et que le duo jungle-support de l’époque lui a souvent posé problème, « c’était un duo jungle-support très fort… j’ai beaucoup perdu contre eux ».
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C’est à ce moment-là qu’il développe le sujet le plus concret de l’entretien : la langue. Maynter explique que la barrière existe presque toujours au début, même avec cinq Européens, parce que « cinq pays, cinq accents », et il raconte une anecdote vécue chez la KCB : deux joueurs turcs pouvaient parfois ne pas se comprendre, au point de devoir repasser par leur langue maternelle pour clarifier. Il décrit ensuite la méthode pour réduire ce problème : créer des mots-clés qui résument en un terme une consigne entière, jusqu’à faire disparaître la friction initiale, et il donne un ordre de grandeur sur le délai : « au maximum deux mois, souvent c’est un mois ».
Une logique de progression : apprendre d’abord, viser ensuite
Sur les attentes sportives, Maynter refuse explicitement les promesses faciles : « je n’aime pas dire “on va rouler sur tout le monde” ». Il insiste plutôt sur une idée de méthode : démarrer proprement, travailler beaucoup dès le début, et éviter le creux du milieu de saison, quand « les gens deviennent plus paresseux » et que l’intensité baisse. Il explique que bien commencer puis s’effondrer est souvent ce qui fait le plus de dégâts, parce qu’on perd la confiance, et il élargit au mental : si on ne pense “que” au résultat immédiat et qu’il n’arrive pas, on bascule vite dans « un mauvais état d’esprit ». À l’inverse, il décrit une approche plus progressive : apprendre, stabiliser la communication, construire le jeu, et gagner ensuite “à partir de ça”.
Enfin, il parle d’objectifs plus larges en évoquant l’international. Il dit viser un événement hors LEC, avec une priorité claire, « le plus important, c’est les Worlds », tout en ajoutant qu’un MSI serait aussi une réussite. Il explique que tout dépendra de la manière dont le début de saison se passe, et qu’il préfère se projeter avec une montée progressive plutôt que d’annoncer un titre immédiat dès le premier split.
Natus Vincere
Volodymyr "Maynter" Sorokin 
Enes "Rhilech" Uçan 
Yun "Poby" Sung-won 
Lee "Hans SamD" Jae-hoon 
Polat "Parus" Çiçek 
asilis "TheRocK" Voltis 
Adam "Adam" Maanane 
Francisco "Thayger" Mazo 
Emil "Larssen" Larsson 
Lee "Hans SamD" Jae-hoon 
Kim "Malrang" Geun-seong 
Simon "fredy122" Payne 