Soixante-et-un jours. C'est le temps qu'il aura fallu à karrigan pour hisser sa nouvelle équipe de Falcons jusqu'en grande finale des IEM Cologne Major 2026. Au terme d'une demi-finale sous haute tension face à Team Spirit, le légendaire capitaine danois a savouré une victoire au goût de revanche, tout en restant extrêmement lucide sur son niveau de jeu individuel et sur le défi qui l'attend face à FURIA.
Un parcours inespéré et une immense fierté
Interrogé par nos confrères du site HLTV sur sa capacité à toujours atteindre les finales de Major malgré les changements d'équipes, karrigan garde les pieds sur terre tout en soulignant le parcours fou de sa formation : « J'ai l'impression que nous jouons en MR15 lors de ces playoffs jusqu'à présent. Je suis super fier des garçons. Cela fait 61 jours que je suis dans l'équipe, et quel arbre de tournoi nous avons traversé. Mais le travail n'est pas terminé. Nous avons une grande opportunité demain, contre une grande équipe, et les deux équipes ont faim de victoire. Mais quel match aujourd'hui (rires). Ah, c'est excitant ! Que puis-je dire, je suis un capitaine vraiment fier. »
Les frayeurs de Dust2 et la libération
La rencontre s'est jouée sur des détails, particulièrement sur Dust2 où l'économie et la concentration ont joué des tours aux joueurs de Falcons. Le leader en jeu explique comment il a dû recadrer ses troupes avant d'arracher la victoire, voyant les fantômes du passé ressurgir à 12-12 : « Sur le side terro de Dust2, j'ai dû parler aux gars après cinq ou six rounds. Nous n'avions aucun focus. Nous pensions qu'ils allaient sauver des armes, et ils ont pris tout notre argent, donc ce sont des choses que nous ne pouvons pas laisser arriver contre une grande équipe. L'économie était sous pression, nous avons gagné un achat forcé en retour, puis nous avons perdu le round suivant en calculant mal leur argent. Donc je pense que c'est juste un long match et beaucoup de stress qui causent des erreurs que nous ne pouvions pas nous permettre. Mais avec un super side CT, nous avons réussi à revenir dans la partie et... Ah ! Quand j'ai vu le score, 12-12, je me suis dit : "C'est ce que ça aurait dû être au Major de Shanghai". Donc c'était agréable de prendre notre revanche, à la fois pour Shanghai et Astana, c'était le même match en prolongation sur Dust2, et pour FaZe Clan lors de la dernière finale de Major que nous avons eue. »
Il confirme d'ailleurs que cette victoire était cruciale pour le mental après les désillusions précédentes face à l'équipe russe : C'est vrai que cette finale à Shanghai reste frustrante. Nous aurions réalisé l'un des plus beaux comebacks si nous avions réussi à conclure le match avec FaZe. Mais au final, c'est une autre équipe, un autre scénario. De plus, Spirit avait déjà été impressionnante contre Falcons avec kyxsan à Rio, et ils ont reproduit la même chose à Astana. Gagner cette rencontre était donc vraiment crucial pour le mental de l'équipe. »

Un niveau individuel en berne mais une confiance aveugle
Malgré ce succès fulgurant en seulement deux mois, karrigan se montre extrêmement dur envers lui-même. Ses statistiques individuelles le poussent à jouer avec ses propres démons, lui qui pensait initialement regarder ce tournoi depuis son canapé : « Au vu de mon niveau de jeu, je pensais qu'il nous faudrait attendre le Major de Singapour pour viser une finale. Individuellement, je traverse la pire période de ma carrière. Je me bats contre mes propres démons, mais je suis entouré d'une équipe fantastique qui m'aide à les surmonter, et je savoure la chance d'être ici. À la base, j'aurais dû regarder ce tournoi depuis mon canapé. Falcons m'a appelé in extremis, juste avant le roster lock, et me voilà avec une opportunité de titre entre les mains. Je vais absolument tout donner demain pour concrétiser ça. »
Vieillir sur le serveur et affronter FURIA
Demain, la grande finale en BO5 contre FURIA sera l'occasion pour karrigan de remporter un Major sur CS2 après son sacre sur CS:GO. Le vétéran préfère ironiser sur les années que lui font prendre ces matchs à rallonge, tout en affirmant sa détermination à soulever le trophée en dépit de ses statistiques : « Le Major de Boston, c'était il y a neuf ans. Depuis, j'ai joué et perdu beaucoup de finales à ce niveau. C'est donc une vraie quête de revanche personnelle : je veux m'assurer de remporter ce Major sur CS2. Soulever le trophée sur CS:GO puis sur CS2 représenterait énormément pour moi, mais à l'instant T, ce n'est pas le sujet. Demain, tout dépendra de l'équipe qui répondra présent le jour J ; c'est un match à 50/50. Le statut de favori sur le papier ne compte plus. FURIA est une grande équipe qui a une opportunité en or. C'est une finale en BO5, la deuxième sur CS2, et mon seul but est d'en profiter. Même si je sais que j'aurai 45 ans à la fin du match (sourires) ! Je me sens déjà avoir 42 ans après la victoire d'aujourd'hui, donc je vais clairement prendre trois ans d'âge supplémentaires demain. »
Cette réflexion sur les ravages du temps l'amène naturellement à évoquer la retraite imminente de son homologue brésilien FalleN, une décision que le Danois a lui-même frôlée il y a peu : « D'ailleurs, je comprends parfaitement le choix de FalleN de prendre sa retraite. J'ai failli faire de même il y a quatre mois, mais ma femme m'en a dissuadé. La motivation est toujours là, je joue tous les jours, j'avais juste besoin d'un nouveau point de chute. Et me voilà, à produire le pire CS de ma vie tout en atteignant une finale de Major. C'est fou, mais l'équipe me fait une confiance aveugle sur plein d'autres aspects. Je sais que je ne vais pas redevenir une machine individuellement, alors je ferai l'impasse sur les vacances pour rentrer grind avant la prochaine saison. Mais demain, l'objectif est simple : gagner le tournoi avec le pire rating de l'histoire. Je suis prêt pour ça. »
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