Lors d’un live, Kameto a fait un point sur son équipe LEC : une dynamique qu’il juge positive, un staff qui « est carré », mais surtout une mise en garde sur l’enthousiasme de présaison. Il a aussi évoqué l’intégration, la communication et le recrutement.

Un début de cycle qui rassure, sans s’emballer trop vite

Questionné sur l’état de l’équipe, Kameto coupe court à l’idée d’un dévoilement spectaculaire et rappelle que beaucoup d’éléments circulent déjà. Il résume néanmoins son ressenti du moment en une formule simple, en expliquant que « le roster il clique ». Dans la foulée, il précise ce qui l’enthousiasme le plus à ce stade, en soulignant que « ce qui me hype le plus, c’est le coaching staff », avant d’appuyer son propos d’un bloc, « le coaching staff est carré. Ce que j’entends, ce que je vois, c’est carré ».

Mais le propos reste immédiatement encadré par une notion : pour lui, « un roster, un staff, tout ça se dénoue au moment où l’équipe est dans le mal, au moment où il y a des problèmes ». Tant que la dynamique est favorable et que « tout se passe bien, c’est carré, c’est bien », l’enthousiasme est plus facile à susciter. Le juge de paix, insiste-t-il, reste la période compliquée, parce que « le moment où ça importe le plus, c’est quand tu es dans le mal », là où tu « verras les réactions des joueurs, des staff » et où tu vas « vraiment savoir qui vaut quoi avant la saison ». Il résume enfin le biais de la présaison d’une phrase directe, « c’est facile au début de la saison. Si tout se passe bien, c’est facile ».

Le vrai révélateur reste la période difficile

Tout au long de l’échange, Kameto revient sur une idée simple : la photographie de présaison peut être flatteuse, mais elle ne tranche rien. Il décrit une phase où « l’équipe est sur un nuage », où « tout le monde arrive » et où « tout se passe bien, c’est carré, c’est bien ». Dans ce contexte, l’optimisme est presque mécanique, puisqu’il rappelle que « tu peux mettre n’importe quel roster à la tête de n’importe quel roster, je vais pouvoir te hype ». Cette prudence n’annule pas le positif, elle le remet à sa place. Ce qui compte, selon lui, ce n’est pas la bonne entame en elle-même, mais la capacité du groupe à rester cohérent quand les choses se tendent.

Kameto glisse ensuite plusieurs informations de vie au sein de l’équipe, notamment au moment de la reprise, en signalant que « le seul truc, c’est qu’à la reprise, kyeahoo est tombé malade. J’espère qu’il va aller mieux ». Puis il développe un aparté centré sur la communication, en décrivant un contraste entre le quotidien hors caméra et les prises de parole publiques : à table, « Canna est bilingue, il parle normal, il envoie des phrases tout carré », au point de plaisanter qu’il a l’impression de parler à « Shakespeare ». En revanche, dès qu’il le met en situation d’interview, il évoque un blocage plus net, en expliquant qu’« après je l’envoie en interview, je pose une question simple, il commence à bégayer… il n’aime pas parler, il est timide ».

La discussion dérive aussi sur la progression linguistique de kyeahoo, avec une insistance sur la compréhension en jeu. Kameto résume le point clé en rappelant qu’« il comprend très vite ce qui se dit », tout en nuançant, « il n’a pas un vocabulaire extraordinaire », et en soulignant surtout la difficulté d’ensemble : « le fait de comprendre ce qui se dit quand tout le monde parle dans le vocal, c’est ça le plus compliqué ». Enfin, il mentionne Reapered et décrit un profil qui intervient peu, mais avec du poids : « il ne parle pas pour ne rien dire… dès qu’il va parler, il va éteindre ». Il ajoute que le fait qu’il parle coréen a aussi un rôle fonctionnel, notamment pour aller chercher Canna et l’impliquer davantage dans les séquences de travail.

Ne pas vivre sur le talent, éviter le piège des victoires trompeuses

Kameto aborde une idée qu’il présente comme l’un des meilleurs signaux entendus en interne. Il rapporte un ressenti de début de scrims, puis une mise en garde immédiate sur la gestion du potentiel : « après une ou deux semaines de scrim, on gagne tout le monde… mais il ne faut pas qu’on compte sur tout ce talent ». L’idée est claire : éviter le piège du “on est trop fort” et ne pas laisser le talent masquer des défauts de structure, puisque, selon lui, « le but des coachs, c’est de ne pas compter sur ce talent ».

C’est là qu’il pose un principe de lecture du jeu avec une formule qu’il martèle : « tu peux gagner des games sur LoL sans les gagner ». Il précise ce qu’il entend par là : des matchs où, dans la globalité, l’équipe est en retard sur les objectifs et où « il n’y a aucun play que tu fais qui marche », mais où un événement isolé, comme un teamfight, une action individuelle, une situation inattendue, renverse l’issue. Dans ce passage, il fait un parallèle explicite avec ce qu'il s'est passé lors de la saison 2025, décrivant ce qu’il appelle « notre maladie l’année dernière », en insistant sur l’idée de matchs gagnés sans que le contenu ne le justifie vraiment : « on gagnait des matchs qu’on n’aurait pas dû gagner… il y a plein de matchs qu’on a gagnés qu’on n’aurait pas dû gagner ». Il reconnaît qu’en match officiel, le résultat prime sur le moment, « ce qui compte, c’est les trois points », tout en rappelant que répéter ce type de scénarios finit par poser un problème de fond.

Recrutement : comment l’option Busio s’est déclenchée

En fin d’extrait, Kameto répond sur l’arrivée de Busio et explique ne plus se souvenir exactement qui a pris contact en premier. Il retrace toutefois les étapes, en commençant par la vérification administrative et le premier échange : « on s’est d’abord renseigné sur le fait de l’avoir en tant que joueur européen parce qu’il est polonais… du coup, on a fait un appel… il était en vacances, au Japon, c’était après les Worlds… on a parlé de tout ».

Il décrit ensuite l’enchaînement avec les joueurs et le ressenti humain immédiat, « on a vu direct, c’était un bon gars ». Sur le profil, il insiste sur le CV compétitif, en affirmant que « le niveau, il n’y a rien à dire », et en le présentant comme « un top support depuis des années à l’international ». Il ajoute que le feeling est bien passé, y compris avec Caliste, puis conclut sur une validation progressive du dossier, « il y a eu un peu d’attente, et après, tout s’est validé… tout s’est décanté ».

Nous retrouverons la Karmine Corp dès le samedi 17 janvier pour la 1re journée du LEC Versus 2026. Pour le compte de la première semaine de compétition, la KCorp affrontera la Karmine Corp Blue (17 janvier à 20h), Movistar KOI (18 janvier à 20h45) et Los Ratones (19 janvier à 20h).