Bravo, vous venez de débloquer les 50$ offerts par pokerstrategy en ayant bien répondu au premier Quiz ! Si vous êtes plutôt attiré par les tournois et non le cashgame, cet article vous est destiné.
Il va falloir maintenant choisir sur quelles rooms de poker vous allez jouez. Les 2 critères suivants sont les plus importants à mes yeux :
- Le montant des tournois doit correspondre à la gestion de bankroll
- Le rake ne doit pas être trop important
Avant tout, pour ceux qui se sont déjà exclamés derrière leur écran : "Il est bien gentil le père Kabal, mais c’est du chinois son article !" un petit lexique est à votre disposition ci-dessous :
Lexique
Room : Salle de poker, la société qui fournit le logiciel de poker.
Bankroll : Montant d’argent disponible sur votre compte poker. Une bankroll permet de payer des tournois (le montant du tournoi inscrit est alors déduit de votre bankroll).Rake : Frais pour la salle de poker. Par exemple, si vous faites un tournoi à 50$+5$, le rake est 5$. Cette argent ne va pas dans la cagnotte mais à la salle de poker.(se) Broke : Lorsque notre bankroll atteint 0$ (la banqueroute quoi !)
Buyin : Frais d’inscription d’un tournoi. Une partie du Buyin va dans la cagnotte globale, l’autre est le rake.ROI (ou RSI) : Return of investisment ou Retour sur Investissement. Un compte en banque exonéré d’impôt à 3% a un ROI de 3% sur un an.
SNG (SitAndGo) : Un tournoi qui commence dès que la totalité des joueurs inscrits est atteinte. Une sorte de pickup !STT : Single Table Tournament. Tournoi dont tous les participants sont réunis autour de la même table (max 10 joueurs, min 1 joueurs).
MTT : Multiple Table Tournament. Tournoi constitué de plusieurs tables. Exemple, s’il y a 45 joueurs max, on va faire 5 tables de 9.SH : ShortHanded. Table de 5/6 joueursFR : Fullring. Table de 9/10 joueurs
Prize Pool : La cagnotte (la somme de tous les buyins des joueurs sans le rake)
La gestion de la bankroll est très importante au poker. Si vous suivez une bonne gestion de bankroll et que vous êtes un joueur gagnant, en théorie vous ne serez jamais broke. Je dis bien en théorie car on ne peut pas le garantir à 100%.
La gestion de la bankroll
Même si vous êtes le meilleur joueur du monde en 1 contre 1 (à cause du facteur chance au poker sur le court terme) et que vous jouez par exemple 33% de votre capital dans une partie, vous finirez forcément broke très rapidement. Ceci est du à la variance.
La variance dépend de 2 facteurs:
- votre moyenne sur le long terme (ROI)
- l’écart des gains net/pertes par rapport à la moyenne
Certains sont allergiques au math mais mauvaise nouvelle, au poker les mathématiques sont un domaine qu’il faut maîtriser. Ne vous inquiétez pas, un niveau de lycéen suffit amplement ! Commençons par un petit cours de statistiques dont je vous épargnerais au maximum, j’espère, la théorie.
Je vais prendre comme exemple un joueur qui a joué beaucoup de tournois. Ce joueur est connu sous le nom de Sippin Criss. Moi je l’appelle Dieu ; et oui Dieu, ça lui va bien ! Voici ses statistiques sur les STT (Single Table Tournament) Turbo à 15$+1$ de pokerstars :
Dieu : 21,420 $2 $16 13% $42,867
Dieu a joué 21420 tournois à 16$. Il a gagné (= bénéfice NET) 42 867$. Il a un ROI de 13%.
Mais comment calcule-t-on le ROI ?
La formule du ROI est : ROI = (gains - dépenses) / dépenses
Les dépenses: 21420 * 16$ = 342720$
Les gains sont donc de 342720$ + $42,867 = 385587$
Le gain net est de 42867$. 42867$ divisé par 342720$ donne 0.125078 soit 12.5% car le site d’où j’ai extrait ces statistiques arrondi à l’entier supérieur.
Par conséquent, à chaque fois que Dieu s’inscrit à un tournoi, le tournoi lui rapporte 16$*0.125 =2$.
Pour information, un ROI de 12.5% sur les 16$ Turbos de pokerstars est très très bon (Le pire c’est qu’il joue 20 tables en même temps...).
Les 16$ de Pokerstars sont des tournois à 9 joueurs dont uniquement les 3 premiers récupèrent de l’argent.
Les 9 joueurs mettent 15$ dans une cagnotte commune et les 1$ vont à pokerstars ; ces 1$ sont appelés le RAKE. La cagnotte est donc de 9*15$ = 135$.
La répartition est de 50/30/20 pour les 3 premiers ce qui est une répartition standard :
Le premier récupère 50% de la cagnotte soit 67.5$ pour un gain net de (67.5$ - 16$) = 51.5$
Le deuxième récupère 30% de la cagnotte soit 40.5$ pour un gain net de (40.5$ - 16$) = 24.5$
Le troisième récupère 20% de la cagnotte soit 27$ pour un gain net de (27$ - 16$) = 11$
On va faire abstraction des $ et raisonner en Buyins (BI), comprenez : une unité de mesure.
- 16$ (prix du tournoi) = 1 BI
- 2$ (moyenne) = 0.125 BI
- 51.5$ (1er) = 3.21875 BI
- 24.5$ (2ème) = 1.53125 BI
- 11$ (3ème) = 0.6875 BI
La répartition de dieu est la suivante:
- 1er: 2857 (+3.21875 BI)
- 2ème: 2546 (+1.53125 BI)
- 3ème: 2763 (+0.6875 BI)
Il n’est pas entré dans les gains: 21420 - (2857+2546+2763) = 13254 (-1 BI)
La variance est la moyenne de la somme des écarts à la moyenne au carré. Cool hein ?
- 1er: 2857 * (0.125 - 3.21875) ² = 27345.172851
- 2ème: 2546 * (0.125 - 1.53125) ² = 5034.814453
- 3ème: 2763 * (0.125 - 0.6875) ² = 874.230468
- Out: 13254 * (0.125 - (-1)) ² = 16774.59375
Maintenant on somme le tout et on divise par le nombre total de parties jouées (21420) :
V = (1er+2ème+3ème+Out)/games = 50028.811521/24120 = 2.074162
On a calculé la variance mais à quoi ça sert ? On peut s’en servir pour faire des projections de gains mensuels par exemple ou à court terme.
On a besoin de l’écart type qui vaut la racine carré de la variance (puisqu’on a tout mis au carré dans la formule de la variance). Le terme "sqrt(V)" signifiant : racine carrée de V.
Soit : eqT = sqrt(V) = 1.440195
Vient maintenant les intervalles de confiances. Ces derniers permettent d’affirmer avec une certaine probabilité que votre ROI sera compris dans un intervalle pour “n” échantillons. N échantillons = N parties joués.
Les résultats possibles suivent une loi normale (loi normale gaussienne) :
En gros sur le schéma ci-dessus, environ 60% de la population (= % de l’aire sous la courbe) est compris entre -1 et +1. Mais il y a quelques cas isolés qui sont en -4 et +4. Dans notre cas, le centre de la courbe (ici en 0) sera sur notre ROI. Il existe 3 formules d’intervalles de confiances :
- à 68% : [ROI-1*(eqT/sqrt(n);ROI+1*(eqT/sqrt(n)]
- à 95% : [ROI-2*(eqT/sqrt(n);ROI+2*(eqT/sqrt(n)]
- à 99% : [ROI-3*(eqT/sqrt(n);ROI+3*(eqT/sqrt(n)]
Prenons dans notre exemple, l’intervalle à 99% :
Si Dieu compte jouer 1000 parties par mois, il s’attendra dans 99% des cas, à avoir un ROI de:
[0.125-3*(1.440195/sqrt(1000));0.125+3*(1.440195/sqrt(1000))]
Soit [-0.011628; 0.261628].
Donc à la fin du mois, il doit s’attendre dans 99% des cas à faire entre -186$ et +4186$. Alors que la moyenne théorique est de 0.125 * 16 * 1000 = 2000$. Même les meilleurs peuvent avoir des mois négatifs ! Bien sûr, il a plus de chance de tourner autour de sa moyenne (12.5% que de faire -1% ou 26%) car la courbe (vue plus haut) est centré en 12.5%.
Il est temps de faire bouger les variables:
On bouge le ROI, on fixe l’écart type et le nombre d’échantillons : Que se passe-t-il si Dieu décide de jouer au 32$, en supposant que ces parties existent, mais que son ROI est divisé par 2 ? En théorie, il gagne la même somme par tournoi (32*0.062.5 = 16 * 0.125).
Recalculons l’intervalle de confiance à 99% :
[0.0625-3*(1.440195/sqrt(1000));0.0625+3*(1.440195/sqrt(1000))]
Soit [-0.074128; 0.199128].
Donc à la fin du mois, il doit s’attendre dans 99% des cas, à faire entre -2372$ et +6372$. La moyenne est pourtant la même : 0.0625 * 32 * 1000 = 2000$.
Si on compare avec le résultat précédent, la variance est plus grande.
On en déduit le postulat numéro 1 : Plus votre ROI est bas, plus la variance est grande.
Si l’on bouge le nombre d’échantillons :
Dieu a prévu 3 semaines de vacances et décide de ne jouer que 250 tournois ce mois ci. Recalculons l’intervalle de confiance à 99% :
[0.125-3*(1.440195/sqrt(250));0.125+3*(1.440195/sqrt(250))]
Soit [-0.148257;0.398257]
On voit que l’intervalle sur 250 parties [-14%%;+40%] est plus vaste que sur 1000 parties [-1% ;26%].
Postulat numéro 2 : Moins vous jouez de parties, plus la variance est grande.
Si l’on bouge l’écart des prix par rapport à la moyenne :
Dans le cas d’un STT à 9 joueurs, l’écart maximum est de -1 BI à +3.21BI. Dans un STT à 18 joueurs où les 4 premiers sont payés, le premier touche +5.75 BI. J’ai récupéré les statistiques d’un joueur de 16$ 18 joueurs qui a le même ROI (12.5%) et voici sa distribution :
- 1er: 231 pour +5.75 BI
- 2ème: 188 pour +4.0625 BI
- 3ème: 195 pour +2.375 BI
- 4ème: 181 pour +0.6875 BI
OUT: 2294 pour -1 BI
V = (7308.984375+2914.734374+987.187499+57.269531+2903.34375)/3089=4.587736
et eqT = sqrt(V) = 2.141900
Recalculons l’intervalle de confiance à 99% :
[0.125-3*(2.141900/sqrt(1000));0.125+3*(2.141900/sqrt(1000))]
Soit [-0.078198; 0.328198].
Ce joueur de 2 tables (18 joueurs) a une variance de +7% [-8% ;+32%] sur chaque extrémité par rapport à une joueur d’1 table (9 joueurs) [-1% ;+26%] sur 1000 parties pour un même ROI !!!
Postulat numéro 3 : Plus l’échelle des gains est importante par rapport à votre BI, plus la variance sera grande.
Grâce à ses 3 postulats et l’étude sur la variance, on comprend mieux pourquoi il ne faut jamais engager plus de 3% de sa bankroll dans un tournoi de petit buyins (< 4$).
De plus, on sait comment limiter la variance au maximum indépendamment de notre niveau de jeu : Privilégier les STT 1 tables.
Voici la liste des types de parties dont la variance est la plus petite à la plus grande :
- 1v1, DoN (double up or nothing) que ce soit en SH ou FR
- SH à repartition 65/35 classique.
- FR à repartition 50/30/20 classique.
Il faut donc jouer plus tant que vos capacités sont au maximum.
L’importance du rake
Par définition le rake est une partie du prix d’inscription d’un tournoi qui ne va pas dans la cagnotte mais à l’organisateur (en l’occurrence ici, une room de poker).
Lorsque vous vous inscrivez à un tournoi, vous verrez par exemple : 1$+0.20$. Le tournoi coûte 1.2$ mais 0.2$ n’iront pas dans la cagnotte.
Imaginons que vous avez jouez 1000 parties à 1$ en live chez vos potes. Vous avez notez tous vos résultats et votre ROI est de 15%, vous gagnez donc 0.15$ par parties. Vous décidez de jouer sur internet :
Regardons l’impact du rake sur votre ROI.
- 1$+0.10$ : 10% de rake est assez standard pour des SNG SH et FR joueurs. Si vous jouez 1000 parties sur le net, vous n’allez gagner plus que 0.05$ par parties. Au lieu de gagner 150$ (si vous aviez continuer de jouer chez vos potes), vous n’aller gagner que 50$. Votre ROI a été divisé par 3.
- 1$+0.20$ : 20% de rake pratiqué sur certaines rooms de poker sur les très basse limite. Si vous jouez 1000 parties sur le net, vous perdez -0.05$ par parties. Votre ROI devient négatif ! Vous êtes maintenant un joueur perdant !
Et on joue où alors ?
PokerStrategy propose 6 rooms de départ. Je n’ai pas eu l’occasion de regarder de plus près Pacific Poker et Mansion Poker. Parmi les 4 autres rooms :
- Party poker : Cette room ne propose que du rake à 20% (0.80$+0.20$, 2.40$+0.60$). A éviter absolument !
- Titan Poker : En dessous de 2$, le rake est aussi de 20%. A éviter encore une fois.
- Full Tilt Poker : Rake de 25% en dessous de 2$. A partir de 2$, on trouve des 2$+0.25$ normal et turbo (SH, FR) puis des super turbos à 3.5$+0.3$. Avec un dépôt de 50$, cette room est donc aussi à éviter (on ne jouera pas de suite des 2$, gestion de bankroll oblige).
- PokerStars : Propose des DON à 1$+0.15$ Normaux et 1$+0.10$ Turbo. A 2$ on ne trouve rien d’intéressants. A 3$, on a des 3$+0.25$ SH et des 3$+0.40$ Turbo. Les DON sont parfais pour faire grossir votre bankroll. La variance est la plus faible (< 1.5) et le rake est battable (10% sur les turbos et 15% sur les normaux).
Et la gestion de la bankroll ?
Dans le tableau ci-dessous, la colonne UP indique le nombre de buyins que votre bankroll doit disposer pour jouer à cette limite. La colonne DOWN indique que si à un moment « t », votre bankroll descend en dessous de cette limite, vous devez descendre de limite
Voici ce que je vous conseille :
Parties UP DOWN
DoN 1$ Turbo -- --
Turbo 3$ SH ou FR Environ 40 BI (br >= 120$) Environ 20 BI (br < 60$)
DoN 5$ ou Turbo 6.5$ Environ 80 BI (br >= 400$) Environ 50 BI (br < 250$)
Avec vos 50$ vous jouez donc des DoN 1$ Turbo. Lorsque votre bankroll dépasse 120$, vous pouvez enfin vous inscrire à des 3$. Tant que votre bankroll restera supérieur à 60$, vous continuerez de jouer ces 3$. Si par malheur, votre bankroll atteint 58$, alors vous reprenez les DoN jusqu’à 120$.
Une fois au 3$, si votre bankroll dépasse 400$, vous passez aux 5$ ou 6.5$ (selon le type de jeu que vous préférez). Si vous redescendez en dessous de 250$, vous repassez au 3$.
En étant même un tout petit gagnant (ROI de 3% sur ces micro limites), les chances de finir « broke » en jouant les DoN 1.10$ avec 50$ de départ sont de 1.4%. Si vous êtes un gagnant normal (ROI de 8%, les joueurs exceptionnels auront 15 à 20% à cette limite), vos chances de finir broke sont inférieur à 0.1%. Ceci est du que la variance n’est pas importante en DoN.
Il est très important de respecter ce plan à la lettre.
N’espérez pas gagner des montants vertigineux à ces limites. En jouant un DoN à 1$+0.10$, un joueur avec un ROI de 8% touchera en moyenne 0.10$ par DoN.
Il faudra jouer 700 parties pour atteindre le premier palier de 120$ et passer à la limite supérieure.
Je vous souhaite à tous bon courage et bonne chance !
Lien : PokerStrategy
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
Mais combien de joueurs du net arrivent à percer dans les grands tournois. Et comme tu le dis, le poker online n’est pas une finalité, simplement un tremplin
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
Même s’il est toujours bon de savoir où l’on va...
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
-le tempo des mises
-la hauteur des mises
et la manière globale dont ils jouent certaines mains
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
Trop de gens ont cette réflexion et ne se rendent pas compte que 95% des joueurs en cercle appréhendent mal les concepts mathématiques et si on pousse encore plus loin jusque dans la précision des ajustements de ranges alors là, y a plus personne.
#15
la psychologie est là mais sous une forme différente, elle se matérialise notamment par le timing et le montant des mises.
Enfin, la consultation de base de données en ligne sur les joueurs représente également une précieuse source d’informations quant aux styles et à la forme des joueurs présents à la table.
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
Le poker n’échappe pas à la règle, il suit une loi de rendements décroissants.
Mettons qu’en bossant quatre heures pour un exam, tu obtiennes 10/20, en bossant le double tu n’auras pas 20/20.
On peut tout à fait être gagnant sur des limites relativement faibles sans pousser les maths jusqu’à l’extrême. Cependant, d’une part, on atteindra jamais les rendements max possibles à une limite donnée (à titre indicatif de l’ordre d’environ 18% sur les 3.40, 16% sur les 6.50, 14% sur les 15+1, 8% sur les 55+5, etc ...) et d’autre part, à des limites plus hautes, il sera impossible d’être un joueur gagnant.
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
Modifié le 17/04/2019 à 13:16
http://img17.imageshack.us/img17/7277/bopounagezoom.jpg
ça va il gère au poker :D
Modifié le 17/04/2019 à 13:16