Alors que le LEC a confirmé ses roadtrips pour le Spring Split 2026, dont une étape très attendue à Évry organisée par la Karmine Corp, Arthur Perticoz a publiquement critiqué les horaires imposés par Riot Games. L'enjeu de ces rencontres se heurte à une réalité logistique très complexe.

Le casse-tête de la programmation face aux ambitions des clubs

Le LEC Spring Split 2026 s'apprête à renouer avec le public. Deux événements majeurs délocalisés rythmeront la fin de la saison régulière : le premier en France, aux Arènes du Grand Paris Sud d'Évry-Courcouronnes du 24 au 26 avril sous l'égide de la Karmine Corp, et le second à Madrid du 8 au 10 mai, piloté par Movistar KOI. Si la billetterie est d'ores et déjà ouverte pour ces week-ends décisifs dans la course aux playoffs, l'euphorie de l'annonce a rapidement laissé place à des interrogations logistiques. Lors d'une récente prise de parole en direct, Arthur Perticoz a exprimé de vives réserves quant au format horaire retenu par l'éditeur du jeu, Riot Games.

Le principal point de friction réside dans la programmation du match d'ouverture. Le vendredi 24 avril, la rencontre opposant les Shifters à Fnatic est fixée à 16h45. Une décision jugée en décalage total avec la réalité par Arthur, qui souligne l'impossibilité matérielle pour le public de se rendre en grande banlieue parisienne à cette heure en semaine. « J'ai eu beau l'expliquer cinquante fois à Riot Games, mais vous connaissez, je pisse dans un violon pour faire comprendre que l'on ne peut pas ramener des gens à Évry à 16h45 un vendredi. Si vous devez y être à 16h45, cela implique de partir de Paris vers 15h45 pour avoir le temps d'arriver et de s'installer. Les gars, c'est vendredi, les gens travaillent ! J'ai beau leur expliquer, j'ai l'impression que dans le monde des geeks, le bon sens n'existe pas. Les gens ont envie d'autre chose, de sortir, pas de s'enfermer dans une salle après une journée de travail. »

Au-delà de l'inconfort pour les spectateurs, c'est un enjeu d'image et un risque financier majeur qui sont soulevés. Organiser un événement en arène représente des coûts considérables. Arthur Perticoz déplore que la première impression envoyée au monde et aux sponsors d'un tel événement soit un échec visuel, simplement parce que les spectateurs sont retenus par leurs obligations professionnelles. « Quand vous faites un événement, ce qui compte, c'est quand même l'image, les plans de caméra que l'on voit. Le lancement, c'est le moment où les gens vont faire une capture d'écran et dire que c'est génial ou que c'est raté. Les dix premières minutes sont hyper importantes. Et là, la première chose que tu montres d'un événement qui coûte des centaines de milliers d'euros par jour, c'est un horaire où les gens ne peuvent pas venir, pour un match dont ceux qui payent leur place n'ont absolument rien à foutre. »

Une incompréhension de la culture sportive traditionnelle

Cette situation est mécaniquement aggravée par le format des journées. En programmant deux matchs par jour avec quatre équipes différentes, l'équipe hôte est logiquement placée sur la seconde affiche, considérée comme l'événement principal. Le public se retrouve ainsi contraint de patienter devant une rencontre inaugurale qui ne le concerne pas directement, ce qui favorise une ambiance hostile ou désintéressée. « Dans quel sport sur cette planète fait-on payer et venir des gens pour voir des équipes qu'ils n'aiment pas ? Je ne parle pas d'équipes envers lesquelles ils sont neutres, mais bien d'équipes qu'ils n'aiment pas. Si vous avez un PSG-Lyon au Parc des Princes, vous ne dites pas aux supporters : "Venez regarder Monaco-Marseille avant". Ce qui va se passer, c'est que vous aurez des huées en boucle. Cela montre une incompréhension fondamentale de ce que sont les bases de fans dans le sport classique. »

Arthur assume totalement cette ferveur et l'hostilité vocale du public envers les équipes adverses, rappelant que cet arbitrage maison fait partie intégrante de l'expérience d'un match à l'extérieur. Il fixe néanmoins une ligne rouge stricte concernant la sécurité. Les débordements physiques ou les jets de projectiles ne seront absolument pas tolérés par l'organisation. « Il ne faut surtout pas que ça déborde. Si cela arrive, je serai là personnellement pour faire en sorte que les responsables passent la soirée au poste. Et cela tombe bien, je connais très bien la police d'Évry-Courcouronnes maintenant. De toute façon, au moindre débordement, vous finissez au poste et c'est moi personnellement qui m'en occuperai. Je peux vous promettre que vous finirez derrière les barreaux, et je ferai moi-même le tweet avec votre tête pour le montrer. »

Enfin, la réussite de ce roadtrip reposera inévitablement sur les performances sportives. Si le club met tout en œuvre pour concevoir un événement de grande envergure en tribunes, la pression est désormais sur les épaules des joueurs. Arthur Perticoz conclut en rappelant l'enjeu crucial de cette étape de saison régulière : l'équipe se doit d'être à la hauteur pour éviter le scénario catastrophe d'une élimination du top 6 à domicile.