Début janvier, l'historique formation UBITEAM a fait son retour sur Counter-Strike avec cinq joueurs français. La rédaction a pu discuter avec Alban « Garaa » Gosselin et de Benjamin « hyobeN » Hyolle, à la tête du projet, afin d'en savoir plus sur ce qui avait motivé le duo à revenir sur la scène du FPS de Valve.

Vingt ans déjà pour UBITEAM

UBITEAM est une structure historique née en 2005. Qu’est-ce qui a provoqué ce déclic de relancer la machine aujourd’hui, après deux ans de pause ?
Alban : Le déclic c’est un croisement de chemin de vie avec Benjamin, qui a initié ce retour pour notre club. Il y a un peu plus de 2 ans, je pensais mettre un point final à l’aventure UBI. L’histoire que nous avions écrite pendant 18 ans était belle et complète mais c’était sans compter la motivation intacte et sans faille de Ben qui m’a contacté en décembre dernier. 

Tu relances ce projet avec Benjamin "hyobeN" Hyolle. Comment s'est faite votre collaboration et quel est son rôle précis dans cette nouvelle aventure ?
Alban : Benjamin a été un élément central et important dans les années Covid pour le club. Il est arrivé comme manager de notre équipe CSGO à l’époque mais a rapidement pris plus de place. On a notamment organisé un tournoi CS caritatif fin 2020 au profit de l’hôpital de Nanterre sous sa direction. Nos vies personnelles respectives font que nous avons désormais plus de temps pour impulser une nouvelle vie à UBITEAM et il prend la direction sportive de nos activités. 

Comment UBITEAM compte lier compétition de haut niveau et impact social ?
Benjamin : L'idée est d'inscrire UBITEAM sur un territoire à l'image de beaucoup d'autres clubs français comme OrKs, ADEPTS, armaTeam pour ne citer qu'eux. L'écosystème esport français est complexe, notamment sur la scène Counter-Strike où très peu de joueurs sont professionnels sous contrat français. Nous souhaitons donc, à l'image des clubs de sport locaux, développer et promouvoir l'activité e-sport auprès des habitants grâce à l'organisation d'événements et de stages de prévention. Vous l'aurez compris, on souhaite gagner la confiance de partenaires locaux avant de vouloir nous attaquer à des marques qui sponsorisent déjà beaucoup d'équipes. Ces partenaires, déjà ciblés, devront nous permettre de nous installer dans le paysage et de financer, par nos actions, nos deux axes : l'animation et la compétition.

Vous avez recruté l'intégralité du collectif OFC, avec des joueurs de 24 à 31 ans. Pourquoi avoir privilégié la maturité et l'expérience plutôt qu'un pari sur de très jeunes espoirs ?
Benjamin : Le recrutement s'est fait rapidement et naturellement. On souhaitait avant tout une équipe stable qui nous permettrait de présenter notre axe compétition aux partenaires. Quand l'opportunité OFC s'est présentée, j'ai immédiatement pris contact avec Julien 'eveN' et le courant est très bien passé. Nous avons fait le choix d'une équipe ambitieuse, stable et qui nous permet de voir sur le long terme.

L’équipe va évoluer en ESEA Main. Quelles sont vos ambitions réelles pour cette première saison ? Visez-vous une montée rapide en Advanced ?
Benjamin : Le premier objectif est le maintien en ESEA Main. L'équipe doit intégrer son nouveau LIG Guillaume 'GatsH', en fonction de la saison, on avisera pour viser les playoffs.

Avec le retour d'entités emblématiques comme la vôtre, comment juges-tu la santé de la scène "sub-top" française actuelle ?
Benjamin : Je pense sincèrement que le retour d'une équipe comme *aAa* a redonné le sourire à beaucoup d'acteurs importants de la scène. La scène subtop CS FR n'est pas en forme car il n'y a pas de modèle clair. Aujourd'hui beaucoup créent des associations sans vraiment en comprendre l'intérêt et l'enjeu. On ne peut pas juste espérer que notre équipe performe et que les sponsors se précipitent à nous, ce serait bien trop beau et une équipe comme Mousquetaire existerait encore. Pour faire vivre notre jeu favori en France, il faut federer. Vous voulez que CS prenne une place importante dans l’esport français ? Investissez vous auprès des clubs que vous supportez/appréciez, montrez leur de l’intérêt, partagez leur vos compétences même si ce n'est qu'une heure par semaine. Si vous souhaitez que notre scène française se développe, il faut arrêter de rester spectateur et de se contenter de juger le travail fourni par les autres.  

Le marché de l'esport est complexe actuellement. Quel est votre modèle économique pour garantir que ce retour soit durable ?
Alban : Comme l’a indiqué Benjamin plus haut, le grand changement sur notre modèle économique c'est que nous partons sur une base liée à un ancrage territorial fort et marqué (des annonces suivront prochainement). Nous comptons également sur des partenariats avec des marques endémiques voire des partenaires historiques avec lesquels nous avions déjà eu le plaisir et la chance de travailler. Et enfin nous reprendrons l'organisation d'événements ambitieux à l'image de ce que nous avons pu organiser par le passé (je pense par exemple à la POPOFF Arena, au SNGT et aux différents tournois en ligne qui ont marqué l'histoire du club).

Counter-Strike est votre terre d'accueil, mais envisagez-vous de vous étendre sur d'autres jeux rapidement ?
Alban : Ce qui est certain c'est qu'en 2026 nous allons rester concentrés sur un faible nombre de sections afin de relancer la machine sereinement et de concentrer nos efforts pour cette année de reprise. 
Benjamin : L'idée d'une équipe féminine nous trotte, on discute en ce moment concernant la faisabilité et l'intérêt. On aimerait aider cette scène à se développer. Concernant les autres jeux, on souhaite avant tout se stabiliser avant d'explorer de nouveaux mondes même si nous étudions toutes les pistes qui s'offrent à nous.

Si vous deviez donner une seule bonne raison aux fans de la première heure de suivre UBITEAM en 2026, quelle serait-elle ?
Alban : L'esprit original d'UBITEAM est toujours là, aux commandes du club vous retrouverez la passion et l'énergie qui ont fait notre force pendant toutes ces années. Pour ceux qui me connaissent, vous pourrez compter sur l'enthousiasme et la bienveillance qui me caractérisent. Ben je te laisse conclure cette interview avec ta vision ! 
Benjamin : En nous suivant, vous nous donnez la force nécessaire pour mener à bien nos projets : événements au profit de toutes et tous, des ateliers de prévention au profit des jeunes sur les risques du numérique (harcèlement, addiction, isolement, arnaques, pédophilie..), l'organisation de tournois physiques mais aussi en ligne avec le retour des tournois caritatifs et bien évidemment, le soutien sans faille à nos joueurs et joueuses. 


Composition de la formation UBITEAM

  •  Guillaume « GatsH » Kalka
  •  Julien « eveN » Chéreau
  •  Nathan « Nino_C » Causer
  •  Hugo « NAT » Balay
  •  Morgan « Sakeazey » Laurent