Malgré une ultime victoire face à SK Gaming lors de la dernière journée de la phase régulière, l'équipe Shifters ne verra pas les playoffs du LEC Versus. Interrogé par Hotspawn alors que l'espoir était encore permis, Striker a livré une analyse qui résonne désormais comme le bilan d'un rendez-vous manqué, pointant du doigt les détails infimes qui ont coûté la qualification.

Un destin cruel joué sur des détails

C'est un scénario cruel pour la structure française. En s'imposant contre Karmine Corp Blue puis contre SK Gaming lors de la 4e et dernière semaine de la phase de groupes du LEC Versus, Shifters avait rempli sa part du contrat, s'en remettant aux mathématiques et aux résultats de leurs concurrents pour espérer continuer l'aventure. Au micro de hotspawn, Striker confiait alors : « On se concentre sur SK, Dieu s'occupera du reste. » Le verdict est finalement tombé quelques heures plus tard, scellant l'élimination de l'équipe.

Une issue d'autant plus frustrante que l'entraîneur avait identifié les moments précis où la saison a basculé. Loin de se cacher derrière la variance du format, il a souligné les erreurs impardonnables commises plus tôt dans le segment : « Nous sommes loin d'être une équipe parfaite. Mais dans certaines de nos défaites, surtout contre GiantX où nous étions à deux auto-attaques du Nexus, ou contre Los Ratones que nous avons donné bêtement dans un moment de panique... Il y avait un monde où nous étions bien plus confortablement en playoffs. »

Malgré l'échec, Striker note une évolution significative dans la vie du groupe par rapport à la saison précédente. Si les résultats ne sont pas encore au rendez-vous, la structure semble plus vivante, portée par des personnalités plus affirmées. Il compare les deux époques : « Par rapport à l'année dernière, c'est un challenge différent parce que les joueurs ont des opinions plus tranchées et plus d'input. Parfois ces visions s'entrechoquent, mais au moins il y a du mouvement. » Cette friction, qu'il juge nécessaire, contraste avec l'inertie passée, même si elle demande une gestion plus fine au quotidien.

L'arrivée de Cabochard pour structurer l'avenir

L'un des chantiers pour le futur sest era l'intégration complète de Lucas "Cabochard" Simon-Meslet au sein du coaching staff. L'ancien toplaner emblématique de la Karmine Corp a rejoint Shifters pour apporter son expertise, une collaboration que Striker juge évidente malgré, ou grâce à, leur passif.

Il explique avec humour pourquoi ce profil est idéal pour encadrer Rooster : « Pour être franc, Cabochard était le joueur le plus chiant que j'ai jamais coaché. Il demande des choses, demande à son jungler de venir, demande à l'équipe de jouer pour lui... C'est pour ça que ça matche. » Son rôle dépasse la simple gestion de la toplane, Cabochard intervenant sur la communication globale et les mécaniques individuelles.

Une philosophie de l'imperfection

Pour la suite de la saison, Striker compte maintenir sa ligne directrice : accepter que tout ne peut pas être contrôlé. Une approche stoïque face aux critiques et aux erreurs individuelles, qu'il considère inhérentes au jeu.

Il théorise cette gestion de l'échec : « En tant que coach, tu dois être à l'aise avec l'imperfection... Le piège à éviter est d'essayer de gérer des choses que tu ne peux simplement pas contrôler. Si un joueur ne flash pas alors qu'il le devrait, ce n'est pas important si ce n'est pas répétitif. » Une philosophie qu'il faudra conserver pour rebondir après cette désillusion, rappelant aux détracteurs que l'esport reste avant tout « un produit de divertissement ».

Shifters devra donc patienter avant de retrouver la compétition, le temps d'analyser à froid comment une saison qui semblait « scaler » dans la bonne direction s'est arrêtée si brutalement.