Comme à son habitude après chaque segment, le manager de G2 Esports, Romain Bigeard, a pris la parole sur ses réseaux sociaux pour débriefer le parcours de son équipe. Après une finale d'anthologie remportée face à la Karmine Corp et un titre au LEC Spring Split 2026, il dévoile les résultats des entraînements et revient sur un segment printanier qui a bien failli dérailler avant le départ pour la Corée.

La "gueule de bois" post-Brésil et l'électrochoc Perkz

Le rythme effréné du circuit a bien failli rattraper les Samouraïs. De retour d'une campagne brésilienne éprouvante au First Stand, G2 a subi de plein fouet ce que Romain appelle le « FST hangover ». Une période de vide total où le coup d'envoi du LEC Spring Split a été particulièrement laborieuse. « Tout semblait plus lourd, des scrims à la scène en passant par la vie quotidienne. C'était vraiment frustrant d'être dans un tel marasme après s'être battu contre les meilleurs », confie le manager.

Pour relancer cette machine subitement enrayée, la structure a pris un pari majeur : l'ajout d'un nouveau membre dans le coaching staff lors de la deuxième semaine d'avril. Et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit de Luka "Perkz" Perkovic. Si le manager français admet qu'« ajouter un cuisinier de plus dans la cuisine est toujours une opération délicate », l'impact du vétéran croate a été salvateur. Malgré son absence d'expérience stricte en coaching, sa personnalité volcanique, sa franchise et son immense expertise du jeu ont agi comme un électrochoc sur le groupe.

La parenthèse EWC et l'art des matchs sous haute pression

Une fois la dynamique relancée par l'arrivée de Perkz, G2 a dû jongler avec un calendrier atypique incluant les qualifications en ligne pour l'Esports World Cup, jouées directement depuis leurs infrastructures. Une ambiance qui rappelait à Romain « l'époque du Covid », mais qui s'est soldée par une qualification express et un passage très apprécié à Madrid.

De retour sur la grande scène du LEC pour les playoffs, la résilience de l'équipe a été testée jusqu'au bout. Mais c'est exactement le genre de scénario que G2 recherchait. Avec deux séries en Bo5 remportées sur le fil lors du cinquième match (contre MKOI en finale de l'Upper Bracket, puis face à la KC en grande finale), l'équipe a engrangé, selon Romain, une « expérience précieuse et inestimable pour l'avenir ». Une force mentale sublimée par les performances de leur jungler SkewMond, logiquement élu MVP de la grande finale.

Dans les secrets des scrims de G2

Fidèle à sa tradition, Romain a partagé son habituel tableau récapitulatif des matchs d'entraînement, dévoilant l'envers du décor sur l'intégralité de ce Spring Split. La lecture du tableau confirme point par point le récit du manager, illustrant la résurrection de l'équipe au fil des semaines :

  • Un début avril cauchemardesque : Les deux premières semaines du mois illustrent parfaitement le blocage mental post-Brésil. Le tableau d'entraînement vire au rouge vif avec de lourdes défaites concédées contre MKOI (0-4), GX (0-3 puis 1-4) ou encore VIT (0-2). La machine G2 était méconnaissable.
     
  • Le point de bascule post-Perkz : Dès la mi-avril, la tendance s'inverse radicalement. Les blocs rouges disparaissent progressivement pour laisser place à une domination sans partage. La fin du mois de mai et le début du mois de juin se transforment en véritable démonstration de force : des 5-0 secs infligés à VIT et GX, et de lourdes corrections infligées à MKOI (6-2, puis 5-1) et G2N (5-1).
     
  • Cap sur la Corée : Ce redressement spectaculaire arrive au meilleur moment. Après un rapide repos, l'équipe s'envolera pour Séoul afin d'y effectuer un bootcamp intensif, avant de prendre la direction de Daejeong pour le Mid-Season Invitational. « C'est toujours spécial de participer à un tournoi en Corée, l'actuelle meilleure région du Monde », conclut un Romain Bigeard déjà tourné vers le prochain défi international de son équipe.