Toujours en course avec un bilan de 2-4 à l'issue de la 2e semaine du LEC Versus, Los Ratones doit faire évoluer son jeu. Rekkles livre une analyse sur les difficultés et l'urgence de changer d'approche au niveau de la botlane. Frustré par le format BO1, le support suédois brûle d'envie de prouver sa valeur sur des champions plus créatifs lors des playoffs.
Un bilan honnête : entre soulagement et lucidité
A l'issue d'une semaine décisive pour la survie de l'équipe, Rekkles dresse un constat mitigé. Si les deux premières victoires décrochées par Los Ratones permettent de respirer, le contenu des matchs ne rassure pas pleinement le vétéran suédois. Au micro d'Esports Insider, il concède que le succès contre Shifters relève presque du miracle au regard de la prestation fournie.
Il confie son ressenti : « Plus le temps passe et moins j'ai d'émotions, plus je réalise que nous nous en sommes tirés avec quelque chose que nous ne méritions probablement pas aujourd'hui. [...] J'ai l'impression qu'aujourd'hui était l'un de ces matchs que nous aurions probablement dû perdre. » Pour autant, il refuse de faire la fine bouche. Compte tenu d'une préparation tronquée et d'un défi qu'il qualifie lui-même de « mission impossible », ce bilan provisoire de 2-4 reste une satisfaction. L'essentiel est sauf pour Rekkles : l'équipe est désormais maîtresse de son destin. « Je préfère cette situation au fait de devoir compter les matchs. [...] Si nous sommes assez bons, nous passerons. Si nous ne sommes pas assez bons, nous ne passerons pas. »
Repenser le rôle du support
Sur le plan du jeu, Rekkles soulève un problème de fond concernant l'utilisation de champions comme Nami. Il note un décalage entre la théorie, une botlane dominante, et la pratique sur scène, où une certaine fébrilité empêche l'équipe de concrétiser cette pression. Cette passivité offre trop de liberté au support adverse pour contrôler la carte et la vision, tandis que lui se retrouve prisonnier de son rôle de garde du corps, incapable de répondre aux mouvements ennemis.
Pour y remédier, il envisage sérieusement une réorientation stratégique, délaissant la protection pure pour l'impact global. Il explique : « Je pense qu'il est vraiment important soit de trouver comment jouer avec ces supports qui collent plus à notre ADC, soit d'arrêter simplement de les jouer pour essayer un support qui aide davantage sur la carte. [...] Je pense que ce serait peut-être une meilleure approche de m'avoir sur un support qui se déplace et de jouer autour de Nemesis, par exemple. »
Janna au placard, place aux "playmakers"
Interrogé sur son champion fétiche, Janna, Rekkles tranche net : elle n'a plus sa place dans la méta actuelle. Bien qu'il excelle avec elle, il refuse de la jouer si cela handicape son équipe. Il préfère désormais se tourner vers des champions capables de créer du jeu, citant Rakan, Alistar et Neeko comme des atouts majeurs qu'il n'a pas encore eu l'occasion de dévoiler.
Il insiste sur le potentiel de ces choix : « Je pense que je suis vraiment bon avec Rakan. [...] Je pense que Neeko est un support très impactant parce qu'avec elle, vous pouvez réaliser des actions miracles sorties de nulle part ; les autres supports n'ont pas vraiment cet avantage. » Cette frustration de ne pouvoir jouer qu'un champion par jour en BO1 est palpable. Rekkles aspire à atteindre les playoffs en BO3 et BO5, notamment avec la Fearless Draft, pour exprimer pleinement ses 16 années d'expérience.
De l'ADC au Support : apprendre à créer de l'espace
Enfin, Rekkles revient sur sa transition de carry AD à support, un processus qui lui a demandé de déconstruire ses instincts. Il explique avoir longtemps lutté avec son positionnement, se plaçant inconsciemment comme un carry fragile. Un travail de fond a été réalisé, notamment sur les champions de mêlée, pour devenir ce qu'il recherchait lui-même lorsqu'il était botlaner : un créateur d'espace.
Il conclut sur cette évolution nécessaire : « En arrivant en LEC, je n'ai pas peur de jouer un champion de mêlée parce que je pense avoir vraiment progressé sur la façon de créer de l'espace et d'être utile pour que mon carry prenne une meilleure position. [...] Si je peux mettre Crownie dans une bonne position, alors il y a de grandes chances que nous gagnions la partie. »
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