Los Ratones passe la troisième. Victorieux de Movistar KOI après un début de match tendu, l'équipe confirme sa remontée au classement. Au micro de Drakos, Rekkles analyse froidement les lacunes techniques du groupe et livre un constat sur sa situation personnelle : conscient que ce split pourrait être son dernier en LEC, le Suédois aborde désormais chaque rencontre avec beaucoup d'exigence.

Une victoire au forceps et un early game toujours en chantier

Si le compteur de victoires tourne, la manière laisse encore à désirer. Rekkles ne s'en cache pas : la prestation contre Movistar KOI était loin d'être parfaite. Le vétéran suédois admet que son équipe a souffert en début de partie, subissant les agressions adverses et concédant du terrain. Il analyse la rencontre : « Avec le recul, nous n'avons pas vraiment fait un si bon match, mais notre composition nous a au moins permis de monter en puissance [...] Nous perdions depuis longtemps et les choses ne semblaient pas très bonnes, mais grâce au "stacking" des dragons, nous avons pu aller jusqu'en fin de partie, et là, tout peut arriver. »

Le support pointe du doigt une faiblesse récurrente : le début de partie. Malgré les victoires, il ne constate pas d'amélioration notable dans ce secteur, citant des morts évitables et des invasions ratées. Pour lui, la survie de l'équipe repose sur sa capacité à résoudre les problèmes une fois la tempête passée, grâce à l'expérience cumulée de ses joueurs, notamment Nemesis. Il prévient toutefois : « C'est juste vraiment important que nous réglions l'early game. Je pense qu'ensuite tout le reste pourra suivre. [...] Plus les autres équipes s'améliorent, moins nous aurons de chances de revenir dans la partie. »

La course aux playoffs : un sprint contre la montre

Avec un classement de plus en plus serré et des concurrents directs qui peinent à convaincre, les playoffs semblent désormais à portée de main. Rekkles observe un championnat désordonné où personne ne domine outrageusement, ce qui joue en faveur de Los Ratones. Cependant, il rappelle l'urgence de la situation. Contrairement aux structures franchisées, Los Ratones joue sa survie à chaque instant : « Parce que nous n'avons qu'un temps limité après le segment d'hiver, nous ne serons plus là. [...] Nous n'avons pas toute l'année pour comprendre les choses. Nous n'avons que maintenant. »

Il identifie tout de même GiantX comme l'équipe la plus impressionnante jusqu'ici, qualifiant leur affrontement de « match le moins gagnable » pour son équipe.

L'ombre de la retraite : jouer chaque match comme le dernier

Interrogé par Drakos sur cette concentration extrême, Rekkles a justifié son état d'esprit par l'urgence de la situation. Lucide sur l'avenir incertain du projet Los Ratones au sein de la ligue, le Suédois aborde la compétition comme une ultime échéance. Une perspective pragmatique qui le pousse à maximiser chaque instant, conscient que sa place en LEC n'est plus garantie pour la suite. Il confie : « C'est peut-être la dernière chose que je fais ici. [...] Je serais surpris de me retrouver dans une autre équipe en LEC. Donc je donne absolument tout chaque jour parce que je pense que c'est peut-être la dernière chose que je fais. Aussi triste que cela puisse être, c'est la vérité. »

Cette perspective de fin de carrière agit comme un moteur puissant. Plutôt que d'espérer un futur hypothétique, Rekkles a choisi de vivre l'instant présent à « 110 % ». Une déclaration qui résonne comme un adieu anticipé, transformant chaque apparition de la légende suédoise en un moment suspendu pour les fans. Il conclut : « C'est peut-être la dernière fois que vous me voyez en LEC. Je pense que c'est pour ça que je donne vraiment, vraiment mon meilleur. »