Movistar KOI a décroché sa première victoire de la semaine en s'imposant 2-0 face à Fnatic. Sur les ondes du LEC, l'entraîneur en chef Melzhet est revenu sur son niveau d'exigence envers ses joueurs, le développement de Jojopyun sur la midlane et l'importance de la rigueur tactique pour viser l'international.
L'exigence du très haut niveau et la progression de Movistar KOI
À l'issue de la victoire de Movistar KOI contre Fnatic, l'entraîneur Melzhet a répondu aux questions de Sjokz et Kangas. Après s'être montré très critique envers ses joueurs la veille, le technicien a détaillé sa méthode de coaching, les objectifs fixés en interne et son analyse des forces en présence dans la ligue européenne. Interrogé sur son état d'esprit après ce succès en deux manches, Melzhet note du mieux tout en maintenant la pression sur son groupe : « Je pense qu'il y a encore une marge de progression de toute façon, mais oui, c'était bien meilleur qu'hier. Au moins, nous avons joué davantage comme une équipe. »
Il explique ensuite les raisons de sa précédente frustration, liée à des lacunes stratégiques inacceptables selon lui : « Nous avons eu une très grande discussion au début de ce split. Je pense que nous avons fixé nos objectifs très haut. Je dois donc placer la barre très haut pour eux. Et je trouve que nous n'avons pas du tout performé en tant qu'équipe, nous avions des positions gagnantes et nous avons throw beaucoup trop facilement. Et même avec du retard, je pense que nous pourrions jouer de manière beaucoup plus calme. Je trouve que nous n'avons pas été assez disciplinés lorsque nous étions en train de snowball. Vous n'avez pas besoin de gagner la partie de force, vous pouvez être un peu plus intelligents, jouer autour des objectifs pour que les ennemis viennent à vous. Les engages étaient vraiment mauvaises et je pense que ce n'est pas le niveau que nous voulons avoir si nous voulons être compétitifs à l'international. Tout le monde s'est senti bien d'un côté parce que nous avons fait de bonnes choses, mais il y a aussi de la jalousie ou de l'envie, on veut être à ce niveau-là, donc nous devons nous améliorer pour ça. Nous en avons discuté, tout le monde est d'accord là-dessus, donc maintenant je place la barre très haut. »
Pour atteindre les tournois internationaux, le coach estime que le chemin passe par des ajustements complexes : « Je ne pense pas que nous en soyons loin en soi, mais je pense qu'il faut s'améliorer sur de petits détails qui ne sont pas faciles à modifier. Ça va donc demander beaucoup de travail. Je crois en mon équipe et ils peuvent le faire. Ils savent que je crois énormément en eux. Mais nous devons changer certaines choses qui sont difficiles à corriger et nous devons aller de l'avant. » Conscient de la pression qu'il exerce, il assume totalement sa posture : « Oui, je pense qu'il y a une vraie évolution. Nous avons eu beaucoup de discussions. Ils savent que pour moi, ce sont les cinq meilleurs joueurs d'Europe, ou du moins qu'ils peuvent l'être. Mais s'ils veulent atteindre ce statut, ils doivent faire certaines choses qu'ils ne font pas en ce moment selon moi. Je dois donc les pousser dans cette direction. Et si je dois endosser le mauvais rôle, ça me va, je m'en fiche. »
Le développement de Jojo et la flexibilité des drafts
L'interview s'est ensuite orientée sur le midlaner Jojopyun, auteur de huit kills en solitaire lors de ses cinq dernières parties. Melzhet détaille la progression de son joueur : « Je pense qu'il devient petit à petit le joueur que je crois qu'il peut être. Je trouve que son early game et sa phase de lane sont désormais plus matures. Il fait plus attention au jungler et à la manière dont il peut avoir un impact sur la carte. Il ne se contente plus de tuer le joueur en face de lui. Il contrôle également la carte. Il comprend mieux ce qu'il doit faire pour gagner. Et je pense qu'il est l'un des plus grands talents que nous ayons en Occident. Nous devrons donc prendre soin de lui et espérer qu'il montre ce dont il est capable. Dans la partie avec Lissandra, il a aussi incroyablement bien joué les teamfights. »
Cette game avec Lissandra a d'ailleurs fait l'objet de négociations lors de la phase de sélection des champions, illustrant le caractère du joueur : « Nous voulions la choisir hier. Il ne voulait pas, il préférait Sylas. Ensuite, il s'est aussi battu pour prendre Viktor sur cette partie. Je lui ai dit de prendre Lissandra. Il peut jouer presque tous les champions du jeu. Il doit juste avoir une idée claire de son rôle et je pense qu'il y travaille plus souvent maintenant. » Face aux rumeurs concernant le manque d'éthique de travail de Jojo par le passé, le coach prend fermement sa défense : « C'est de la propagande. Il reste un peu le gamin qui veut n'en faire qu'à sa tête et tout ça. Mais de toute façon, il est très travailleur. Il se soucie vraiment du jeu. Il a vraiment à cœur de tryhard. C'est juste qu'il est un peu... comment on dit en espagnol, têtu. Nous l'aimons, nous savons comment gérer ça et il fait un très bon travail en ce moment. Il écoute toujours. Il a simplement des opinions bien arrêtées ou il préfère certaines choses, comme la partie avec Sylas, bien sûr. Mais oui, c'est un bon gars. »
Le regard sur les adversaires : Fnatic et Vitality
Questionné sur les difficultés actuelles de Fnatic, qui affiche un bilan de deux défaites consécutives, Melzhet se montre prudent : « C'est vraiment difficile d'avoir un avis sur une équipe sans vivre avec eux ou sans voir ce qu'ils font au quotidien. J'ai l'impression qu'ils n'ont toujours pas trouvé leur identité ni la façon dont ils veulent jouer en équipe. Je pense que ce sera une bonne première étape, mais peut-être qu'ils l'ont trouvée et qu'ils n'arrivent tout simplement pas à l'appliquer en match, et dans ce cas, il peut y avoir des millions de problèmes que je ne peux pas connaître. »
Enfin, l'entraîneur a livré son analyse sur Vitality en vue des prochains affrontements : « Je pense que Vitality est une très bonne équipe. Je trouve simplement qu'ils manquent un peu de discipline dans certaines situations, et je pense que leur champion pool devient limité au fur et à mesure que la série avance. Il y a déjà eu deux BO3 où ils n'avaient pas la meilleure composition lors de la troisième manche. Donc, s'ils s'améliorent là-dessus, ils vont devenir une équipe vraiment effrayante. » Relancé sur l'hypothèse où il coacherait une telle équipe, Melzhet conclut en faisant le parallèle avec sa propre philosophie : « Si c'est l'identité de l'équipe et que c'est comme ça qu'ils doivent fonctionner, c'est très bien. Mais personnellement, je ne crois pas que l'on puisse rivaliser avec les meilleurs sans discipline. Nous en avons convenu ensemble. Donc maintenant je les pousse. S'ils me disaient tous : "Non, on veut être tranquilles, on veut juste s'amuser, on se fiche de rivaliser avec les meilleurs", alors je ne serais pas en colère. Ce serait simplement notre objectif. »
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