Après la première semaine du LEC Versus, Kameto fait le point sur les deux rosters engagés : Karmine Corp et Karmine Corp Blue. Il salue la performance de KCB, relativise le démarrage de KC en rappelant le contexte BO1 et le travail interne, et revient longuement sur un épisode précis autour d’un bug lié au mode spectateur, évoqué après le match contre Los Ratones.
Deux équipes, deux lectures : KCB “exceptionnel”, KC “pas au niveau”
D’entrée, Kameto insiste sur la particularité du moment pour le club, avec deux affiches chaque semaine : « Avoir deux matchs en LEC, c’est tellement la frappe. » Sur la première semaine, il sépare clairement les dynamiques. D’un côté, il qualifie KCB « exceptionnel ». De l’autre, il situe KC en dessous de ses standards : « Karmine Corp n’est pas à la hauteur du niveau de Karmine Corp, dans le sens où normalement ils ont un niveau dix fois plus élevé. »
Pour autant, il refuse d’en faire un signal d’alarme : « Ça suffit et c’est que le début. Il faut se trouver lors des matchs officiels, et ça prendra le temps que ça prendra. Et quand ça va se trouver, ça va faire mal. » La ligne directrice est posée : accepter la phase d’ajustement tant que le contexte reste celui d’un début de saison et tant que l’équipe progresse en interne.
Culture de l’instant, BO1 et patience : Kameto recadre la lecture de la semaine 1
Une large partie du passage sert de réponse à un réflexe qu’il identifie chez une partie du public : juger trop vite, trop fort, sur une séquence courte. Il s’en prend frontalement à une formule qu’il voit revenir : « La phrase “on dit ça chaque année”, elle me débecte. » Il argue que l’historique du club rend ce raccourci absurde : « Ça fait six ans que le club existe, et on a tout vécu : des bons starts, des mauvais starts. »
Il s’appuie ensuite sur un rappel factuel pour casser l’idée d’une “tradition” de débuts laborieux : « L’année dernière, on a littéralement gagné le Winter. On a commencé en 3-0 ou 2-1, puis on a fait 3-0, 3-0 et on a gagné direct. » Et, en miroir, il rappelle qu’il y a eu l’inverse : « Il y a deux ans, on s’est fait malaxer. »
Dans son discours, la patience n’est pas une posture “par défaut”, mais une stratégie liée au format et au calendrier : « Tant qu’on est encore en BO1, bat les couilles. Quand on passe en playoffs, il faut se servir des 11 games et surtout des 3-4 semaines de scrims pour être chaud en playoffs. » Il ajoute aussi un marqueur qu’il dit observer positivement : « La majorité de la commu a compris, et je suis content qu’on ait vraiment mûri en tant que communauté. »
“Je tank tout” : ce qui l’inquiète vraiment… et ce qui ne l’inquiète pas encore
Sur la question de “tenir” en cas de semaine compliquée, Kameto est très clair : « Après 2024, je tank tout. Tant que je sais que l’équipe bosse bien en interne et qu’il n’y a pas de signes qui font peur et pour l’instant c’est trop tôt pour avoir des signes qui font peur, bat les couilles. »
Il précise même que son agacement principal vient moins du contenu en jeu que des réactions : « Moi, ce qui me tilt, c’est plus les gens qui vont écrire de la merde. » Son seuil d’alerte, à lui, est ailleurs : « Le gameplay, ça va me tilt quand on va vraiment être nul, perdre des games de manière débile, ou être mauvais à l’entraînement, et que tu sens que l’équipe ne peut pas aller loin quoi qu’il arrive. » Dans cet extrait, il dit explicitement ne pas être à ce stade.
Le “bug” et l’action de Caliste : un épisode qui nourrit le débat sur la game contre Los Ratones
L’extrait bascule sur un point très spécifique : un échange autour d’un bug repéré dans le match contre Movistar KOI lors de la 2e journée, et d’une action impliquant Caliste sur Caitlyn. Kameto explique que, selon ce qu’on lui a rapporté, le joueur français a identifié qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas pendant la partie : « Mentalement, il se sentait trop mal dans la game. Il a remarqué le bug. Il a remarqué qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. » Il détaille l’impact psychologique immédiat dans le déroulé : « Sur le coup, il ne comprenait pas pourquoi il n’était pas niveau 6 et il se fait invade. Ça rentre dans ta tête en te disant : “Comment ça, j’étais bien dans la game ?” »
Sur l’action elle-même, il insiste sur un point : la pose du piège serait correcte, mais le rendu spectator serait trompeur. Il formule ça de manière directe : « Vous croyez vraiment qu’un mec du niveau de Caliste va rater son trap sur lui ? Le mode spec est buggé. Il l’a montré : il l’a mis exactement sur lui. » Il attribue l’explication après une discussion avec le staff : « C’est un bug du mode spectateur, c’est Zeph qui me l’a dit, et normalement il devait mourir. »
“Il aurait dû pause” : un regret évoqué, mais sans certitude sur l’issue globale
L’échange se poursuit sur la question de la décision pendant le match. L’idée d’un “pause” revient clairement : « Il aurait dû pause. » Kameto nuance toutefois le scénario “game retournée” en expliquant que, même avec un kill sur le jungler, le reste de la situation restait complexe : « Si on tue le jungle, ça aide, mais contester en 4v5 quand tu as Azir et Yunara à trois items, avec une frontline et un Bard derrière… ce n’est pas le truc le plus free du monde. »
Il développe même une thèse plus générale sur les contests Nashor dans cette méta : « Tu sais que des contests Nash en 3v5, ça passe. Le Nashor est vraiment fort en ce moment. » Mais il revient à son point central : à ses yeux, l’action aurait apporté un gain, sans certitude de basculer tout le match : « Moi, je pense que ça aurait juste été un kill, peut-être une tour. Ça aurait pu changer, mais je ne pense pas que ça aurait changé beaucoup. »
- Lien pratique : le suivi complet du LEC Versus 2026