En marge du media day du BLAST Open Rotterdam, le capitaine de FaZe Clan, Finn "karrigan" Andersen, s'est confié à HLTV. L'occasion de revenir sur la crise de résultats que traverse l'équipe, le renvoi inattendu du coach NEO et l'état d'esprit du groupe avant d'affronter des tournois de moindre envergure.

Une restructuration forcée par les mauvais résultats

Après une finale prometteuse au Major de Budapest, FaZe Clan a sombré, n'engrangeant que trois victoires sur ses douze premiers matchs de l'année 2026. Cette spirale négative a coûté sa place au coach Filip "NEO" Kubski, remercié par la direction après trois ans de bons et loyaux services. Interrogé par HLTV sur ce départ soudain à quelques semaines du prochain Major, karrigan se montre lucide sur la situation de l'équipe : « Les résultats n'ont pas été à la hauteur cette année. FaZe s'est penché sur l'équipe et en a conclu que c'était la direction qu'ils voulaient prendre. Cela a été une surprise pour nous tous, car nous sommes très proches du Major, mais je pense que la structure a expliqué la direction qu'elle souhaitait prendre pour trouver une solution pérenne. »

Le capitaine danois refuse toutefois de faire de son ancien coach le seul bouc émissaire : « Je pense que c'est en quelque sorte un signal envoyé aux joueurs pour leur dire qu'ils sont à l'abri pour le moment, mais que nous avons besoin de meilleurs résultats. Tout le monde dans l'équipe a conscience qu'il est temps de monter d'un cran. Je ne pense pas que NEO était le problème en tant que tel ; c'est le collectif qui n'a pas été au niveau, et chacun d'entre nous fait partie du problème. »

Le profil du futur coach et l'implication de karrigan

Concernant le remplaçant de NEO, karrigan dessine les contours de ce que la direction recherche pour redresser la barre. Il explique : « Pour le poste d'entraîneur, FaZe recherche probablement quelqu'un qui a peut-être plus d'expérience, qui peut apporter davantage de structure et se montrer plus exigeant. Je peux concevoir que l'équipe recherche certaines qualités qui ont pu faire défaut à Filip, mais c'est aussi très difficile de trouver son propre style de coaching lorsqu'il s'agit de votre premier poste. Surtout au sein d'une équipe qui avait l'habitude de gagner, qui a fait la transition vers un nouveau jeu en accomplissant de grandes choses, avant de traverser une très mauvaise passe. »

Bien que la décision finale appartienne à l'organisation, le leader in-game s'attend à être consulté :  « Évidemment, FaZe souhaite que l'on discute une fois qu'ils auront réduit la liste des entraîneurs potentiels. Ils estiment toujours qu'il est primordial que le coach et un IGL très vocal comme moi soient sur la même longueur d'onde. Je pense que FaZe me fait toujours confiance et valorise ma vision des choses, mais ils prennent leur propre décision quant à ce qui est le mieux sur le long terme [...] Je pense que pour eux, il est évidemment important que nous partagions une vision commune, ou que le nouveau coach et moi ayons des qualités complémentaires pour aider l'équipe. Parce qu'au bout du compte, FaZe veut que l'équipe gagne, et dernièrement, nous n'avons absolument rien gagné. Nous n'avons même pas assez de matchs pour nous qualifier pour le Major à l'heure actuelle. Nous verrons comment ils vont gérer ça. Je ne serai pas directement impliqué, mais j'imagine qu'ils voudront que je valide certains des noms qu'ils proposeront. »

Une remise en question individuelle et collective

Le vétéran de 36 ans ne cache pas sa frustration face aux statistiques catastrophiques de l'équipe (3 victoires pour 9 défaites). Il dresse un constat sans appel : « Pour être tout à fait honnête, c'est complètement à chier, voilà où j'en suis mentalement. Nous sortions du Major pleins d'espoirs, je me souviens être parti en vacances avec une seule envie : disputer le tournoi suivant. Nous étions enfin sur une bonne dynamique, nous avions capitalisé sur nos victoires. Et finalement, on propose exactement l'inverse en ce début de saison... »

Pour expliquer cette chute libre, karrigan pointe du doigt un mélange de baisses de régime individuelles et d'un manque de cohésion, tout en soulignant la fragilité mentale du groupe : « Si je connaissais les problèmes, je ne pense pas que nous les aurions encore. [...] Il s'agit de plusieurs choses. Ça peut être l'énergie, la communication, le niveau individuel... le mème classique : tout peut aller de travers. [...] Mais si la confiance revient, je pense que nous pourrons proposer un autre style de Counter-Strike. Nous devons juste nous assurer que dans cette période difficile, nous jouons au maximum de nos capacités et que nous ne jetons pas par la fenêtre des situations à notre avantage. » Il ajoute concernant la pression interne : « Il y a évidemment une pression individuelle sur différents joueurs, moi y compris, car nos performances individuelles n'ont pas été à la hauteur. »

Le défi DraculaN : accepter de "descendre dans la boue"

Pour engranger des points et sécuriser sa place au Major, FaZe Clan participera prochainement au tournoi DraculaN, un événement de moindre envergure (tier 2). Un changement de décor radical que karrigan aborde avec une mentalité de guerrier. Il confie : « Je suis un peu fatigué des événements tier 1. Vous savez que tout est parfait, vous connaissez les administrateurs, vous savez que vous pouvez demander un café, vous savez quand l'eau arrive. [...] Quand vous allez à DraculaN, vous payez pour être là. Cela me rappelle ces moments où il faut charbonner, et c'est à ce stade de ma carrière que je me trouve. Je dois faire mes preuves dans un scénario différent. »

Loin de fuir le défi, le capitaine y voit une opportunité de reprendre le contrôle de son destin sportif : « Oui, DraculaN, ça va être dur, mais j'accepte le défi, et j'ai hâte de descendre dans la boue, comme on dit, et de m'assurer que même si c'est moche, nous irons au Major. » Conscient que FaZe Clan traverse une tempête, karrigan s'accroche à la flamme aperçue lors de leur finale à Budapest. « C'est pour ça que j'y crois encore, parce que j'ai vu à quel point nous pouvions être bons. [...] Nous n'avons pas un joueur spécifique dans le top 3 mondial qui, lorsque quatre d'entre nous passent une mauvaise journée, peut nous porter sur ses épaules. Nous devons performer en tant qu'équipe. »