Après avoir disputé trois BO5, l'équipe nord-américaine s'est inclinée face aux Chinois de JD Gaming sur le score de 3 à 1. Après cette élimination au goût amer, le privant lui et son équipe d'une qualification pour les playoffs, le jungler polonais Inspired a livré une analyse de ce tournoi décevant. Il est revenu sur ses regrets face à JDG, l'écart béant entre l'Occident et l'Asie, et le match avorté contre G2 Esports.

Des regrets amers face à un JD Gaming prenable

Interrogé par nos confrères du site Hotspawn sur son ressenti après la série perdu contre JD Gaming, synonyme d'élimination du First Stand, Inspired n'a pas caché sa frustration, estimant que l'adversaire était loin de son meilleur niveau. Il avoue sans détour : « Honnêtement, je suis assez déçu. J'ai eu l'impression que l'équipe adverse a largement sous-performé, et nous aurions dû être capables d'en profiter pour remporter ces parties. Donc oui, plutôt déçu. »

La série a basculé sur des détails et des erreurs de prise de décision, notamment lors de la première manche, qui a échappé de peu aux Nord-Américains. Le jungler détaille cette erreur fatale : « On a été trop gourmands sur la tour top avec Galio. Quand l'équipe adverse a décidé de plier la partie sur le dragon, s'ils avaient perdu ce combat, la game aurait probablement été terminée et on gagnait. Mais on a jugé qu'on avait assez de temps pour continuer à push au top avec Galio, prendre la tour, faire le back puis utiliser la TP pour rejoindre le combat. C'était une erreur. Si nous avions simplement décidé de nous téléporter un peu plus tôt, nous aurions été en position de prendre un teamfight équilibré, au lieu de nous ruer dans la mêlée alors que le dragon était déjà presque mort. C'était juste une mauvaise évaluation de la part de l'équipe. »

Même constat d'incompréhension lors de la deuxième partie, où un problème de communication a coûté cher lors d'une tentative de contournement adverse : « C'était peut-être ce teamfight où Annie faisait un flank et où je suis allé la marquer. Elle a décidé de gaspiller son étourdissement sur moi, je l'ai combattue et j'ai dit : "Je m'occupe d'Annie, regardez juste". Mais toute l'équipe a décidé de me suivre au lieu de garder sa position, alors que je trouvais que les ennemis étaient dans une mauvaise posture à ce moment-là. Nous n'étions vraiment pas obligés d'engager le combat, on aurait pu temporiser et je pense qu'on aurait trouvé un meilleur angle. »

Un écart de niveau assumé avec l'Asie

Face aux critiques récentes sur le niveau des équipes occidentales, Inspired reste fidèle à lui-même. Pour lui, le retard de l'Europe et de l'Amérique du Nord est un problème structurel. Il explique : « Nous sommes nettement plus faibles que les équipes de LCK et de LPL, et il n'y a aucune honte à l'admettre. Nous faisons de notre mieux pour bien jouer. En scrims, le rendu est encore pire. Aujourd'hui sur scène, que ce soit le match de BFX contre G2 ou le nôtre contre JDG, on a bien vu qu'ils ne sont finalement pas si intouchables et qu'ils peuvent faire des erreurs dans des moments cruciaux. C'est pour ça que G2 a réussi à gagner et que nos parties ont semblé très disputées. Mais je continue de penser qu'en tant que région, nous sommes vraiment à la traîne et que nous avons encore un long chemin à parcourir. C'est assez difficile pour nous de progresser par rapport aux joueurs asiatiques, vu le nombre de bons joueurs et d'équipes fortes qu'ils ont. En Europe et en NA, vous avez peut-être deux bonnes équipes par région, donc c'est plus difficile de devenir bon et de comprendre ce qu'il faut faire pour gagner. Les critiques sont donc compréhensibles et je les partage. »

Concernant son équipe actuelle, le Polonais se montre tout aussi réaliste lorsqu'on lui demande s'il s'agit du meilleur roster de sa carrière pour briller à l'international : « Je ne pense pas que ce roster soit le meilleur que j'aie jamais eu pour essayer de gagner à l'international. L'ancienne équipe de FlyQuest était un peu meilleure pour ça. Quand je joue en NA, c'est beaucoup plus facile pour moi de diriger l'équipe parce que tout le monde est assez mauvais, ou en tout cas, les autres équipes ne me mettent pas de pression. Alors que contre les équipes asiatiques, je dois réfléchir beaucoup plus à mes décisions parce qu'ils sont beaucoup plus rapides pour engager. Même si je perds 15 à 20 secondes quelque part, ça peut se retourner contre moi. C'est donc plus difficile pour moi de garder un œil sur toute l'équipe. »

Le rendez-vous manqué avec G2 Esports

Le format du First Stand, exclusivement en BO5, a empêché la tenue du classique affrontement NA vs EU. Une situation que regrette le jungler, qui aurait adoré croiser le fer avec Caps et ses coéquipiers. Il confie : « Le format de l'année dernière était plutôt sympa pour les équipes. On pouvait jouer contre tout le monde pendant le tournoi. Là, la façon dont ce format s'est déroulé a fait qu'on n'a pas pu jouer contre l'Europe, et c'est assurément un match que tout le monde aimerait voir. Ça ferait du super contenu, ce serait vraiment amusant car c'est la grande bataille entre nos ligues. [...] Honnêtement, je ne sais pas si on serait meilleurs qu'eux. G2 joue bien aussi. Ils jouent des tanks au top et essaient de se mettre dans de bonnes positions pendant les parties. Je pense que c'est pour ça qu'ils gagnent. Ils essaient de trouver des avantages partout où ils peuvent. Ils sont probablement un peu meilleurs que nous, mais je ne dirais pas qu'on perdrait à coup sûr. Sur scène, la série serait probablement un peu en faveur de G2. »

Enfin, malgré l'élimination, Inspired estime avoir tenu son rang dans la jungle, notamment face au Taïwanais JunJia : « Honnêtement, je trouve que j'ai vraiment bien joué l'early game sur les quatre games [...] Globalement, je n'ai pas ressenti tant de pression que ça de la part de JunJia, et dans la quatrième partie, il avait l'occasion de faire une super game mais il n'a rien fait. Notre botlane a plutôt bien joué et a réussi à gagner sa lane à chaque partie, donc respect à eux. »