Avec l'arrivée de League of Legends à l'Esports Nations Cup 2026, la création d'une Équipe de France devient un enjeu concret. Entre la possible limite stricte de trois joueurs par club et l'absence de toplaner tricolore en LEC, le futur staff devra composer un cinq majeur hybride et inédit avec des joueurs évoluant en LFL.

Entre contraintes réglementaires et abondance de talents, quel visage pour le collectif tricolore ?

L'Esports Nations Cup, organisée par l'Esports World Cup Foundation, s'imposera dès novembre 2026 à Riyad comme un rendez-vous international majeur. Rompant avec le modèle traditionnel, ce tournoi place les nations au cœur de la compétition. Comme annoncé par les organisateurs, League of Legends fera partie des disciplines retenues, offrant ainsi au titre de Riot Games une véritable Coupe du Monde par équipes nationales. Comme annoncé précédemment, la contrainte principale réside dans l'impossibilité de sélectionner plus de trois joueurs appartenant à la même structure sportive. Le staff de l'Équipe de France, qui devra être nommé avant fin mars 2026, aura donc pour mission de constituer un groupe de sept joueurs, à savoir cinq titulaires et deux remplaçants, en jonglant avec cette limite et les dynamiques contractuelles.

Pour bâtir ce collectif, le regard se tourne d'abord et en toute logique vers l'élite européenne. Le contingent français évoluant en LEC compte actuellement onze représentants. Toutefois, la répartition des rôles parmi ces joueurs révèle un déséquilibre majeur. La France dispose d'une profondeur exceptionnelle au poste de jungler avec Boukada, Isma, Sheo, Skeanz et SkewMond. On retrouve également de solides options sur la midlane avec nuc et Kamiloo (ancien pensionnaire LEC, joueur de la Karmine Corp Blue qui a participé au LEC Versus), ainsi qu'au poste de carry AD avec Caliste et Hans Sama, soutenus par des supports comme Prime et Stend. Le constat est cependant limpide concernant la toplane : aucun toplaner français ne figure actuellement parmi les effectifs du LEC. Ce vide force le futur sélectionneur à élargir ses horizons pour trouver la pièce manquante de son dispositif.

La jeunesse explosive pour compléter l'expérience

C'est ici que la Ligue Française de League of Legends devient une ressource indispensable. Avec trente joueurs tricolores engagés dans ce championnat (effectif comptabilisé au coup d'envoi du LFL Invitational), la LFL représente un vivier riche et diversifié. C'est au sein de cette ligue que réside la solution la plus évidente pour sécuriser la toplane, avec notamment la présence d'Adam. Fort de son expérience passée au plus haut niveau européen et international, il s'impose naturellement comme le titulaire indiscutable à ce poste pour représenter la France.

Au-delà de ce choix stratégique, la LFL offre également de nombreuses alternatives pour compléter l'effectif tout en respectant la limite de trois joueurs par club, grâce à des profils expérimentés comme Saken, Jezu ou Steeelback, ainsi que de jeunes talents à l'image de Zoelys, Zicssi ou Leny. La liste est longue. En tenant compte de ces paramètres, il est possible d'esquisser un sept majeur à la fois cohérent, explosif et conforme aux restrictions de l'organisation.

Sur la toplane, le choix d'Adam apparaît incontournable : il comble l'absence de toplaner tricolore en LEC tout en garantissant une force de frappe mécanique redoutable. Pour orchestrer le jeu, le sélectionneur pourrait légitimement s'appuyer sur SkewMond dans la jungle, fort des garanties apportées par sa deuxième année d'expérience au sein de l'élite européenne, tout en l'associant à l'émergence de Kamiloo sur la midlane qui a déjà eu une première expérience en LEC avant de rejoindre la LFL. Sur la botlane, le talent brut de Caliste au poste de carry AD trouverait un ancrage solide aux côtés de Stend, complétant ainsi un cinq de départ résolument tourné vers l'offensive.

Enfin, concernant les deux postes de remplaçants, le coaching staff sécuriserait l'effectif en faisant appel à l'expérience internationale de Hans Sama pour suppléer le rôle de botlaner, tout en intégrant Zoelys, valeur sûre issue de la ligue régionale ayant déjà eu une première expérience (difficile) en LEC sous les couleurs de Rogue, pour offrir une alternative tactique au poste de support. Cette configuration hybride allierait ainsi la fougue des jeunes talents, l'assurance des joueurs confirmés et le respect strict du cadre réglementaire de l'événement.

Un duel institutionnel pour la gouvernance de la sélection

D'ici là, la première étape sera de déterminer quelle entité prendra la tête du comité de l'Équipe de France. Un véritable bras de fer s'est engagé entre France Esports et l’UFCEP (Union Française des Clubs d’Esport Professionnels). Les deux instances se disputent actuellement ce statut de partenaire officiel via des dépôts de candidatures distincts auprès de l'Esports World Cup Foundation, une rivalité qui s'est notamment exportée sur LinkedIn.

D'un côté, France Esports s'appuie sur sa légitimité historique et sa structure regroupant les éditeurs tels que Riot Games, les promoteurs et les joueurs. En tant qu'interlocuteur privilégié des pouvoirs publics depuis 2016, l'association revendique un rôle de "parlement de l'esport" garant de la réglementation et de la représentation globale de la filière. De l'autre, l’UFCEP défend une vision axée sur la performance et le sport de haut niveau. Ce syndicat regroupe douze des plus grandes structures françaises, estimant que la gestion de la sélection nationale doit revenir à ceux qui forment et emploient les joueurs au quotidien. Pour porter son projet, l’UFCEP s'appuie sur un comité directeur composé de figures centrales de la scène : Nicolas Maurer (Vitality) à la présidence, épaulé par Arthur Perticoz (Karmine Corp) au secrétariat général et Alexandre Job (Galions) à la trésorerie. Le conseil d’administration est complété par d'autres dirigeants comme Xavier Oswald (Gentle Mates), David Laniel (GameWard) et Kévin "Shaunz" Ghanbarzadeh (AEGIS). 

Note composition (hypothétique) de l'Équipe de France 

  •   Adam "Adam" Maanane
  •   Rudy "SkewMond" Semaan
  •   Kamil "Kamiloo" Haudegond
  •   Caliste "Caliste" Henry-Hennebert
  •   Paul "Stend" Lardin
     
  •   Steven "Hans Sama" Liv (remplaçant)
  •   Théo "Zoelys" Le Scornec (remplaçant)