Sèchement battu par NAVI dès l'ouverture des playoffs, Fnatic confirme ses difficultés actuelles. L'entraîneur GrabbZ est revenu sans concession sur cette défaite, pointant du doigt un blocage psychologique sur scène, des erreurs récurrentes de gestion d'objectifs, mais surtout un manque criant de ressources humaines au sein du coaching staff pour encadrer l'équipe.

Une spirale négative difficile à enrayer

Interrogé par Esportmaniacos après le revers contre NAVI, GrabbZ n'a pas cherché d'excuses concernant la prestation de ses joueurs, mais a exprimé une vive frustration concernant la répétition des erreurs. Si la semaine d'entraînement avait été axée sur la correction des phases de début de partie, la réalité de la compétition a rattrapé Fnatic, notamment sur des séquences pourtant identifiées et travaillées comme la contestation des objectifs neutres.

Il détaille longuement ce moment critique de la première manche qui a fait basculer la rencontre : « La première partie m'a mis en colère. On travaille beaucoup dans la semaine sur le second respawn. On a le push, on a la priorité mid et bot, on prend le combat avant, on est tanky, et le jungler adverse utilise son Flash, prend le carapateur et gagne la partie là-dessus. Même si la semaine d'avant nous n'avions pas les conditions, là nous les avions et nous avons encore échoué. »

Concernant la seconde manche, bien que le début de partie ait été plus équilibré, le technicien allemand déplore une mauvaise gestion des avantages acquis : « L'early game était even. Je crois qu'on utilise mal l'avance de Jax. Je pense qu'au troisième dragon, s'il ne va pas sur la T1 au top, on peut se battre car il est plus fort que Sion. De même avant le Nashor, il utilise sa téléportation pour un combat qui n'existe pas au lieu de prendre la T2. Au moins dans la seconde partie, on a pu jouer au niveau macro, mais on a fait des erreurs et NAVI est meilleur. »

La confiance et le problème de la timidité sur scène

Au-delà des erreurs techniques, GrabbZ identifie un problème psychologique profond. L'équipe, performante et vocale lors des entraînements, se fige une fois sur scène. Cette différence de visage s'explique, selon lui, par la peur de l'erreur engendrée par la série de défaites, créant un cercle vicieux difficile à briser sans une victoire de référence.

Il analyse ce phénomène de blocage mental : « Ce qui se passe, c'est que nous jouons un peu sur scène et les gens ne sont pas aussi vocaux qu'en scrims. Ça peut être les nerfs, ça peut être la confiance. De l'extérieur, on dirait qu'il n'y a pas de plan. Après avoir tant perdu, je crois que les gens sont un peu timides ou nerveux, et ils ne sont pas aussi vocaux qu'en scrims parce qu'ils ne veulent pas faire le call qui perd la partie. C'est la seule façon de sortir de là, de gagner une partie. C'est ce qui arrive aux équipes de sport, elles ont leur passage à vide et tant que tu ne gagnes pas, tu as tes doutes. »

Un coaching staff en sous-effectif

Le point le plus saillant de l'entretien concerne la structure même de l'encadrement chez Fnatic. Alors que d'autres équipes renforcent leur staff avec des assistants ou des positional coachs, GrabbZ révèle être quasiment seul à la barre pour la partie purement stratégique, une situation qui n'était pas prévue initialement et qui pèse lourdement sur la préparation.

Il livre un constat amer sur les promesses non tenues concernant l'encadrement : « Cette semaine, j'étais seul, je suis le seul membre du staff technique dédié au jeu. Richard s'occupe de la préparation mentale, mais je ne veux pas utiliser ça comme excuse [...] Ce n'était pas mon intention d'entamer la saison avec seulement deux coachs. Ce n'était pas le plan qu'on m'avait promis, mais on est là. Je ne m'imagine pas un seul coach entraînant une équipe. C'est évident qu'une seule personne pour tout le travail qu'implique d'être Head Coach, faire les individuels avec les joueurs, revoir les scrims, c'est trop. »

Cette pénurie de personnel oblige les joueurs à effectuer un travail d'analyse que le staff ne peut pas fournir par manque de temps. GrabbZ souligne la nécessité pour ses joueurs de compenser ce manque par une méthode de travail plus intelligente : « Comme nous sommes une petite équipe avec peu de ressources, chacun doit en faire un peu plus. Au lieu de jouer une SoloQ de plus, mets-toi avec un coéquipier, regarde un match de HLE, de Gen.G ou de T1 et essaie de trouver quelque chose qui te plaît. Je ne crois pas que ce soit parce qu'ils ne travaillent pas dur, l'éthique de travail est très bonne, mais ils ont besoin de plus de conseils sur comment travailler. »