Au lendemain d'une victoire marquante contre G2 Esports, Kameto a profité d'un live pour dévoiler les coulisses de la montée en puissance de la Karmine Corp. Entre l'exigence militaire du coach Reapered lors des entraînements et l'impact décisif de Canna, il revient sur la transformation de son équipe en ce début de saison.

L'exigence de Reapered : la perfection ou rien

Si la victoire contre G2 Esports a rassuré les fans, c'est en coulisses que se joue la véritable métamorphose de l'équipe. Lors d'un live sur sa chaine Twitch, Kameto a partagé une anecdote révélatrice sur les méthodes de travail de Reapered, l'entraîneur en chef de l'équipe LEC. Loin de se contenter des résultats bruts, le coach coréen impose apparemment une rigueur absolue, même lorsque l'équipe domine outrageusement ses sessions d'entraînement.

Kameto raconte notamment une scène précise impliquant son jungler, Yike, lors d'un scrim à sens unique : « Je vais vous donner un inside de scrim. À un moment, on écrase la partie, Yike finit en 10/0, il est très bien dans la partie. Mais Reapered le reprend et lui dit : "Là, pourquoi tu ne vides pas ta jungle ? Pourquoi tu ne farmes pas ici ? Je me fiche que tu sois en 15/0 et qu'on écrase la game, si tu n'as pas fait ça, tu vas être en retard en expérience". »

Kameto insiste sur cette mentalité de fer, précisant que le coach reste focalisé sur l'optimisation des ressources et le timing, peu importe le tableau des scores : « Il est sur ses côtes. Il lui dit : "Là, les raptors apparaissent dans 15 secondes, tu es où ?". C'est de la pierre. Et là je me dis que ça joue vraiment. »

Canna, l'homme de l'ombre face à G2

Revenant sur la prestation de son équipe face aux champions en titre, Kameto a tenu à réhabiliter la performance de son toplaner, Canna. Si les carrys attirent souvent la lumière, c'est bien le joueur coréen qui a, selon lui, débloqué la rencontre par son intelligence de jeu et son sens du sacrifice. Il estime même, avec le recul, que le titre de MVP aurait dû lui revenir pour sa gestion de la carte.

Il détaille l'action clé qui a fait basculer la rencontre : « C'est lui qui nous donne vraiment l'avantage et qui met bien l'équipe. Il a fait un solo kill sur la lane, puis il s'est téléporté au Dragon. Il donne la première tour au top pour nous permettre de gagner le mouvement, et quand il repart sur sa ligne, il est encore devant dans un counter matchup. »

Au-delà de sa performance en jeu, Kameto souligne l'intégration express de sa recrue. Arrivé en Europe sans maîtriser la langue, Canna montre une volonté farouche de s'imposer comme un leader vocal : « Il vient d'arriver en Europe, il ne parle pas un mot d'anglais, donc il prend ses cours. Mais il tryhard pour accélérer son niveau d'anglais parce qu'il a envie de shotcall. Il veut être le leader dans la partie. »

Une ambition collective avant les exploits individuels

Malgré les talents individuels indéniables, notamment Caliste qu'il juge « pixel en teamfight » et qui a retrouvé son agressivité caractéristique, Kameto rappelle que l'objectif fixé par le staff technique est ailleurs. La Karmine Corp ne cherche pas à gagner par l'exploit, mais par la maîtrise collective, s'inspirant des meilleures formations mondiales comme Gen.G.

Il explique cette philosophie qui vise à lisser la variance des performances individuelles : « Il y a trop de talent dans ce roster et il y a plein de parties qu'on va gagner grâce aux individualités, mais eux [le staff] veulent réduire ça au maximum. Ils veulent qu'on gagne parce qu'on est bons en tant qu'équipe, et pas parce qu'on a Canna qui a 4 000 golds d'avance. [...] Ce qui se passe sur la carte, ça se doit d'être propre. »

Pour conclure, Kameto appelle à la mesure tout en affichant une confiance inébranlable pour la suite de la saison. Si l'équipe montre déjà de très belles choses, la marge de progression reste immense selon lui : « Ce roster est déjà à un très haut niveau mais il va scale de malade. Si tout se passe bien, s'il n'y a pas de problème, ça va monter en puissance. »