Le conte de fées européen s'est heurté au mur chinois. Après un parcours exceptionnel marqué par l'élimination des favoris sud-coréens, G2 Esports s'est lourdement incliné face à Bilibili Gaming en finale du First Stand 2026. Lors de la traditionnelle conférence de presse d'après-match, les joueurs européens sont revenus sur les raisons de leur échec, la supériorité de leurs adversaires du jour et les nombreuses leçons tirées de ce premier tournoi international de l'année.
Caps et la promesse faite aux fans
Malgré une défaite sèche en finale, le public brésilien et les fans européens ont massivement soutenu l'équipe tout au long de la compétition. Le midlaner Caps a tenu à adresser un message fédérateur à la communauté, rappelant que la saison ne fait que commencer. Il déclare : « Un immense merci pour tout le soutien. Nous sommes arrivés dans ce tournoi avec des performances qui n'étaient pas les meilleures au début, mais beaucoup de gens ont continué à nous encourager, particulièrement ici dans l'arène, et c'était génial à voir. Ça signifie beaucoup pour nous et ça nous a vraiment aidés à redresser la barre. Juste parce que nous avons perdu aujourd'hui ne veut pas dire que notre année est terminée. Nous avons encore un long chemin à parcourir et nous allons continuer à grind et à travailler dur pour qu'un jour, nous puissions vraiment être les meilleurs. »
Interrogé sur les rumeurs insistantes l'envoyant au Hall of Legends de Riot Games pour représenter l'Europe, le Danois a préféré jouer la carte de la prudence et de l'humilité : « Intégrer le Hall of Legends serait évidemment un immense accomplissement et un très grand honneur. Mais c'est aussi juste une rumeur, donc je ne veux pas trop m'emballer avec ça, car c'est quelque chose qui pourrait arriver, ou non. Mais si je devais un jour le recevoir, je le considérerais vraiment comme un immense honneur et je ferais tout mon possible non seulement pour le mériter, mais aussi pour faire la fierté de tous les fans et de toute l'Europe. Aujourd'hui, malheureusement, nous n'avons pas réussi à finir le travail, mais nous ferons mieux à l'avenir. »
Hans Sama et Labrov : le test ultime face à Elk et ON
La botlane de G2 Esports, qui avait pourtant montré un visage séduisant tout au long du tournoi et plus particulièrement face à Gen.G, s'est heurtée à la domination écrasante du duo de BLG. Hans Sama a reconnu la supériorité de ses vis-à-vis. Il concède : « D'après notre expérience lors de ce First Stand, je dirais que la botlane de BLG a de loin été la plus difficile. Je pense que nous avons eu l'opportunité de les battre, mais tout au long de la série, comme aujourd'hui par exemple, ils ont pris en confiance et sont devenus meilleurs. Toutes les botlanes que nous avons affrontées lors des séries précédentes étaient incroyables, donc je suis assez heureux que nous ayons réussi à en battre certaines, et je suis très heureux de notre progression avec Labrov. »
Son coéquipier Labrov a confirmé ce ressenti, en mettant particulièrement en avant la créativité et le talent du support adverse, ON, qui s'est permis de sortir une redoutable Anivia lors de cette finale : « Je suis d'accord avec Hans. Pour moi, c'était vraiment plus difficile de jouer contre BLG, dans nos deux séries. ON joue aussi beaucoup de supports bizarres, comme Anivia, et c'est le genre de choix que personne d'autre n'a la confiance et le talent de sortir, à part peut-être Keria. C'est vraiment excitant et stimulant de jouer contre ça. »
Le mea culpa de SkewMond face à la stratégie de Xun
Élu MVP la veille face à Gen.G, le jeune jungler français SkewMond a vécu une finale beaucoup plus compliquée. Complètement asphyxié par les invasions et l'agressivité de Peng Xun Li-Xun, il a pris l'entière responsabilité de son début de match raté.
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Il analyse sa contre-performance : « Comparé aux équipes de la LCK, je pense que BLG, et Xun en particulier, ont énormément de stratégies en early game qui peuvent vraiment perturber les parties. Personnellement, que ce soit dans la deuxième, la troisième ou même la dernière manche, j'ai pris de mauvaises décisions au lieu d'avoir une vision globale de la partie, sachant qu'ils allaient forcément faire quelque chose pour nous déstabiliser. Ils nous ont pris de court et ont accumulé beaucoup de puissance très tôt. J'en étais peu conscient sur le moment et c'est mon plus gros problème. Sachant que c'est une équipe très créative en early game, c'est une erreur vraiment stupide de ma part. C'est frustrant parce que je pense vraiment que si j'avais fait plus attention à ces moments-là, nous aurions pu éviter ce désastre dans ces parties. Mais bravo à eux, ils ont trouvé d'excellentes choses pour complètement ruiner notre plan de jeu. »

Les leçons du tournoi : Résilience, reviews et teamfights
Au-delà de la finale, c'est l'ensemble du tournoi qui a servi de véritable laboratoire pour les Européens. Interrogés sur ce qu'ils allaient ramener dans leurs valises pour le LEC, les joueurs ont souligné plusieurs aspects cruciaux. Caps insiste sur la rigueur : « J'ai beaucoup appris, notamment depuis le dernier MSI, et ce tournoi n'a fait que souligner à quel point certains concepts que nous avions assimilés sont importants. Parfois, en Europe, ces situations ne sont pas aussi fréquentes, donc c'est difficile pour nous de garder le rythme. Mais nous devons absolument trouver un moyen de continuer à nous entraîner sur ces points et de nous améliorer. »
BrokenBlade met quant à lui l'accent sur le mental et l'exécution : « Je pense que la résilience est probablement l'une des qualités les plus importantes à avoir, surtout quand vous jouez contre d'aussi grands adversaires et que les enjeux sont immenses. Quand on est menés 2 à 0, c'est vraiment important de garder son sang-froid et de s'assurer de faire de son mieux pour les parties suivantes. Nous avons d'ailleurs énormément progressé en teamfight. Je crois que nous avons même gagné des combats avec 10 000 golds de retard. C'est l'un de nos plus gros changements ces dernières années, car généralement les équipes occidentales pêchent dans les combats de fin de partie. »
Pour la botlane, le salut passe par une meilleure structure analytique, comme l'explique Labrov : « Pour moi, la préparation et la façon d'analyser les parties en suivant des lignes directrices m'ont beaucoup aidé. Lors de la première série contre BLG, il y a eu beaucoup de moments où nous étions tout simplement perdus après avoir sécurisé un dragon ou un objectif. Avoir ces lignes directrices et prendre le temps de faire des reviews sur ces moments précis m'a donné beaucoup plus de confiance pour jouer la phase de lane. »
La force du groupe : Hygiène de vie et cohésion
Si G2 a pu enchaîner les exploits, c'est aussi grâce à un travail de l'ombre colossal. Questionnés sur l'impact de leur nouvelle hygiène de vie (sommeil, nutrition, sport), les joueurs ont rendu hommage à leur encadrement. BrokenBlade confie : « Nous avons énormément grandi depuis la création de ce roster, et c'est grâce à notre incroyable staff. Nous avons beaucoup travaillé sur l'aspect mental du jeu. En parallèle, nous avons créé beaucoup de blagues en interne (inside jokes). C'est un peu le ciment qui nous maintient soudés, surtout quand les matchs sur scène deviennent très stressants. Nous veillons les uns sur les autres et nous réfléchissons à la manière de rester dans notre bulle à tout moment. »
Un quotidien millimétré détaillé par Caps : « Il s'agit surtout de se créer des habitudes et une bonne routine pour être performant. Avoir la même routine au niveau de l'alimentation, manger correctement, faire des exercices de respiration... Il y a plein d'autres petites astuces que notre staff nous a enseignées. Le but est de trouver ce qui nous met le plus à l'aise pour les matchs officiels, car chacun est unique avec ses propres forces et faiblesses. Nous essayons donc vraiment de personnaliser notre routine et notre emploi du temps. »