8 heures du matin, le réveil sonne… Encore incertain d’y aller hier soir, je me lève du bon pied pour me rendre à Dijon jouer l’étape live de la Poker.fr Cup (ou Coupe de France de Poker). Une centaine de joueurs sont attendus pour 10 places en finale régionale une semaine plus tard à Lille. Lille : le premier objectif, être premier à Lille : le second, obligatoire pour se rendre en grande finale et gagner un package pour les WSOP plus une part du prizepool.
Sous le beau soleil Franc-Comtois (première fois de l’année qu’il fait aussi bon), je reçois au moment de partir l’appel d’Amaury (yeO) qui est victime de la grève des trains et qui doit renoncer… La journée commence mal et je risque de me mettre en retard mais comme pour l’étape du FPT V quelques mois plus tôt, le but est aussi de se déplacer ensembles, je décide donc de faire le détour pour le récupérer.
Début du tournoi à 10h30, à ce moment là, nous sommes encore sur l’autoroute avec divers péripéties qui nous retardent… C’est sûrement foutu mais par acquis de conscience, nous arrivons à Congrexpo pour tenter notre chance. A notre grande surprise, la grande salle où nous avions joué le FPT est utilisée pour une exposition et remplie de… trophées de chasse bourguignons… Essoufflés et après quelques recherches, nous arrivons enfin devant la salle de tournoi où les organisateurs nous accueillent gentiment et nous autorisent l’accès aux tables quelques minutes justement avant la suppression des stacks des absents… C’est à partir de là qu’on parle Poker…
De mon côté, parler Poker, c’est un bien grand mot. Complètement ailleurs à cause de toute cette précipitation, j’oublie presque de brûler les cartes quand je distribue et je réponds toujours en retard de quelques secondes même quand il n’y a pas à réfléchir… Je lag… Je regarde Amaury, il ne lag pas…
Du côté des stacks, rien à dire, nous n’avons perdu qu’une BB. La structure se veut deepstack : 5000 jetons et les blinds augmentent toutes les 20 minutes. Sur le net, ca serait pas mal mais ici, n’étant pas le seul à être lent, nous ne jouons que 10 mains par level en moyenne ce qui casse complètement cette structure… Pour ce qui est du niveau des participants, il est variable. Certains qualifiés sur internet ne savent pas comment relancer ou distribuer, d’autres font des moves douteux mais d'autres sont des habitués des tables et sont très à l’aise.
« Patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage », La Fontaine aurait sans doute fait un bon joueur de poker ! En tout cas yeO applique comme souvent en début de tournoi cette morale à la lettre. Moi, je suis à côté de la plaque, je n’arrive pas à prendre la mesure de ma table et le seul coup que je joue dans la première demi-heure est relancé très fortement par un joueur qui m’empêche de voir plus loin.
Le premier mouvement intéressant non pas pour mes jetons mais pour ce qui va arriver ensuite se joue au bout d’une petite heure. Avec 
en main, une très mauvaise main me direz vous, je rentre dans un coup ou 7 personnes sur 10 sont entrées. Le flop 

est intéressant pour moi vu le profil des joueurs autour de la table tous tight passifs en ce début de tournoi, j’ouvre.
Payé une seule fois, sans doute par une overpair, je décide après la
du turn de laisser l’initiative à mon adversaire qui envoie un overbet du pot. Pour moi, cet overbet traduit toujours une paire au dessus du flop mais en dessous de la dame. Avec le tirage quinte devenu difficile, je décide de tenter un bluff sur la dame, je relance, il envoie tapis… Bien sur que je ne vais pas payer mais je fais quand même mine de réfléchir… J’aimerais bien qu’il me montre ses cartes… Il me les montre 
.
Je ne suis plus qu’à 2500 jetons et je ne vais jamais vraiment me remettre de ce coup… Pendant ce temps là, Amaury joue comme j’aurais du le faire, il relance systématiquement ses bonnes mains pour enlever les limpers mais il a plus de chance que moi au niveau des mains et des flops…
Alors que la pause déjeuner approche, je n’ai toujours pas vu de main (à part un 
couché pré-flop) et je m’efforce de garder la tête hors de l’eau. Avec 
au bouton, je relance 3BB pour voler les blinds déjà hautes et remonter un peu en prévision de l’après-midi. Mais pas encore concentré suffisamment, je n’ai pas vu qu’il y a un limper dans le coup et manque de pot, il n’a pas joué depuis que je suis arrivé à la table... Le flop 

me fait vraiment mal car je le place forcément sur un as. Je check, il fait de même et je commence à avoir des doutes sur sa top pair. L’
qui tombe turn confirme ceux-ci et je décide d’attaquer, il paye. Une river qui n’apporte rien, un
et je redouble mon attaque pour être une nouvelle fois payé. Cette fois-ci, c’est encore un 
en face mais ça tient pour moi, je remonte presque au stack de départ, sans grande conviction…
De retour à sa table après la pause, l’objectif principal de yeO qui est à environ 8000 jetons est de tenir le stack moyen. Il y parvient tant bien que mal en volant des blinds importantes (200-400). Personnellement, je n’ai même pas 10 BB et je sais que je dois vite trouver un bon jeu (le premier de la journée) pour doubler. 
est peut-être ce qu’il me faut et le flop qui comporte deux cartes de pic me fait plaisir. Carte gratuite pour tout le monde puis seconde carte gratuite mais ca ne vient pas, toujours pas…
Quelques secondes après, 
que je relance au bouton, tribet par la BB, je paye un peu par dépit. Flop 

, il mise et j’annonce tapis instantanément (3BB). Après quelques secondes de réflexion, il décide de payer avec 
. La suite ne me donne toujours pas d’amélioration et je quitte le tournoi à la 76ème place…
Je suis très déçu, là où j’avais réussi un bon top 10% au FPT, je m’écrase dans ce tournoi ou rien n’a fonctionné. Je ne sais pas si je visait la qualification mais je voulais faire un bon tournoi, développer du beau jeu et je ne l’ai pas fait… Il faut savoir reconnaître quand on a mal joué, j’ai mal joué. La chance, l’environnement, le mec à côté de moi avec sa copine qui gloussait derrière à chaque fois qu’il jouait une main, tout ça ne sont que des excuses, je m’en veux…
La seule chose que j’ai fait de bien dans ma journée et qui me redonne le sourire c’est que j’ai emmené Amaury avec moi et à deux, c’est toujours mieux ! D’autant que lui, il joue aussi bien qu’au FPT et avec la même réussite...
Un des tournants de la partie survient pour lui aux blinds 500/1000.

en main, en milieu de parole. UTG+2 relance de 3BB. Il paye et la grosse blind toujours très agressive paye également. Flop 

. Un magnifique tirage carreau max et peu de chance que les adversaires aient trouvé quelque chose. Check, Amaury lance 3000 pour un pot de 9500. La BB se couche et UTG+2 envoie tapis. Ce tapis annonçant une grosse paire ou une petite ayant trouvé le brelan place yeO derrière mais la réflexion est la suivante : 6000 investis dans le coup et 4000 derrière (4BB = la mort). Le tirage couleur, les deux cartes fortes, il faut payer, il paye. Bonne lecture, c’était un 
que cachait l’adversaire mais le petit
à la river offre la couleur et un stack de 24000 jetons à notre joueur aAa plus que jamais en lice pour se qualifier ! En effet, il reste à ce moment là 30 joueurs et il est dans les 5 premiers en termes de jetons.
Le changement de table ne s’avère pas prolifique. Un gros tapis est présent, agressif, désagréable, mauvais perdant : la joie dans ce genre de tournoi convivial ! Celui-ci prend d’ailleurs un bad beat à l’arrivée de yeO et part en tilt. Avec 
, Amaury paye d’ailleurs facilement le deuxième all-in d’affilée du joueur qui retourne 
. Le flop 

ne sera pas amélioré et la chute est terrible pour Amaury : 12000 jetons, moins de 10BB.
Quelques mains plus tard, un 
en milieu de parole, idéal pour envoyer tapis et essayer de voler ou de doubler… La petite blind paye avec un air attristé pour lui… Il retourne 
mais dit « ta main est à accident… » Il ne pensait pas si bien dire : flop 

, turn
river
. Une quinte sortie de nulle part… Le poker, ce n’est pas que de la théorie et des statistiques, il y a vraiment un facteur chance ! (Notons ici que les probabilités pré-flop étaient à plus de 75% en faveur de 
).
Par la suite, ça stagne autour des 20000 jetons. Les blinds sont à 1500/3000. C’est à ce moment là que la chance décide de revenir et de donner à yeO 
. Il n’a plus qu’à payer un tapis juste avant qui retourne 
. Bonne nouvelle, le board ne donne aucun As et le perdant avait un stack presque équivalent... 37000 chips, 18 personnes, ça commence à sentir bon !
Par la suite Amaury décide de fermer le jeu, reste très calme malgré les relances du joueur au 52. A ce moment là, il n’y a plus grand-chose à faire contre et il vaut mieux attendre… il le fait bien.
Les croupiers arrivent, il ne reste que très peu de personnes. Au moment de la bulle, quelqu’un à la table a 4000 jetons (soit une SB). Lorsqu’il lance tapis, yeO paye avec 
mais c’est sans compter sur notre ami 52 qui relance 20000 (no comment). Il montre 
pendant que le 11ème montre 
, le board ne changera rien et la bulle éclate. Amaury est en finale à Lille la semaine prochaine et je retrouve le sourire. Quant à lui, il ne l’a jamais perdu !
Après quelques photos, la table finale commence pour le principe (seul le premier gagne un trophée spécial). Amaury ayant atteint son objectif pousse tapis avec 
et est payé par 
, le
de la turn annonce la fin du tournoi pour lui.
10ème donc et une place pour la finale régionale de Lille !
Le tournoi aura été vraiment mi-figue mi-raisin, plein de dépit pour l’un et de réussite pour l’autre mais l’essentiel est là : yeO jouera sa place en grande finale sous les couleurs de
aAa la semaine prochaine et moi, je retenterai ma chance à l’étape de Paris le 22 mai avec SirMafioSo, mon autre compère du FPT V de Dijon !
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