1/ Le renouveau de l’ESWC
Innovant, bien pensé, correspondant aux attentes des joueurs, des spectateurs et des partenaires, le concept aura été posé en 2003 au Palais des Congrès du Futuroscope. En somme un principe que maintenant tout le monde s’emploie à reprendre à travers le monde qui s’est inscrit comme un standart dans le monde du sport électronique : Une zone joueur couplée à un espace partenaire et une scène pour les matches à sensation.
Dès l’annonce de Bercy comme lieu sacro saint de la coupe du monde 2006, nous savions que cette organisation serait balayée tout simplement parce que les lieux ne le permettaient pas. Games-services a donc été obligés de revoir sa copie pour nous offrir un ESWC new age, pensé différemment et répondant aux attentes d’une communauté qui a su évoluer et grandir.
Le nouvel ESWC s’est voulu avant tout spectacle. Pour y arriver, Games-services s’est donc mis au travail pour inventer ce nouveau concept : une scène centrale rebaptisée "le ring" où les joueurs étaient disposés face à face filmés et retransmis sur les 3 écrans géants pour que tout le public de Bercy puisse suivre le match. Car le problème principal était bien là : la salle n’était pas en amphithéatre classique mais en ovale. Difficile donc d’apporter au public autant d’informations qu’auparavant. Seuls les spectateurs derrières les joueurs (et avec de bons yeux) pouvaient suivre le point de vue de chaque joueur retransmis sur 5 écrans plasma placés dans leur dos. Sinon, il fallait se contenter d’un seul écran géant équipé du nouveau script de suivi de match développé spécialement pour l’occasion. De ce coté là, rien à dire pour les débutants, le jeu parait beaucoup plus clair. Nous savions à tout moment qui est encore en vie, ce que le joueur avait comme arme mais aussi le score total de la rencontre.
Tout autour de ce ring, étaient disposées les zones de jeu et 3 scènes annexes réservées pour PES, Warcraft 3 et quake 4/trackmania. Une dernière scène servait uniquement pour les commentateurs ainsi que les remises des prix ou encore le show des pompomgirls avant chaque match important.
La zone partenaire n’a pas été oubliée, elle a même été largement améliorée par rapport aux autres années. Une dizaine de stands étaient présents tous aussi impressionnants les uns que les autres ce qui laissait planer une petite odeur d’E3 même si, bien entendu, les deux évènements sont incomparables. Bien que cet espace ne soit pas présenté directement aux visiteurs dès leur arrivée, il n’a pas désemplie du weekend grâce aux animations proposées en nombre largement supérieur comparé à l’édition précédente, au Louvre.
Coté presse, la communauté internationale s’est déplacée en masse pour couvrir l’évènement et disposait comme chaque année d’une zone qui leur était entièrement réservée. la connexion internet n’a cette fois-ci pas fait faux bon et le seul regret que nous avons entendu à de nombreuses reprises, reste le fait de ne pas pouvoir accéder à la zone joueur à part pour les 3 presses partenaires qu’étaient Gotfrag, Esportsfrance et aAa. Mais comme le dit matthieu Dallon dans son interview, les conditions presses étaient exceptionnelles durant l’évènement, bien supérieures à celles que nous avions connu en 2005 où nous avions pu déjà mener notre couverture comme n’importe quel autre site d’information.
Enfin, l’aspect online autrefois domaine réservé aux sites d’information a été cette année trusté par "ARES", la nouvelle plate forme de suivi des matches de la coupe du monde qui s’est avérée d’une efficacité redoutable. Les scores des matches étaient mis à jour en temps réel sur les différents écrans de Bercy mais aussi sur internet. Plus qu’une évolution, c’est une révolution dans le suivi d’une compétition esports puisque c’est la toute première fois que les scores d’une compétition sont disponibles à tout instant et aussi facilement sur un site internet.
2/ Une vision tout en contraste
Après avoir longuement discuté avec de nombreux acteurs du sport électronique ( joueurs, spectateurs...), nous pouvons vous dire que la pensée de l’ESWC 2006 est tout en contraste avec un pourcentage de satisfaits sensiblement équivalent aux déçus. Nous reprendrons donc les idées des personnes interrogées tout en posant notre argumentation sur la question et notre avis.
Pour les joueurs, la plupart d’entre eux ont retrouvé ce qu’ils avaient perdu l’année dernière : une cohésion forte et un évènement qui apporte une touche festive en plus de la compétition. Cette fois-ci, les trajets entre les hotels et bercy se sont déroulés sans encombre et aucun problème majeur n’est à déplorer... A part un et un seul : le bruit. Le choix de games-services de mettre l’accent sur le spectacle mais lorsque vous êtes joueurs, situés à fortiori près des gradins, impossible de manquer le show des pompomgirls qui résonne à fond dans vos oreilles et les commentaires des matches sur la grande scène. Est-ce aux joueurs de gérer toutes ces situations ? Est-ce à l’organisation de trouver le meilleur compromis ? Il est difficile de répondre à cette question tant ce concept est encore jeune; Quoi qu’il en soit, s’il s’avère être renouvelé, il faudra s’attarder sur ce problème qui apparait de manière récurrente.
Au niveau du public, la vision est encore plus contrastée. Lorsque l’on s’intéresse à l’avis des personnes les plus impliquées dans la communauté, leur réponse change rarement : ils n’ont que peu apprécié cet ESWC. Les causes qui reviennent le plus souvent sont : l’éloignement des joueurs par rapport aux gradins, le faible suivi des matches, des commentaires très difficiles à suivre dans la salle, des joueurs inaccessibles... A cela, nous ne pouvons rien reprocher à games-services. Nous pensons réellement que les gradins permettaient de suivre les matches en cours bien mieux qu’au Louvre entassés derrière des barrières de sécurité.
Pour les autres, ils ont surtout été surpris par l’ambiance qui régnait dans le dome et le dispositif mis en place. Le public a tout simplement été l’un des acteurs de la réussite des joueurs français lors de cet évènement. Jamais une compétition Esports n’a provoqué autant d’émotion lors d’un match sur scène, émotion que j’avais personnellement ressenti pour la première fois en 2003 au Palais des Congrès du Futuroscope et que j’ai retrouvé sur cet évènement.
Coté spectateur, Notre vision reste claire pour cet ESWC : la mise en spectacle est une réussite même si elle est encore perfectible notamment pour le son et le temps d’attente entre les différents matches sur scène. Pour combler l’ensemble des visiteurs, il manquait une zone mixte où joueurs, spectateurs, journalistes pouvaient se rencontrer, comme dans les couloirs de l’ESWC 2005, au Louvre.
3/ Jusqu’ou ira-t-on ?
Et maintenant ? Bien que de nombeuses personnes émettent une vision contrastée de l’évènement, on ne peut pas dire que Games-services n’a pas encore une fois gagné son pari en réunissant dans un même lieu des milliers d’amateurs (et de curieux) intéressés par le sport électronique. Le coté "pro" qui s’est dégagé (on oubliera la cérémonie d’ouverture catastrophique) de l’évènement en a certainement refroidi plus d’un qui n’ont pas vu tous les efforts qui ont du être mis en place pour garantir un tel spectacle.
Alors maintenant, il ne reste plus qu’une seule chose à faire pour l’ESWC : s’expatrier. Après 4 ans en France, la communauté sature et les 5 victoires françaises n’ont certainement pas calmé les foules. En plus de cela, les sponsors doivent sûrement vouloir apposer leur marque dans d’autres pays ce qui va pousser les organisateurs à changer de lieu. Cela fait de toute facon quelque temps que tout le monde y pense, l’heure approche et l’année de la rupture avec la France est on ne peut plus proche...
Modifié le 17/04/2019 à 12:57
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Joli dossier
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Magnifique coverage
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