2004 ou le rééquilibrage de la scène CS.
Si les victoires des SK.swe lors des grands championnats leur avaient permis d’asseoir leur domination dans la discipline et de forcer l’intégralité de la communauté à accepter ce leadership, il n’en est rien en cette saison 2004. Schroet Kommando.swe, malgré sa structure stable et son abondance de sponsors, n’a gagné aucune compétition majeure cette année. L’hégémonie du célèbre clan suédois s’effondre t-elle et quelles en sont les raisons?
Lors de l’ ESWC, la défense dynamique des virtus.pro a stoppé leur parcours dans un arbre à élimination directe tant redouté... Les SK.swe concédaient lors de ce match couperet sur de_dust2 leur second revers de la compétition après avoir été battus une première fois par les Factory sur de_nuke, pourtant considérée comme leur map de prédilection avec de_inferno, mais c’était sans compter sur l’excellente prestation livrée par les français, Yorlin en tête.
L’arbre final, libéré des équipes de gros calibre laisse le champ libre aux danois des Titans qui remportent la Coupe du Monde grâce notamment à leur faculté à ne pas chuter face à des équipes dont l’organisation est parfois aléatoire, comme les TSG ou les virtus. Les danois ont prouvé leur solidité mentale en résistant aux tombeurs des SK.swe et des NoA, ainsi qu’au retour des Spixel, leurs adversaires finalistes. A noter lors de cette compétition que le Top 4 n’est quasiment composé que d’équipes n’étant pas favorites.
Les Titans lors de leur victoire @ ESWC 2004
L’ESWC voit la victoire des challengers, qu’ils s’agisse des Titans, que peu pronostiquaient vainqueurs, des suédois du cybercafé spiXel ou encore des russes de virtus.pro. Rappelons que la plupart des sondages au sein des différentes communautés annoncaient SK.swe, NoA, ou encore les anciennes formations telles que Adrenaline/Team9 ou mousesports.
Le second événement de l’été 2004, la CPL Summer Extreme, ne modifie pas cette nouvelle donne. Ni SK.swe, ni NoA, ni même les Titans pourtant propulsés au sommet de la hiérarchie mondiale ne parviennent à s’imposer. Ce tournoi aura été marqué par la grâce d’une équipe, survolant la compétition, les suédois d’ Eyeballers. Ceux-ci n’ont concédé aucune défaite, et à l’image de leur victoire sur les SK.swe lors de la grande finale, ils ont laissé leurs adversaires très loin d’eux, tant au niveau du score que du jeu produit.
Les EYEBALLERS sur le podium de la CPL Summer 2004
Cette CPL nous apporte un enseignement, le top-niveau international est désormais tellement resserré que chacune des vingt voire trente meilleures équipes mondiales, est capable de jouer les premiers rôles lors d’une LAN internationale comme la CPL ou les WCG.
Comment pourrait t-on à l’heure actuelle établir un topo, voire un état des lieux de la scène CS?
Scandinavie
Si la domination scandinave reste effective, les noms changent, exit les GoL ( désormais Begrip ) et les Team9/Adrenaline, pour voir arriver au premier plan des formations jeunes et récentes mais qui sont on ne peut plus dangereuses, pour n’en citer que quelques unes, Gamers.nu ou caYa ainsi que les équipes représentant les cybercafés de Stockholm: ownage, Highland et bien sûr spiXel. Le Danemark et la Finlande ne sont pas en reste avec The Titans pour le premier et Astralis et Destination Skyline pour la seconde.
Il est nécessaire de préciser que ces clans scandinaves occupent la haut du tableau mondial et qu’il s’agit probablement de la constante principale de ces dernières mois.
Allemagne
Dans "le reste" de l’ Europe ont retrouve bien sûr l’ Allemagne qui malgré un potentiel énorme peine à positionner des équipes au sommet de la hiérarchie ne serait-ce qu’européenne : Les mouz toujours bien placés ne sont jamais gagnants tandis que OCRANA ou aTTaX passent rarement le stade des poules ou des premiers tours des brackets. Les principaux clans allemands montrent une singulière incapacité à se maintenir au top, qu’il s’agisse de problèmes internes à l’équipe entraînant l’instabilité du roster ou de contre-performances lors des championnats. Espérons que le renouveau apporté par les transferts de l’été, et l’arrivée des nouvelles compositions de Team64, mTw et OCRANA redonneront à l’Allemagne de sa superbe.
Russie
Seule communauté extra-scandinave a avoir réellement fait ses preuves dans les grandes compétitions, la Russie est un vivier de joueurs exceptionnels mais les résultats de ses équipes sont ponctuels ( récente performance des virtus.pro ou victoire des M19 lors des WCG 2002 ).
Royaume-Uni
En Angleterre, les 4Kings n’ont rien gagné depuis des mois, ils ne parviennent même pas à s’imposer lors des qualifications CPL ou ESWC locales, ce clan semble en déclin, et ni les TAG, ni les Forsaken.uk et autres =WOLF= ne semblent en mesure de prendre dignement leur succession.
France
Pour ce qui est des performances de la scène française au niveau mondial, il semble que le top4 français ( probablement composé de GG, aAa, aT, Factory dans l’ordre ou le désordre selon les périodes ) est capable de bien se positionner voire de jouer les troubles-fête mais leurs chances de s’imposer restent maigres. Rappelons qu’aucune grande compétition n’a jamais été remportée par une formation française, malgré de beaux résultats des aAa ( CPL Cologne) ou des goodgame. Les modifications apportées cet été aux différentes équipes risquent toutefois de relever le niveau français.
Pour conclure avec la scène européenne, revue de détail des communautés mineures, elles possèdent chacune un clan dominateur sur son propre sol mais rarement à l’échelle supérieure. Il s’agit des X6tenSe ( ex. eu4ia ) pour l’ Espagne de Quit.Reality pour l’ Italie, des CUM.aT ( ex. SSV.Lehnitz ) pour l’ Autriche, des AMD.Cyberteam pour la République Tchèque, ou encore des CNN pour la Pologne.
Amérique
Il existe sur le continent américain une réelle culture du jeu, mais différente de l’européenne. Il semble que les disparités en matière de relations internationales aient aussi trait au sein de l’e-sport, les américains organisent leurs propres compétitions et se préoccupent peu des évènements outre-Atlantique, sauf lorsque ceux-ci sont d’envergure internationale ou lorsque les cashprizes sont intéressants. Les formations telles que United 5, Rival, TEC ou NoA comptent démontrer la qualité et la richesse en matière de joueurs du continent nord-américain, cela reste toutefois au niveau des joueurs, car les clans sont réputés pour leur instabilité et leurs stratégies souvent peu élaborées. Seuls les 3D font exception à cette tendance mais leurs résultats récents ont montré qu’ils prenaient la même direction que les 4Kings, c’est à dire un clan oldschool qui est célèbre grâce à son nom et non ses récentes performances.
Deux nations se détachent également de l’autre côté de l’Atlantique, le Brésil avec les mibr et les g3x ( Tous deux dans le top 12 CPL Summer 2004 ) et à une échelle moindre le Canada avec notamment nerve, Evil Geniuses ou HEAT / ex.rS Gaming ( ces deux derniers auteurs d’un bon parcours lors de cette même CPL summer, mais dans le loser bracket ).
Asie
Reste le continent asiatique, ou les équipes CS participent peu aux grandes compétitions et sont méconnues. Le potentiel est pourtant énorme même si il est vrai que certains gouvernements ( cf la Chine ) voient d’un mauvais oeil l’e-sport, ce qui handicape considérablement l’expansion de la discipline, et cantonne les joueurs à des évènements underground. Tandis que dans les pays asiatiques plus libéraux comme le Japon et la Corée du Sud, la communauté se développe à grand train.
Les causes de ce rééquilibrage du plateau CS et de l’émergence d’équipes au plus haut niveau en quelques mois sont simples. Elles sont le résultat de l’évolution de jeu, les stratégies sont de plus en plus accessibles grâce aux HLTV, ainsi les adversaires de SK.swe connaissaient parfaitement leurs stratégies de base et positions classiques par exemple. Ceci est également dû à la multiplication des grandes lans continentales et internationales et de l’effet sponsoring ( cf. les explications de BadGui dans sa colonne de juillet ).
Les grands championnats possèdent des phases qualificatives propres et étalées afin de couvrir un territoire plus large afin que chaque équipe aie une chance de se qualifier. Le fait que ces compétitions se démocratisent et gagnent en accessibilité est un facteur indéniable du rééquilibrage de la scène. Les sponsors qui accompagnent un grand nombre de clans améliorent leurs conditions de préparation et leurs permettent de participer aux lans en leur évitant les préoccupations budgétaires. SK.swe n’est plus désormais l’unique formation organisée, l’essentiel des teams prennent ce chemin. D’oû le nombre grandissant d’équipes capables de s’imposer lors des grands évènements et l’appât de gains exponentiels n’y est pas étranger. La conception du jeu par les joueurs a dépassé le simple hobby et c’est désormais de discipline phare de l’e-sport que l’on doit qualifier CS.
Les prochains WCG infirmeront peut être cette analyse mais toujours est-il que c’est la tendance actuelle, et que Counter-Strike est plus que jamais un jeu oû les compétitions sont très ouvertes et bien malin sera celui qui pourra pronostiquer à coup sûr le vainqueur des prochains WCG.
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
mibr =)
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
tu fais ton malin la qd même :]
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
Je tente de décridibiliser ton article =) j’crois que ça marchera pas mais bon faut essayer ! =P
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
PS : je trouve ca completement con de changer de nom de team ( eu4ia -> x6tence , SSV Lehnitz -> CUM.at ) parskeu ca aide vraiment pas la popularité des teams , apres fo pas s’etonner keu les gars disent " j’connais SK , NoA et apres..."
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
Tu es dans ton clan X, y a un gros fabriquant par exemple samsung qui te propose un bon contrat par exemple 1000€/mois a ce moment la tu fais quoi ? tu preferes rester clan X ou alors Team Samsung.fr ?
Voila j espere que ca t aideras a mieux comprendre un peu la situation ;)
Modifié le 17/04/2019 à 12:48
Modifié le 17/04/2019 à 12:48