C’était en 2005. L’allemand cRZYFST (prononcez crazyfist) nous sortait Confusion Bay, une fragmovie réunissant un paquet de stars de Counter-Strike. Cette video eut son petit succès, mais pas de quoi bousculer les esprits pour lesquels la référence restait Ruination, sortie un an plus tôt. L’année suivante, le moviemaker allemand nous sort sa première vraie tuerie : Mourning Walls Collapse. Avec cette fois une petite dose de joueurs peu connus, MWC devient une des meilleures fragmovies à effets sorties jusque là et connait un succès planétaire.

 

En 2007, il surenchérit avec Eve, une video d’un concept nouveau. Dans celle-ci, toutes les séquences sont parfaitement synchronisées et l’alternance de rythmes est légion. Le moviemaker fait vivre au spectateur des émotions nouvelles grâce à un savant mélange entre musiques originales parfaitement synchronisée, frags de folie et mélanges de couleurs intéressants. Bref, il réussit avec Eve une vidéo au fond novateur grâce à une forme qui l’est tout autant. L’objet de cette brève n’est bien évidemment pas le résumé de son parcours, mais la sortie de sa nouvelle fragmovie et qui est et restera sa dernière (exception faite d’ O’fRoD, The Aftermatch). En effet, Klaus "cRZYFST" Müller fait aujourd’hui ses adieux avec OnePointSix, une vidéo plus que singulière. Commençons par les frags : il s’agit d’une anthologie d’actions connues, donc déjà apparues pour la plupart dans d’autre fragmovies. Côté effets visuels, c’est simple, ils sont absents. Les actions sont donc bien plus appréciables et compréhensibles pour celui qui les regarde. Tout est fait pour montrer que l’intérêt ne se trouve plus dans le frag en lui-même, mais dans l’action dans son entièreté.

En allant dans ce sens, le moviemaker va à contre-courant de ce qu’il a fait dans le passé, et plus largement à contre-courant de ce qui se fait depuis plusieurs années dans le milieu (Around the World étant certainement la meilleure exception à cette affirmation). Le concept de fragmovie redéfini en somme. Tout cela est bien sûr présenté sous une forme quasiment parfaite : des images colorisées à la Eve, une fluidité parfaite, une synchronisation présente mais discrète (ndlr : à ce propos, deux streams audios avec musique sont inclus, et un troisième dépourvu de musique) et une qualité plus que correcte. Si vous avez vu Annihilation II, attendez-vous à une opposition de style. Ne cherchez pas non plus d’introduction comme on en voit depuis des années : la séquence titres dure 15 secondes. L’outro est courte et sombre, et réunit des mouvements de caméra lents sur de_train, de_inferno, de_nuke et de_dust2. Si ce n’est pas symbolique... Trois mots pour la conclure, et rien de plus : one point six.


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