Historiquement liée à League of Legends, la structure sud-coréenne T1 envisage sérieusement de se lancer sur Counter-Strike 2. Son COO, Josh Ahn, a confirmé que le soutien du programme partenaire de l'Esports World Cup sert de tremplin financier pour cette expansion vers de nouvelles disciplines.

L'Esports World Cup : un levier stratégique vers de nouveaux horizons

L'organisation sud-coréenne T1, acteur majeur de l'esport mondial notamment grâce à son parcours sur League of Legends, s'apprête à entamer un tournant dans sa stratégie de développement. Longtemps concentrée sur le MOBA de Riot Games et portée par la notoriété de son joueur emblématique Faker, la direction du club affirme désormais sa volonté de diversifier ses investissements sportifs. C'est lors d'une récente prise de parole fin avril 2026 que le directeur de l'exploitation de T1 a officialisé l'intérêt de la structure pour de nouvelles licences, ciblant particulièrement Counter-Strike 2.

Cette annonce a été formulée lors d'une session de présentation dédiée au programme "CPP 2026", une initiative dotée de 20 millions de dollars visant à soutenir financièrement quarante clubs d'esport à l'international. Selon les informations rapportées le 27 avril par le média spécialisé Inven Global, le COO de l'organisation, Ahn Woong-ki, a expliqué que l'encadrement économique offert par l'Esports Foundation (les organistateurs de l'Esports World cup et l'Esports Nations Cup) agit comme une base solide pour le club. Il a notamment déclaré : « Le soutien de l'Esports Foundation est devenu un ancrage solide, nous permettant d'envisager de nouveaux jeux comme Counter-Strike et Dota. L'EWC est bien plus qu'un simple tournoi pour notre structure, c'est un véritable point d'expansion commerciale. »

Cette démarche d'ouverture s'inscrit dans un plan plus large, dont l'objectif affiché est d'atteindre une valorisation d'entreprise d'un milliard de dollars. Pour y parvenir, le club a identifié la nécessité de s'affranchir de sa dépendance presque exclusive aux performances de sa section League of Legends. Le dirigeant a justifié cette position en soulignant : « Si nous voulons atteindre ce palier financier symbolique, il est impératif de diversifier nos actifs. Nous devons établir une présence pérenne et compétitive sur les autres piliers historiques de l'esport. » S'implanter sur l'écosystème du FPS de Valve représente donc un mouvement stratégique assumé pour capter de nouvelles audiences et consolider sa présence mondiale.

Le choix stratégique du futur effectif

Les déclarations du dirigeant ont rapidement fait réagir la sphère esportive, ouvrant le débat sur la forme que prendra cette future équipe. Disposant d'un capital d'investissement important, T1 se retrouve face à deux options stratégiques principales. La première consisterait à faire l'acquisition d'un effectif européen déjà ancré dans le haut du classement mondial, une approche qui garantirait une compétitivité immédiate sur le circuit international. Des structures régulières du top mondial sont d'ailleurs déjà évoquées par les analystes comme des cibles de rachat potentielles.

La seconde approche envisagée serait un ancrage régional en Asie. En construisant un projet autour de talents locaux, T1 pourrait profiter des places qualificatives allouées à cette région lors des tournois majeurs, tout en jouant un rôle moteur dans la redynamisation de la scène Counter-Strike asiatique. Bien qu'aucune signature de joueur n'ait encore été officialisée, la volonté d'expansion de T1 est désormais publique et place l'organisation au centre des attentions pour les prochaines périodes de transferts.

Dans tous les cas, cette démarche s'inscrit dans une politique d'expansion globale déjà entamée par le club. Bien qu'essentiellement connue pour League of Legends, la structure sud-coréenne maintient des effectifs compétitifs sur d'autres jeux majeurs tels que Valorant, Super Smash Bros ou encore Teamfight Tactics. Cependant, T1 sait par expérience que l'intégration d'un nouvel écosystème reste un exercice d'équilibriste. Fin 2024, l'organisation avait en effet amorcé une tentative d'incursion sur la scène Rocket League, un projet de recrutement qui n'avait finalement pas abouti face à un marché complexe. La direction de T1 devra donc capitaliser sur cet échec passé pour s'assurer que cette arrivée sur Counter-Strike 2 se concrétise et structure durablement la croissance économique du club lors des prochains mercatos.