Quelques minutes après la victoire nette et sans bavure de Team Liquid contre la Karmine Corp au deuxième tour du Losers' Bracket du Play-In, l'entraîneur en chef Spawn s'est posé au micro de Hotspawn. S'il a salué la montée en puissance de son collectif, le technicien australien a surtout profité de l'occasion pour mettre en avant le travail titanesque de son staff, détailler la métamorphose de l'identité de son équipe face à la meta ultra-rapide de 2026, et conclure sur une déclaration qui ne manquera pas d'enflammer les débats de la communauté.

L'ajustement de CoreJJ et le travail de l'ombre du staff

Si la veille avait mis en lumière la performance de la botlane, ce Bo5 face au représentant européen a été dicté par la domination du trio mid-jungle-support. Au micro du média Hotspawn, Spawn n'a pas caché sa satisfaction face à l'autorité affichée par Josedeodo sur Lee Sin et la capacité de réaction immédiate de CoreJJ après la première manche : « Josedeodo a vraiment très bien joué. Quant à CoreJJ, il était absolument partout, là où je voulais qu'il soit. Lors de la première partie, il a senti que Busio avait un temps d'avance sur lui. En revenant dans la salle, il a tout de suite demandé à voir les timers pour corriger le tir et être plus rapide. On a tout revu ensemble et il a livré une suite de série fantastique. »

Cette préparation minutieuse est le fruit d'un effort collectif que l'entraîneur en chef a tenu à attribuer à ses adjoints, Spooks et Haitham, estimant avec humour que son staff le « carry » actuellement : « C'est la marque de fabrique de Team Liquid : on s'assoit et on décortique chaque petit détail du jeu. Il faut souligner que Spookz s'occupe des drafts en ce moment et son travail de préparation est tout simplement dingue. Chaque jour, il est déjà dans la pièce à échanger avec les joueurs. De son côté, Haitham gère le scouting et les analyses de manière formidable. Par exemple, l'invade au niveau 1 contre T1 lors de notre premier match, c'était entièrement son idée. Ils me font passer pour un excellent coach. »

La métamorphose de Team Liquid face au tempo de 2026

Interrogé sur l'évolution du style de jeu de la structure nord-américaine, historiquement connue pour sa lenteur et son contrôle étouffant, Spawn explique que l'intégration de profils explosifs a forcé l'équipe à revoir ses fondamentaux pour coller aux exigences internationales : « Par le passé, nous avions un style de jeu très axé sur l'asphyxie. On sécurisait notre jungle, on s'installait dans celle de l'adversaire et on contrôlait la zone pour provoquer des combats. Avec Jose, c'est très différent. Il voit un adversaire sans flash et il dit : "Je vais le tuer". Nous devons être capables de maîtriser ces deux visions, de savoir quand ralentir le rythme et quand accélérer à la moindre opportunité. Jose insuffle vraiment cette dynamique. »

Une accélération indispensable selon lui pour rivaliser en 2026, une année où le rythme des parties s'est considérablement durci sous l'impulsion des meilleures formations du globe : « Les meilleures équipes du monde jouent vite aujourd'hui, et les fans adorent ça. Ce sont elles qui dictent la meta. Quand nous étions au sommet en LCS, nous versions dans un style très lent, et FlyQuest a fini par nous dépasser en se l'appropriant. Désormais, le sommet international impose de la vitesse. Soit vous vous adaptez et vous répondez au tempo, soit vous perdez. »

Entre gestion des ego et déclaration de guerre au LEC

Souvent qualifié de « bourreau du LEC » sur les forums en raison de son bilan flatteur de 8 victoires pour 2 défaites face aux équipes européennes ces dernières années, Spawn préfère tempérer ce statut, tout en rappelant la fierté de défendre sa région : « Je ne me vois pas comme ça, d'autres équipes ont réussi à les battre aussi. Mais ce qui est sûr, c'est que nous mettons un point d'honneur à traiter chaque confrontation face à l'Europe avec le plus grand sérieux. Nous en tirons une grande fierté, c'est crucial pour les LCS. Peut-être que le vrai tueur de l'Europe, c'est CoreJJ, pas moi. »

Pour conclure l'entretien, relancé sur son habitude d'alimenter les conversations animées en ligne, Spawn n'a pas hésité à lâcher le pavé dans la mare qu'attendaient les supporters d'outre-Atlantique avant le choc décisif pour une place au Bracket Stage : « Si vous voulez un avis tranché pour terminer : l'Amérique du Nord est actuellement meilleure que l'Europe. Je pense sincèrement que c'est une réalité aujourd'hui. On va laisser les commentaires lancer les hostilités et on verra bien où cela nous mène. »