Battue 3-1 par G2 Esports lors du troisième tour du Losers' Bracket du MSI 2026, T1 prend la porte du tournoi avant d'atteindre le dernier carré. Au micro du journaliste Cloud Sidky, le support Keria est revenu sur les raisons de ce naufrage. Loin de fuir ses responsabilités face aux critiques sur les drafts, le joueur coréen a également évoqué sa vision singulière de son rôle, son rapport à la pression, et l'échéance toute proche de l'Esports World Cup.

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Une défaite au goût amer malgré un plan de jeu clair

Si la majorité des observateurs et des fans plaçaient T1 en favori logique de cette confrontation face aux Européens, Keria assure ne prêter aucune attention aux pronostics. La désillusion n'en reste pas moins immense pour le support, qui estime que l'équipe a laissé filer le match entre ses doigts à cause de lacunes dans l'exécution, comme il a expliqué au micro de Cloud Sidky : « Je pensais que nous avions bien préparé le match d'aujourd'hui. Le déroulement de la série s'est d'ailleurs passé à peu près comme nous l'avions prévu, mais dans le feu de l'action, nous n'avons pas réussi à maîtriser la situation. Nous avons continué à faire des erreurs et, au final, nous avons perdu une partie que nous n'aurions vraiment pas dû perdre, c'est donc très décevant. »

Depuis le début du tournoi, le coaching staff et les joueurs de T1 essuient de nombreuses critiques concernant leurs phases de sélection des champions. Beaucoup d'analystes leur reprochent de privilégier des choix de confort individuels au détriment de la synergie globale de l'équipe (team comp). Une théorie que Keria réfute catégoriquement : « Je ne pense pas que notre équipe se soit jamais retrouvée dans une situation où nous ne pouvions pas draft quelque chose par manque de maîtrise, ou bien où quelqu'un devait absolument jouer un champion en particulier juste parce qu'il se sentait plus à l'aise dessus. »

Il concède cependant que l'équipe a mis du temps à trouver son identité dans cette meta internationale : « Au début, quand nous avons affronté BLG, ou plutôt jusqu'à notre précédente série, je pense que nous n'avions pas encore totalement défini nos compositions d'équipe ni notre direction globale. Mais aujourd'hui, j'ai vraiment eu le sentiment que tout s'est bien mis en place d'un point de vue collectif. »

Le secret de sa longévité et l'art de « cuisiner »

Considéré comme l'un des meilleurs joueurs du monde à son poste depuis plusieurs années, Keria a révolutionné le rôle de support. Questionné sur la façon dont il parvient à maintenir un tel niveau de performance là où d'anciennes légendes (comme Mata ou Meiko) ont connu de fortes baisses de régime, le joueur fait preuve d'une grande humilité, attribuant une part de son succès à ses coéquipiers : « Pour être honnête, nous sommes tous humains, je ne pense pas qu'il soit possible d'être toujours à son meilleur niveau. J'ai clairement eu des saisons où je ne jouais pas mon meilleur League of Legends. Mais quand c'était le cas, mes coéquipiers jouaient si bien qu'ils ont probablement rendu mes lacunes moins visibles. »

Connu pour ses choix de champions atypique, Keria est souvent qualifié de joueur qui « cook » lors des drafts. Cloud Sidky a d'ailleurs fait un clin d'œil humoristique à un ancien vlog de T1 où le joueur prenait de véritables cours de pâtisserie. Amusé, Keria a remis les choses dans leur contexte : « Je n'ai pris ce cours de pâtisserie qu'une seule fois pour une vidéo YouTube de T1 il y a quelque temps ! Quant aux différents champions que je joue, je ne sais pas exactement quand j'ai réalisé que je pouvais jouer ce rôle différemment. Depuis que je suis pro, s'il y a quelque chose que je veux essayer, je l'essaie, tout simplement. »

Une pression relativisée et le cap sur l'Esports World Cup

Évoluer sous les couleurs de T1 impose une pression médiatique et sportive écrasante. Pourtant, le support coréen garde la tête froide et un certain recul sur son statut. Une philosophie de vie étonnamment mature pour gérer la tempête actuelle : « J'ai toujours aimé ce que je fais. De telles opportunités ne se présentent pas si souvent. Et honnêtement, je ne pense pas que le métier de joueur pro soit stressant de manière unique. Peu importe ce que vous faites ou la vie que vous menez, tout le monde a son propre stress. Je n'ai donc jamais vraiment pensé que, sous prétexte d'être un joueur pro, je subissais une pression injuste ou démesurée. »

Avant de quitter la scène, et en glissant au passage qu'il n'avait toujours pas pu prendre sa fameuse photo avec Fengyue, le support de TES, Keria a tenu à adresser un message aux supporters de T1, qui attendaient beaucoup de ce tournoi à domicile : « Je sais que beaucoup d'entre vous attendaient ce MSI avec impatience, je suis donc vraiment désolé que nous n'ayons pas pu répondre à ces attentes et que nous ayons été éliminés. L'Esports World Cup arrive la semaine prochaine, nous allons donc travailler dur pour revenir avec un meilleur niveau de jeu. »