À l'issue de la 3e semaine du LEC Versus, Kameto s'est exprimé sur sa chaîne Twitch pour faire le bilan des performances de la Karmine Corp. Si les résultats sont au rendez-vous, le CEO s'attarde surtout sur l'évolution du style de jeu de Yike, l'éthique de travail du groupe et l'importance de rester lucide face aux succès actuels.

La métamorphose de Yike : apprendre à être égoïste

L'un des points centraux de l'analyse de Kameto concerne l'évolution de son jungler, Yike. Souvent loué pour son altruisme et sa capacité à se sacrifier pour ses coéquipiers, le joueur a dû opérer un changement radical pour s'adapter à la méta actuelle et aux exigences de son coach, Reapered. Kameto explique cette transition nécessaire : « Yike donnait pour sa team, encore et encore, et après on se retrouvait en teamfight avec un déficit soit de tankiness, soit de dégâts. [...] Il fallait qu'il réapprenne à jouer pour lui. »

Ce travail de fond, orchestré par Reapered, a consisté à reprogrammer les instincts du joueur. Même lorsque l'équipe menait, le coach insistait pour que Yike capitalise sur ses ressources plutôt que de les partager. « Plein de fois, il l'a attrapé dans des games où on stomp [...] en mode "Frérot, tu ne peux pas laisser ce camp-là, tu as un lead, va voler la jungle". [...] Va manger, va manger, va manger ! », raconte Kameto. Le résultat est probant : Yike enchaîne les performances de haut vol, illustrées par un avantage colossal lors de la dernière rencontre. « Je pense que c'est le plus gros lead de l'histoire dans une game en jungle, 9 000 gold », s'enthousiasme le fondateur de la KC.

Une culture de la review et du collectif

Au-delà des performances individuelles, c'est l'attitude studieuse du nouveau groupe qui impressionne Kameto. Il décrit une équipe qui "bouffe" de l'analyse vidéo et des reviews en permanence, organisée par affinités et synergies. Il détaille ces groupes de travail : « Ils se bouffent vraiment énormément de reviews après les défaites ou les victoires. La botlane ensemble, Yike et Busio ensemble, Kyeahoo et Canna ensemble... Ils se renvoient la balle non-stop. »

Si le talent brut est indéniable, Kameto refuse de s'y reposer. Il balaye d'un revers de main les discussions sur le classement individuel de ses joueurs pour se concentrer sur la cohésion : « Individuellement, on a potentiellement les meilleurs joueurs de la ligue à chaque poste ou top 1, top 2... On s'en bat les c****** des débats. [...] Tu vas gagner plein de games comme ça, mais tu ne vas pas aller loin comme ça. Eux, ils veulent juste qu'on joue bien en team. » Cette rigueur collective permet notamment à l'équipe de dérouler son jeu dès qu'elle prend l'avantage, un signe de maturité tactique que Kameto apprécie particulièrement.

Rester humble avant les tempêtes

Malgré l'euphorie ambiante et les bons résultats, le fondateur de la Karmine Corp garde les pieds sur terre. Il rappelle que la défaite contre Vitality, à cause notamment d'une mauvaise draft et d'une mauvaise exécution, a servi de leçon et que le véritable test pour cette équipe sera sa capacité à gérer l'adversité.

Il conclut avec philosophie : « C'est le début, ça se passe bien, on snowball... Mais on verra dans les moments où ça se passera mal comment l'équipe va se relever. C'est là que tu vois si tu as une grande équipe ou pas. Quand tout se passe bien, on est tous heureux, on sourit, tout est simple... » Une manière de prévenir les fans : le chemin est encore long, et la solidité de ce roster se jugera autant dans les moments difficiles que dans les victoires écrasantes actuelles.