L'aventure s'arrête aux portes du top 3 pour GiantX. Éliminés par la Karmine Corp dans le lower bracket des playoffs du LEC Spring Split 2026, les hommes de Guilhoto ne verront pas la finale. Le head coach portugais s'est confié au micro du média Hotspawn pour dresser le bilan de cette série frustrante, justifier ses choix de draft audacieux face à la KC, et évoquer l'ombre du mercato à l'approche du Summer Split.

Une défaite au goût amer et une précipitation fatale

Au micro d'Hotspawn, Guilhoto a eu du mal à cacher sa déception, pointant du doigt le manque de confiance de ses joueurs dans les moments clés, notamment lors de la première manche qui semblait pourtant à leur portée : « Honnêtement, je trouve que la game une était gratuite, mais on s'est un peu trop précipités. Je pense que quand on joue contre ces équipes du haut de tableau, on a un peu trop le réflexe de start le Nashor comme solution par défaut. Hier contre Vitality, que ce soit dans les games où on était devant ou derrière, on n'était pas aussi pressés. Évidemment, la KC est une bien meilleure équipe que Vitality, mais je trouve que notre plan de jeu était étrange sur cette partie. C'est plus ça que de la simple déception. On n'y a probablement pas assez cru. »

La draft Mel-Shen : un choix parfaitement assumé

Interrogé sur le choix surprenant de la botlane Mel et Shen lors de cette fameuse première game, souvent pointée du doigt après de multiples éliminations, le tacticien portugais a défendu sa stratégie avec conviction. Pour lui, ce duo était la réponse idéale aux forces de la Karmine Corp : « Non, je pense que la draft était parfaite. Elle correspondait exactement à l'idée de ce qu'on voulait mettre en place. Je trouve que parmi ce top 3, la KC a la botlane qui joue le mieux les matchups standards et le moins bien les matchups non conventionnels. C'était un peu notre lecture de la situation. »

Il dédouane d'ailleurs son champion des erreurs individuelles commises sur la carte : « On a été capables de faire beaucoup d'actions avec Shen. Peut-être que Camille aurait été mieux, mais je pense que Shen correspondait bien à ce qu'on prévoyait de faire sur le haut de la carte. Et puis, Noah s'est fait catch sur Aphelios et sur Ezreal aussi par la suite, donc Mel n'était pas la raison pour laquelle il se faisait attraper. L'idée derrière tout ça, c'était d'éviter un matchup conventionnel contre leur botlane, surtout parce qu'ils ont une énorme priorité sur Ashe-Séraphine, et Mel est le meilleur champion pour contrer ça. L'autre option dépendait d'un potentiel ban sur Nautilus, c'était Ziggs contre Caitlyn, mais on voulait vraiment aller vers ce type de matchups contre la KC. »

Le triangle du LEC et le pronostic pour le MSI

Invité à évaluer le niveau global de la ligue, Guilhoto se montre enthousiaste mais exigeant. S'il salue la régularité de ses bourreaux du jour, il estime que la Karmine Corp a encore du pain sur la planche pour briller à l'international face aux deux autres mastodontes du LEC : « Je pense que le niveau a augmenté. En réalité, je trouve que la KC ne devrait pas se satisfaire de sa façon de jouer. Ils ont des ambitions qui ne correspondent pas aux nôtres, surtout au niveau international. Nous avons trois équipes vraiment fortes en Europe en ce moment, mais je donnerais l'avantage à KOI et G2. En tant qu'équipes, je trouve qu'elles jouent mieux et ont montré des pics de niveau plus élevés. »

Pour la qualification au Mid-Season Invitational aux côtés de G2, l'entraîneur mise d'ailleurs sur la structure espagnole, tout en soulignant l'équilibre des forces : « Ça va être une série très serrée. Je trouve que KOI match bien contre G2. G2 match bien contre la KC. Et la KC match bien contre KOI. Mais si je devais en mettre ma main à couper, je dirais que KOI ira au MSI. Cela dit, aucun résultat de cette série ne me surprendrait. »

La progression du staff et les incertitudes du mercato

Lors de la saison hivernale, Guilhoto avait été très dur envers son propre coaching staff, le qualifiant de « médiocre ». Le ton est aujourd'hui plus apaisé, saluant le travail de ses adjoints Rhuckz et Maxlore : « C'était un peu mieux cette fois. Loin d'être parfait, car on a manqué de régularité, mais on s'est installés dans le top 4. Rhuckz et Maxlore ont fait du très bon boulot pour aider les joueurs et m'aider moi aussi. On a assuré l'essentiel, on a eu la moyenne, même si ce n'était pas avec mention. On peut évidemment faire beaucoup mieux. »

Cependant, malgré cette stabilité dans le top 4, le coach de GiantX n'écarte aucune piste concernant d'éventuels changements de joueurs (ou de staff) pour le Summer Split, avec en ligne de mire la qualification aux Worlds : « Tout doit être envisagé à ce stade. L'année dernière on finissait en boucle à la 5e place, cette année on a toujours été 4e. Or, trois équipes vont aux Worlds, à moins que G2 ou la KC ne fassent un miracle ou gagnent le MSI. Plus on s'approche du soleil, plus on veut faire les efforts nécessaires pour franchir cette dernière étape. Si on conclut qu'en gardant le même cinq et en restant stables on peut l'atteindre, alors on restera comme ça. Si la conclusion c'est qu'il faut faire un changement pour y arriver, alors on le fera. Le coaching staff est d'ailleurs concernée, littéralement tout est ouvert. »

Saison régulière trompeuse et opinion tranchée

Revenant brièvement sur leur adversaire du tour précédent, Team Vitality, qui avait dominé la saison régulière avant de se faire balayer 3-0 par GiantX, Guilhoto confirme la futilité des premiers classements : « La saison régulière est une donnée trompeuse depuis un moment. Les moments où vous affrontez G2 ou KOI au début du split, quand ils ne sont pas encore à leur meilleur niveau, définissent grandement votre classement. Vitality matchait plutôt bien contre la KC lors du premier match grâce à leur grosse force de frappe individuelle, mais de manière générale, finir premier de la saison régulière n'a jamais permis de remporter le LEC depuis très longtemps, à part pour G2. »

Enfin, le head coach a clôturé l'interview par un hot take bien senti sur la perception de l'esport ibérique à l'échelle mondiale : « Sur la scène internationale de League of Legends, on sous-évalue et on rabaisse l'Espagne bien plus que n'importe quelle autre nation. En Espagne, c'est de notoriété publique, mais au niveau international, on est clairement dévalorisés. »