Avant de faire son entrée en lice dans le Bracket Stage du MSI 2026, BrokenBlade, le toplaner de G2 Esports, s'est confié au micro de Hotspawn. Lors de cet entretien, le joueur est revenu sur la préparation de l'équipe en Corée du Sud, l'impact colossal de Perkz dans le staff technique, sa vision d'une méta particulièrement chaotique, et a même livré son propre classement des meilleurs joueurs à son poste.

Un bootcamp chez T1 et l'expertise précieuse de Perkz

Pour préparer ce tournoi international, G2 a eu le privilège de s'entraîner directement dans les locaux de T1, la structure aujourd'hui sextuple championne du monde. Un environnement studieux qui n'a pas empêché les joueurs de s'octroyer quelques moments de détente bien mérités, comme l'explique BrokenBlade au micro du média Hotspawn : « Nous avons eu une journée de repos très sympa en dehors du bootcamp où nous sommes sortis en équipe à Hongdae. Avec Skew, on a joué aux machines attrape-peluches et on a gagné des figurines d'anime. »

Mais le véritable atout de G2 Esports cette saison réside peut-être dans l'ombre, avec l'intégration de Perkz au sein du coaching staff vers la fin du Spring Split. Une présence qui pousse BrokenBlade à se dépasser au quotidien : « Perkz soulève d'excellents points quand il s'agit d'analyser le jeu. Il m'explique par exemple que dans certaines positions, c'est à moi de carry la partie. J'accorde énormément d'importance à ses retours car il a évolué à un très, très haut niveau. Il comprend les spécificités du jeu extrêmement bien, ce qui lui permet de repousser mes limites, et celles de tout le monde, très loin. »

Une méta chaotique qui récompense la créativité

Alors que la phase de Play-In a déjà offert son lot de surprises, BrokenBlade confirme que les équipes naviguent actuellement dans un environnement de jeu très particulier, dicté par une économie sur-vitaminée : « La méta est définitivement très, très étrange. C'est la plus bizarre que nous ayons eue depuis très longtemps parce que tout le monde génère énormément d'or. Cela permet de jouer beaucoup de choses aléatoires. Les supports sont très contents en ce moment ! On voit des mages au bot, sur la toplane, et plein de supports bizarres en soloQ qui débarquent sur ma ligne pour me gâcher la journée. Ils ont tellement d'or qu'ils finissent par être forts. »

Loin de s'en plaindre, le toplaner de G2 voit cette instabilité comme une véritable opportunité pour les équipes dotées d'une forte personnalité, tout en gardant quelques principes stricts (comme son bannissement permanent sur Zac) : « C'est dans ce genre de méta que l'identité d'une équipe doit briller, car vous êtes totalement libres de jouer ce que vous voulez. Cela rend le jeu plus créatif et plus amusant à regarder. »

Le Top 5 des toplaners et le choc face à TES

Invité à établir son propre classement des meilleurs joueurs à son poste présents au MSI (en s'excluant lui-même), BrokenBlade a livré un palmarès. Pour lui, l'excellence à ce rôle exige d'être aussi performant du côté strong side que du côté weak side, tout en bénéficiant d'un très grand champion pool. Une définition qui justifie la première place incontestable de Bin (BLG) : « Le premier choix est évident. Il est extrêmement solide, c'est le toplaner à battre dans ce tournoi. C'est un grand mur auquel il faut faire face. » Il place Zeus en deuxième position, concédant que son jugement est peut-être biaisé par leurs affrontements passés, mais soulignant que le joueur « a la rage de vaincre en lui ». Doran complète ce podium, le représentant de G2 l'estimant comme « le dernier vrai bon toplaner de la liste », fort de sa longévité au plus haut niveau. Julian et Kana viennent refermer ce top 5, pénalisés par un profil moins complet selon les critères du vétéran.

Le joueur européen se dit prêt à faire valoir son expérience et sa versatilité face à la nouvelle génération : « Je participe à des tournois internationaux depuis très longtemps et je suis là pour gagner. Mon champion pool est très profond, j'ai beaucoup de champions dans mon sac. Face aux nouveaux toplaners, ma façon unique de jouer peut les surprendre, ils ont parfois besoin de l'affronter une ou deux fois pour s'y habituer. »

Un regard nostalgique sur League of Legends Classic

Pour conclure l'entrevue, l'annonce récente du mode League of Legends Classic a fait remonter quelques souvenirs au joueur, particulièrement attaché à l'ancienne version d'Irelia : « J'étais fan de l'ancienne Irelia. C'était super cool quand on appuyait sur le Z, que sa lame s'ouvrait et qu'elle infligeait des dégâts bruts. Son étourdissement sur le E était aussi super agaçant pour outplay l'adversaire ! »

Malgré l'enthousiasme généré par cette annonce, BrokenBlade garde un regard lucide sur l'évolution du jeu, se remémorant une époque beaucoup plus artisanale : « Le jeu était très brut à l'époque. Par exemple, je jouais Riven et il n'y avait pas d'outil d'entraînement. Il fallait découvrir soi-même par-dessus quels murs on pouvait sauter, directement en pleine partie. L'effet nostalgie va être génial pour beaucoup de monde, mais je ne pense pas que le mode tiendra sur la durée. Si League of Legends fonctionne si bien aujourd'hui, c'est justement parce que Riot a su développer et améliorer le jeu au fil des années. »