La Karmine Corp s'est imposée 2-1 face à T1 en demi-finale de l'Esports World Cup 2026, validant ainsi son ticket pour la grande finale du tournoi. Après cette victoire retentissante, Zeph, membre du coaching staff, est revenu sur la gestion de la pression lors de la manche décisive, l'évolution de l'équipe depuis son échec au MSI, et ses ambitions pour l'ultime rencontre.

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Maintenir le momentum et préparer la finale

Passée l'euphorie de la qualification, le technicien rappelle que le tournoi n'est pas encore terminé et que le groupe doit immédiatement se tourner vers la prochaine échéance, comme il explique au micro de notre confrère Tipsa. Il refuse d'ailleurs de s'enflammer sur la portée de cette victoire : « Je voulais juste aller voir l'équipe et faire un gros câlin, parce que ça fait plaisir. Je ne sais pas si ça signifie quelque chose, peut-être qu'on va arriver en LEC et se faire éclater par Vitality ou KOI, j'en sais rien. Je dis juste qu'il faut vivre dans le moment présent. Je trouve que nous avons un beau momentum, mais il faut que nous arrivions à le garder pour demain. Le tournoi n'est pas fini. »

Pour aborder la finale dans les meilleures conditions, Zeph impose un cadre strict afin d'éviter toute distraction extérieure : « Toutes les équipes du tournoi, de ce qu'on voit, c'est un jeu d'erreurs. Les parties sont très chaotiques et je trouve qu'on a un peu plus trouvé ce qu'on veut jouer. Du coup, avec nos récents entraînements et puis les matchs contre eux, on est beaucoup plus confiants qu'avant. C'est bien en soi, on a accompli pas mal. Après, voilà, on est dans une finale, et on y va pour la gagner. Il faut se concentrer là-dessus : pas de réseaux sociaux, juste bien dormir, on prépare les drafts et on se lance. De toute façon, il n'y a pas le choix. »

Le chaos de la manche décisive et la gestion de la pression

Interrogé sur le déroulement de la rencontre, le coach souligne la nature impitoyable du format et la manière dont la pression a fini par peser sur les joueurs de T1 lors de l'ultime partie : « Je pense que le format des BO3 est un peu punitif. S'ils ratent une draft, ça nous donne un avantage et en troisième partie, c'est le chaos. On pouvait voir le stress chez eux. Ils devaient gagner, nous allons sur le dragon, ils font des erreurs, des téléportations bizarres ou des ultimes bizarres avec Pantheon. Ça s'est tout de suite vu dans les clics de l'équipe en face que la pression était sur eux. C'est un gros avantage que nous avons : la pression est sur nos adversaires et nous n'avons rien à perdre. »

Face aux adversaires sud-coréens qui les attendent en finale (Dplus KIA s'est imposée 2-1 contre Gen.G), Zeph refuse de s'avouer vaincu d'avance, misant sur l'aspect mental de la compétition : « Que ce soit Gen.G ou Dplus KIA, ce sont des humains. Ils vont peut-être faire des erreurs et nous les détruirons. Pour avoir joué les LCK en scrim, on pourrait croire que ça joue mal mais vraiment ils sont très très solides. Toutes les équipes coréennes du tournoi sont extrêmement fortes et c'est normal qu'ils soient là. On se croit underdog, on se dit qu'ils ne vont pas gagner, mais ce n'est pas de la chance, ils jouent juste bien. Je ne me vois pas du tout favori, je pense que les équipes contre qui nous pouvons potentiellement jouer sont très très bonnes, mais tant que nous ne flanchons pas, il n'y a pas de raison de ne pas y croire. »

 

La revanche post-MSI et l'évolution du plan de jeu

Ce résultat marque un tournant pour l'équipe, qui avait connu une grosse désillusion quelques mois plus tôt sur la scène internationale. Zeph explique comment le staff a corrigé le tir : « Après le MSI, nous avions vraiment envie de prendre notre revanche, car c'était un mauvais parcours. Les entraînements se passaient bien, mais nous n'avions pas la bonne lecture de la meta et il n'y avait pas beaucoup de temps. C'est le même type de tournoi qu'ici, c'est très punitif. Tu perds un jour, tu es éliminé, tu peux te faire sortir par n'importe qui. Être au courant de la meta, être à l'aise sur les champions et juste être confiant, ça fait une grande différence. »

Il détaille également la prise de maturité de l'effectif dans l'exécution de ses choix : « Des fois on fait de mauvaises drafts, je ne sais plus ce qu'on a fait contre Gen.G, des drafts un peu moyennes, mais je trouve que nous avons corrigé le tir. Nous avions de meilleures opportunités et je trouve que maintenant, que ce soit lors des drafts ou dans le plan de jeu, quand nos adversaires nous donnent des opportunités, nous les prenons. C'est ça la grosse différence. J'ai vraiment l'impression que quand on rentre dans les drafts, on sait ce qui va se passer. Dès que le scénario est devant nous, on le choisit et on est content, et c'est pareil dans la partie. »

L'apprentissage du staff et l'écart avec l'Europe

Au-delà de la performance globale du roster, Zeph revient sur son propre développement aux côtés des autres techniciens passés par la structure. Il estime que l'expérience accumulée lors de ce tournoi permet à la Karmine Corp de franchir un cap par rapport à ses concurrents régionaux : « En tant que coach, je grandis énormément. J'ai eu l'occasion de travailler avec plein de grands coachs, que ce soit Mac, Pad, Melzhet, ou maintenant Reaper, et à chaque fois c'est une nouvelle expérience. J'ai vraiment l'espoir et l'impression que nous creusons un écart avec les autres équipes européennes, parce que rien que cette expérience de jouer contre ces équipes asiatiques nous forge. Nous devenons plus punitifs, plus confiants, et je pense que nous serons de mieux en mieux. »