Ancien support de la Karmine Corp et double champion d'Europe, Targamas se retrouve actuellement sans équipe pour le LEC Spring Split 2026. Lors d'une interview accordée à Tipsa, le joueur belge est revenu sur sa période de transition chez French Flair, son incompréhension face au mercato et ses ambitions intactes pour retrouver l'élite européenne.

Le bilan de la parenthèse French Flair et la désillusion du mercato

Après une saison 2025 qu'il juge particulièrement aboutie sur le plan individuel, Targamas s'est retrouvé écarté du LEC lors de l'intersaison et de son mercato, la Karmine Corp ayant pris la décision de le remplacer par Busio. Pour pallier cette inactivité forcée, il a rejoint l'équipe French Flair lors du Winter Split afin de conserver un rythme compétitif.

Rester actif pour ne pas disparaître

Interrogé sur le choix de rejoindre une équipe à vocation plus événementielle et influence, le support assume une décision prise par défaut pour pallier une situation inattendue : « En sortie de 2025, je ne m'attendais pas du tout à être hors du LEC honnêtement. Ça ne m'a pas du tout traversé l'esprit jusqu'au moment où c'est arrivé. [...] Je me suis dit que c'était plus intéressant de rester sharp au cas où une équipe me contactait pendant l'année, de ne pas totalement stopper et de rester visible. C'est toujours plus fun que de ne rien faire. »

Malgré un top 3 en LFL et un top 5-6 aux EMEA Masters, Targamas reconnaît une légère déception quant aux résultats bruts du roster, tout en relativisant l'enjeu : « On aurait dû faire mieux, c'est sûr. Mais au final, à part Nati, on a tous déjà gagné les EMEA Masters, donc pour moi il n'y avait pas grand-chose à prouver. C'était surtout pour continuer à jouer et rester actif. »

La Karmine Corp, Busio et les étiquettes du mercato

Si Targamas digère son absence du circuit principal, il avoue s'interroger depuis plusieurs mois sur les choix des structures LEC. Il se montre particulièrement compréhensif envers son ancienne équipe, la Karmine Corp, tout en soulignant la valeur que cela lui donne : « Je sais que KC a eu la possibilité de partir sur Busio, ce qui est logique. C'était le meilleur support aux États-Unis, donc c'est un move que je comprends tout à fait. C'est même gratifiant de me dire que s'ils n'avaient pas eu Busio, je serais resté chez KC qui est top 1 ou top 2 actuellement en LEC. »

Cependant, il peine à s'expliquer le manque d'opportunités de la part des autres équipes et pointe du doigt une image publique qui ne reflète pas la réalité de son travail au sein d'un groupe : « Il y a des étiquettes qu'on me colle qui sont assez injustifiées. Si les gens prenaient la peine de se renseigner sur mes dernières expériences, ils sauraient que les étiquettes qu'on me colle, par exemple sur le fait que je ne parle pas beaucoup ou que je sois assez introverti dans les comms, sont fausses. C'est assez évident que ce n'est pas le cas. »

Le regard tourné vers le LEC et l'Esports Nations Cup

Malgré les obstacles, Targamas garde confiance en ses capacités. Fort de son expérience, il exclut pour le moment l'idée de retourner faire ses preuves dans le circuit ERL, visant exclusivement un retour au plus haut niveau.

L'ERL et le coaching : des portes fermées pour le moment

Questionné sur la possibilité de rejoindre une équipe d'ERL pour rebondir, le joueur belge est catégorique : « Jouer en ERL n'est pas quelque chose qui m'attire énormément parce que j'estime avoir fait le tour. [...] J'ai déjà gagné deux fois le LEC. Je ne pense pas que le fait de gagner une fois de plus les EMEA Masters changera quoi que ce soit. Ma priorité reste de rejouer en LEC ou même ailleurs comme en LCS. »

Il évoque également la possibilité d'une reconversion dans le staff technique, une option qui l'intéresse mais qu'il refuse de subir : « Le coaching est quelque chose qui m'intéresse beaucoup. Maintenant, tant que je considère que j'ai le niveau pour jouer et performer au plus haut niveau, je n'ai pas envie de faire cette transition. Une transition forcée me resterait à jamais coincée en travers de la gorge. J'ai envie que ce soit mon choix. Aujourd'hui, je considère que je peux encore faire partie du top en Europe en tant que joueur. »

La fierté de représenter la Belgique

En attendant qu'une porte s'ouvre pour le Summer Split ou pour la saison 2027, Targamas s'accroche à un objectif majeur : l'Esports Nations Cup (ENC) avec l'équipe de Belgique.

Il exprime son enthousiasme à l'idée de porter les couleurs de son pays lors de cette coupe du monde de League of Legends : « C'est une fierté. J'ai grandi en regardant l'équipe nationale de foot, ça a toujours été un rêve de représenter le pays. Le faire sur LoL, qui est ma profession, c'est vraiment une fierté. C'est une échéance pour moi dans cette année où il n'y en a pas pour l'instant. J'espère qu'on va se qualifier. »

Targamas continue donc de s'entraîner intensivement en solo queue, prêt à saisir la moindre opportunité en LEC tout en préparant les qualifications de l'ENC prévues d'ici quelques semaines.