LYON a tenu son rang de première tête de série des LCS en balayant le représentant brésilien FURIA au 1er tour du Bracket Stage du MSI 2026. Si le score final semble sans appel, la physionomie de la rencontre fut tout autre, les deux premières manches s'étirant longuement avant de tourner en faveur des Nord-Américains. Un visage laborieux qui n'a pas du tout échappé à Han « Rigby » Earl. L'entraîneur n'a pas mâché ses mots en conférence de presse, pointant du doigt les nombreuses erreurs de ses joueurs avant de se projeter sur le choc à venir face au vainqueur du duel entre T1 et Bilibili Gaming.

Une exécution brouillonne sauvée par les vétérans

Loin de célébrer cette qualification expéditive pour le tour suivant, le technicien sud-coréen a dressé un bilan particulièrement sévère de la performance de son équipe face au champion des CBLOL. Insatisfait à cause des nombreux déchets techniques, il attend une remise en question immédiate de son effectif : « Nous avons gagné, mais je suis insatisfait car j'ai ressenti que l'adversaire nous était supérieur dans certains domaines. Habituellement, si nous identifions des points à améliorer parce que l'adversaire a bien joué, nous pouvons en tirer du positif même dans la défaite. Aujourd'hui, malgré la victoire, nous n'avons pas réussi à exécuter les actions convenues et nous avons commis de fréquentes erreurs. Il est primordial que nous revoyions nos parties pour ne pas répéter ces fautes. Je dois insister sur le fait que chaque joueur doit remplir correctement son rôle en fonction de son champion. »

Cette fébrilité s'est particulièrement fait ressentir lors des deux premières manches. Le coaching staff de LYON avait fait le pari de privilégier des compositions fortes dans la méta actuelle plutôt que les zones de confort de ses joueurs, un luxe autorisé par le statut d'outsider de FURIA. Un choix qui a mis en lumière de graves lacunes de communication lors des moments de tension : « Notre but est que chacun exécute bien son rôle lors des escarmouches, et je suis très déçu à ce niveau-là aujourd'hui. Quand nous étions en désavantage, nous avions besoin de communiquer davantage, mais j'ai eu l'impression qu'il y avait des trous d'information constants. Heureusement, des joueurs expérimentés comme Berserker et Inspired nous ont permis de garder le cap, mais si nous montrons ce genre de performance contre une équipe de très haut niveau, ce ne sera pas facile. »

Un parcours nord-américain tourné vers le succès international

Arrivé en Amérique du Nord après avoir dirigé Afreeca Freecs (aujourd'hui DN Super) en 2021, Rigby s'est forgé une solide expérience outre-Atlantique. Ce parcours lui a permis de faire évoluer sa philosophie de coaching, même si son ambition finale reste fixée sur la scène mondiale : « Je pense avoir beaucoup plus mûri en tant que personne par rapport à mon dernier passage en Corée. J'ai appris quelles étaient les responsabilités d'un entraîneur et comment instaurer la confiance avec les joueurs. Mais au final, la région n'a pas d'importance, car nous visons tous le même but. Peu importe où se trouve ma scène principale, je veux absolument obtenir des résultats dans les tournois internationaux. »

T1 intouchable en scrims, BLG dans la ligne de mire

Pour espérer briller dans ce MSI, LYON devra se frotter au sommet de l'esport mondial. Au prochain tour, la structure nord-américaine affrontera le vainqueur du match opposant les Coréens de T1 aux Chinois de Bilibili Gaming (BLG). Interrogé sur ses pronostics et ses préférences, Rigby s'est montré très transparent, se basant sur les récents entraînements de son équipe : « Je pense que T1 va gagner. Nous nous sommes entraînés contre ces deux équipes, et d'après ces scrims, j'ai senti que T1 était un cran au-dessus. De mon côté, je préférerais affronter BLG. Les deux équipes sont très fortes dans les escarmouches, mais je pense que le style de BLG, qui consiste à enchaîner les phases de jeu, est relativement plus gérable que celui de T1. De plus, notre phase de ligne s'était bien passée contre eux. »