Après avoir évité l'élimination face à NAVI lors du premier tour du lower bracket des playoffs du LEC Spring Split 2026, l'entraîneur en chef de la Karmine Corp, Reapered, s'est entretenu avec Tipsa. Il a dressé le bilan de la rencontre, abordé la gestion de la pression inhérente aux matchs couperets, et surtout détaillé sa véritable mission de fond au sein de la structure française : bâtir un système pérenne pour les années à venir.
La satisfaction du travail accompli et la gestion des playoffs
L'entame compliquée face à G2 Esports la semaine précédente avait soulevé quelques inquiétudes, notamment sur les early game. Contre NAVI, l'équipe a affiché un visage bien plus serein. L'entraîneur sud-coréen s'est réjoui de cette progression immédiate et de l'application de ses joueurs.
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Reapered valide les ajustements réalisés à l'entraînement : « Oui, je suis heureux qu'on montre nos progrès depuis le match contre G2 parce que l'early game a été un peu difficile et le contrôle de la vision aussi, mais on s'est concentré sur ces aspects durant la préparation afin de s'améliorer dans la suite des playoffs. Je pense qu'on a pu le voir aujourd'hui. Sur cet aspect précis, je suis satisfait. Avant, c'était assez brouillon. Je voulais vraiment comprendre pourquoi on rencontrait ce genre de difficultés pour bien voir comment régler ces problèmes. On a vraiment centré notre dernière semaine d'entraînement sur ça. J'ai pu voir une nette amélioration de la part de mes joueurs et même si on a perdu notre match 3, je pense qu'il y avait une courbe d'apprentissage dont il est nécessaire de faire quelques erreurs, même en match officiel. C'est OK, on peut même tirer des leçons de ce genre de game pas vrai ? Donc, oui, j'étais totalement concentré sur nos faiblesses durant nos derniers scrims, et on va continuer de progresser à partir de là. »
Face à la menace de l'élimination directe, le coach a choisi de dédramatiser l'enjeu. Il explique sa philosophie pour maintenir son équipe concentrée : « J'essayais de ne pas mettre de pression à mes joueurs, parce que, tu sais, c'est la vie de joueur pro. Quand tu perds, tu te fais éliminer c'est le deal. C'est comme ça dans tous les matchs. Évidemment quand ce n'est plus la saison régulière. Si vous allez aux Worlds ou aux MSI, c'est toujours une situation de vie ou de mort. Les joueurs doivent s'y habituer. Et j'espère que les joueurs ne finiront par plus ressentir de pression du tout. Moi je veux juste qu'ils ne pensent pas trop à la suite, mais au moment présent. Donnons-nous à 100 % et montrons ce qu'on a fait pour en arriver là. Il n'y avait pas grand-chose de différent entre être en upper ou en lower bracket. À chaque opportunité où lorsqu'il y a des changements, il faut s'adapter. Les playoffs, ce n'est pas une situation nouvelle. Dans la victoire ou la défaite, on peut toujours faire mieux. »
La préparation du prochain adversaire et la prolongation de Caliste
La Karmine Corp affrontera finalement GiantX, vainqueur de son duel face à Team Vitality. Si la KC a bénéficié d'un jour de repos supplémentaire avant ce choc prévu lundi, Reapered balayait d'emblée l'idée d'un quelconque avantage stratégique : « Eh bien pour moi non. Parce que nos adversaires nous ont aussi vus jouer ce match ! Donc je dirais qu'il n'y a pas d'avantage. » Interrogé à l'issue de sa propre rencontre (et donc avant de connaître l'identité de son futur adversaire), le coach s'était d'ailleurs refusé à tout pronostic, pointant du doigt l'irrégularité des deux formations : « C'est difficile à dire, parce que les deux équipes, quand elles jouent bien ça joue très proprement et ça a l'air fort, mais quand elles jouent mal, c'est assez moyen. Donc c'est difficile de dire qui va venir pour le match de lundi, pour être honnête. »
Interrogé sur la récente prolongation de contrat très médiatisée de son AD Carry, Caliste, le technicien s'est montré pragmatique et souriant quant à l'impact de cette nouvelle sur la dynamique du groupe : « Cela ne me dérange pas. Tu sais, c'est bien pour lui et je suis content pour lui. Je veux dire, il a signé pour rester dans l'équipe. Du coup rien ne me vient à l'esprit. Il n'y a pas d'impact extérieur. Je lui ai parlé juste pour lui dire que j'étais heureux pour lui. Il va gagner plus d'argent. »

MSI, EWC et la pression extérieure
L'objectif immédiat reste une qualification pour le Mid-Season Invitational. Toutefois, Reapered refuse de considérer un éventuel échec comme une catastrophe. Il garde en ligne de mire le calendrier international global, notamment avec la qualification déjà acquise pour l'Esports World Cup à Paris. Il détaille sa vision de la suite de la saison en cas d'élimination : « Ne pas faire le MSI, ce serait juste unlucky. Qu'est-ce qu'on peut y faire si ça arrive ? À part se concentrer alors sur le Summer Split et aller aux Worlds. Il y a aussi l'EWC, nous sommes déjà qualifiés. Il y a donc au moins quelque chose pour prendre de l'expérience internationale et aborder le split à venir avec cette expérience. Du coup, la vie est comme elle est. Si on perd, on perd et on se concentrera sur la suite. »
Cette sérénité s'applique également à la pression monumentale exercée par les supporters de la Karmine Corp. Le coach sud-coréen explique comment il s'isole du tumulte médiatique : « Il y a une énorme base de fans. C'est une structure très populaire au sein de la communauté française. C'est bien de voir des fans aussi engagés pour notre équipe. Évidemment, il y a des avantages et des inconvénients, mais je me concentre toujours sur le bon côté plutôt que sur le mauvais. Et je ne ressens personnellement pas de pression par rapport aux nombreux fans derrière nous parce que je n'ouvre pas Twitter ou Reddit, donc je ne vois pas ce que disent les gens sur les réseaux sociaux. »
Bâtir une structure pérenne : la véritable mission de Reapered
Au-delà des résultats immédiats, l'ancien stratège de Cloud9 a dévoilé la nature profonde de son recrutement par la Karmine Corp. Son rôle dépasse largement le simple coaching tactique de l'équipe LEC. Il exprime sa volonté d'ancrer le club dans le temps : « Je dirais que KC est une équipe assez jeune dans l'esport car les autres équipes ont 10 ou 11 ans de plus. Mais KC est assez nouvelle sur la scène. Du coup je pense que si KC m'a amené ici en Europe ce n'est pas seulement pour faire une équipe de League of Legends. Mais c'est pour construire une culture et une structure. J'ai plus de 10 ans d'expérience en coaching et en tant que joueur aussi. Je suis là pour construire une culture et une structure pour les joueurs. Même si je quitte cette équipe un jour, j'espère que cette équipe restera forte avec la culture et la structure que nous avons construites ensemble. Donc oui, je me donne à 100 % non seulement pour améliorer l'équipe League of Legends mais aussi améliorer la structure dans sa globalité. Si je vois un truc nécessaire pour qu'on s'améliore je le dis et l'équipe m'écoute. »
Une entreprise colossale qui se déroule pourtant sans friction majeure selon lui. Reapered salue l'environnement de travail et l'ouverture d'esprit au sein de l'organisation : « Je ne dirais pas qu'il y a eu de gros défis, car tout arrive naturellement, les petits changements comme les gros changements. Les changements ne sont pas difficiles à faire, avec des gens expérimentés, et avec des gens qui ont de la passion. Rien n'est vraiment délicat, je dirais, car mes joueurs ont déjà une très bonne éthique du travail, et une bonne mentalité. Il y a aussi beaucoup de gens passionnés autour de moi dans le staff. Donc je n'ai pas ressenti de pression ou de gros challenge pour construire la culture et la structure. Chaque fois qu'on a une réunion en tant que staff je dis ce que je veux qu'on fasse et comment je veux construire la culture et la structure. Tout le monde me répond "SUPER", "PARFAIT". Allons dans cette direction. Je n'ai pas rencontré beaucoup d'obstacles chez KC. »
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