Maynter, toplaner de l'équipe NAVI, a profité de l'intersaison pour se ressourcer en Ukraine auprès de ses proches. À l'aube du LEC Summer Split, l'ancien joueur de la Karmine Corp Blue s'est confié au micro de Tipsa. Il revient sur son adaptation au sein de l'élite européenne, l'impact de la guerre sur l'esport ukrainien et sa volonté de faire évoluer son style de jeu pour tutoyer les sommets internationaux.

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L'accomplissement d'une montée en LEC bien préparée

L'accession à la plus haute ligue européenne n'est pas le fruit du hasard pour le toplaner ukrainien. Il explique que le LEC n'était pas un objectif aléatoire et qu'il a durement travaillé pour y parvenir. Après une première année en LFL où il se sentait un peu perdu, il a considérablement gagné en maturité chez la Karmine Corp Blue. Il confie, « J'étais devenu un vétéran, le seul survivant des rosters précédents. C'est là que je me suis dit que je faisais du bon boulot. »

Son arrivée chez NAVI s'est faite très naturellement, grandement facilitée par la présence du coach TheRock qui connaissait déjà parfaitement son profil. Maynter révèle d'ailleurs avoir passé des tests pour l'équipe LEC de la Karmine Corp par le passé, à l'époque de Cabochard. Il s'en amuse aujourd'hui en avouant, « Il y avait des tryouts avec Boda et moi, et honnêtement les deux choix étaient nuls. Nous n'étions pas prêts pour le LEC. » La structure avait finalement opté plus tard pour le recrutement de Canna.

Représenter l'Ukraine face à l'adversité

Évoluer au plus haut niveau européen revêt une dimension particulière pour Maynter en raison du conflit qui touche son pays natal. Il est fier d'ouvrir la voie et de prouver aux jeunes talents ukrainiens que l'objectif est atteignable. Il évoque notamment le jeune joueur Slayer, qu'il voit arriver en LEC dans un futur très proche.

Toutefois, la guerre a mis un coup d'arrêt brutal au développement de la scène locale et des vocations. Le toplaner se désole de la situation, « La guerre a beaucoup stoppé le développement esport du pays. On a perdu pas mal de joueurs potentiels et ça ne concerne pas que League of Legends. » La disparition de la ligue LCL, qu'il jugeait bien trop pro-russe, est selon lui un mal pour un bien, car le circuit des ligues régionales européennes offre aujourd'hui un chemin beaucoup plus sain et structuré pour atteindre le sommet.

Le soutien familial reste un pilier essentiel de sa carrière, même si la situation géopolitique complique les déplacements. Il précise que les hommes ne peuvent pas quitter le pays, ce qui empêche son père de venir le voir jouer à Berlin, bien que sa mère ait pu faire le voyage lors d'un événement de la Karmine Corp.

Maynter : « Nous devons régler notre mid game le plus vite possible »

Sortir de sa zone de confort et s'affranchir du weakside

Sur le plan purement sportif, Maynter pose un regard lucide sur les deux premiers segments de NAVI. Après des débuts prometteurs et un Winter Split solide, l'équipe a subi un retour à la réalité au printemps. Il analyse, « On a compris au Spring que le futur ne serait pas si radieux si on ne s'améliorait pas. »

Pour franchir un cap, le joueur souhaite faire évoluer son identité en jeu. Souvent perçu comme un roc capable d'absorber la pression de son côté de la carte, il veut désormais avoir beaucoup plus d'impact direct sur les parties. Il détaille sa pensée, « Je dois vraiment trouver de nouveaux champions, des champions carry. Pour qu'on ne me voie pas seulement comme le gars qui joue weakside. Je veux gagner ma lane et que ça se répercute sur la priorité. Je veux plus être comme un Naak Nako ou un Broken Blade. »

Cette envie d'apprendre est propulsée par un parcours atypique. Ayant commencé la compétition sur le tard, après le lycée et un passage à la faculté, il estime avoir une fraîcheur mentale bien supérieure à d'autres vétérans du circuit. Il affirme, « Mon cerveau esport, qui a besoin de dopamine, est encore jeune. Quand je fais quelque chose, je déteste ne pas le faire à fond. Mon cerveau et mon cœur n'ont pas encore expérimenté de gros événements comme le MSI ou les Worlds. Je vais travailler encore plus pour les atteindre. »

Un lien indéfectible avec le public français

Avant de conclure l'entrevue, Maynter a tenu à adresser un message chaleureux aux supporters français qui l'ont accompagné lors de son aventure en LFL. Il garde un souvenir mémorable de son récent passage à Paris, près des Arènes. Il raconte avec émotion, « Ils m'ont vu et ils ont commencé à crier mon nom, une rue entière ! Alors que je ne joue même plus chez KC. C'était vraiment un sentiment qui m'a fait chaud au cœur. » Il conclut en témoignant toute son affection pour le public hexagonal, « Je dis en blaguant que je vais jouer devant mon public, à la maison. La France, c'est un peu mon deuxième chez moi. »

Retrouvez l'interview complète juste en dessous :