Team Vitality a poursuivi sa marche en avant en s'imposant face à Fnatic lors de la sixième semaine de la saison régulière du LEC Spring Split 2026. Une victoire qui rapproche un peu plus Fnatic de l'élimination et qui confirme la montée en puissance de la formation française. Après la rencontre, le duo de la botlane composé de Carzzy et Fleshy a abordé leur excellente synergie, la méta actuelle et la réalité cruelle du rôle de support.

Une synergie qui devient instinctive

Si le toplaner Naak Nako a logiquement été élu MVP de la rencontre pour sa performance décisive, la prestation très propre de la botlane Vitality n'est pas passée inaperçue. Fleshy, particulièrement en vue depuis six mois, attribue cette progression à l'excellente communication qu'il entretient avec son partenaire de ligne.

« À force de beaucoup jouer et de beaucoup discuter, certaines choses deviennent automatiques et nous nous comprenons sans même parler. C'est la meilleure chose que l'on puisse avoir sur la botlane, car on n'a pas besoin de communiquer sur chaque action ou chaque décision. Certaines mécaniques sont automatiques, ce qui rend la partie plus détendue pour l'AD Carry aussi. Carzzy est un joueur qui parle énormément, c'est probablement l'AD Carry le plus vocal de la ligue, et je pense que cela aide beaucoup les supports à s'améliorer », explique Fleshy, rapidement soutenu par un Carzzy modeste qui assurait de son côté que cette réussite était « entièrement grâce à Fleshy ».

La frustration assumée de la méta Enchanteur

Historiquement très à l'aise sur les champions capables d'engager le combat, Fleshy doit aujourd'hui composer avec une méta très orientée vers les supports enchanteurs. Une situation qui l'oblige à adapter son style de jeu, non sans une certaine pointe de frustration humoristique.

« J'ai toujours été un joueur d'engage par le passé, c'était ma force. Aujourd'hui, c'est un peu ennuyeux pour moi parce que tu ne décides plus du sort de la partie. Tu restes juste là à essayer de ne pas mourir et à spam tes boucliers. C'est un peu barbant, mais tout va bien. Quand tu joues ces enchanteurs, tu dépends surtout de ton équipe et tu essaies simplement d'avoir la meilleure macro ou de faire les meilleurs teamfights possibles. Finalement, tu ressens ce que vit un AD Carry, tout dépend de ton équipe et il n'y a rien que tu puisses faire tout seul », s'amuse le support tchèque.

Des expérimentations sans filtre en SoloQ

Alors que Vitality a déjà sécurisé sa place pour les playoffs, l'équipe s'autorise à explorer des choix d'objets exotiques en SoloQ. Interrogé sur les rumeurs concernant des builds atypiques intégrant le Statikk, le Couperet Noir ou encore l'ancienne maîtrise du Toucher de feu mortel de retour sur certains champions comme Smolder, Carzzy assume totalement ses phases de test.

« Je m'en fiche de ce que les gens savent sur nous. Ça ne les aidera pas de toute façon, donc ça ne me pose aucun problème de tout dévoiler. Je trouve que Smolder avec le Toucher de feu mortel et les interactions avec le Couperet Noir sont vraiment très fortes. C'est assez amusant car cela donne de la vitesse de déplacement permanente. Tous les champions qui peuvent abuser du Couperet Noir ou qui ont des dégâts de brûlure comme Senna, Gangplank ou Smolder en profitent énormément », confie l'AD Carry de Vitality.

L'ingratitude éternelle du rôle de support

Malgré des actions défensives brillantes lors de cette série face à Fnatic, Fleshy n'a pas été retenu dans les votes pour le titre de MVP, qui a filé entre les mains de son toplaner. Une habitude pour les joueurs évoluant à ce poste de l'ombre, qui peinent souvent à rivaliser avec les statistiques affolantes de leurs coéquipiers aux yeux du grand public.

Philosophe, Fleshy a clôturé l'interview en résumant parfaitement la mentalité nécessaire pour briller à ce poste : « Quand tu choisis ce rôle, tu acceptes cette situation, c'est le destin du support. Il faut vraiment être monstrueusement fort pour se démarquer, mais les bons joueurs remarquent toujours ta régularité. C'est simplement beaucoup plus facile pour le public de s'extasier devant quelqu'un qui a infligé vingt mille points de dégâts plutôt que de voir un support qui a parfaitement bloqué une compétence adverse avec son propre sort. J'ai accepté mon sort il y a bien longtemps. »