Il est arrivé chez Fnatic à la mi-octobre pour une période d'essai de trois mois et depuis l'écurie est sur un nuage. Elle vient même de remporter son premier titre après 581 jours de disette. Alors le sniper anglais Owen "smooya" Butterfield serait-il le facteur X des succès futur du club désormais ?

X-Factor

Jamais dans son histoire Fnatic n'avait connu une période aussi difficile que durant les derniers mois. Lentement mais surement la structure et surtout sa section Counter-Strike: Global Offensive se sont enfoncés dans la crise. Une crise qui ne s'est pas uniquement traduite par de mauvaises performances en compétition, l'équipe a également glissé doucement vers un cercle vicieux mentalement, une spirale de la défaite de laquelle aucun des membres n'est parvenu à sortir. Cette situation aura eu des conséquences et certains les payent encore aujourd'hui. La première aura été le départ d'une des légendes de l'organisation, le Suédois de 28 ans Robin "flusha" Rönnquist qui, aujourd'hui encore, n'a toujours pas retrouvé son jeu, ni la stabilité et encore moins les sommets. Et pourtant on était en droit de s'attendre à autre chose en provenance de ce triple vainqueur de Major, présent sans discontinuer dans le top 20 des meilleurs joueurs mondiaux entre 2013 et 2016.


Owen "smooya" Butterfield, le facteur X (c) HLTV

Mais ce n'est pas tout, celui qui avait été embauché pour le remplacer, Jack "Jackinho" Ström Mattsson, était considéré comme étant l'un des espoirs les plus prometteurs de la scène suédoise. Aujourd'hui il a été exclu de l'équipe et remplacé par l'Anglais Owen "smooya" Butterfield et tout à changer. Ce n'est pas ce seul remplacement qui a débloqué la situation, auparavant Fnatic a dû se séparer de deux autres figures emblématiques de l'écurie à savoir : Jesper "JW" Wecksell et Maikil "Golden" Kunda Selim. Ces deux protagonistes n'ont toujours pas rebondi quelque part, Golden ayant terminé son aventure avec une dépression sévère dont il a peiné à sortir. Il aura donc fallu remplacer trois membres sur cinq ainsi que l'entraîneur pour qu'enfin Fnatic sorte de la crise, la situation avait donc bien été sous-estimée par la direction, mal gérée et surtout le fruit était devenu tellement pourri qu'il aura contaminé ses voisins.

Dans tout ce marasme, celui qui semble avoir débloqué la situation est Owen "smooya" Butterfield. Or quand on connaît la carrière, la mentalité et le passif de l'anglais on peut légitimement se dire que ce choix de recrutement était le plus adapté dans une équipe qui souhaitait un électrochoc. Owen a la rage de vaincre, est un boute-en-train toujours sympathique lorsqu'il arrive, possède un niveau de jeu individuel assez énorme et sait retourner n'importe quelle situation perdue à son avantage. Pour agir à court terme c'est la pièce parfaite, en revanche à long terme ses défauts refont surface et il conviendra d'observer s'il arrive cette fois-ci à suffisamment se contrôler. Car habituellement une fois qu'il a pris confiance, il devient infect avec ses coéquipiers, n'admet pas la défaite et peut complètement lâcher une partie mentalement.


smooya, KRIMZ, mezii, Brollan, ALEX, keita et Samuelsson (manager) (c) Fnatic

Dans tous les cas aujourd'hui nous n'en sommes qu'à la première phase du monstre smooya et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle fait énormément de bien aux Fnatic. Tel un Docteur Jekyll et M. Hyde, le sniper vit ces dernières semaines sa plus belle vie en tant que joueur professionnel. Et pour son organisation c'est également le retour des sourires, elle qui n'avait plus remporté de tournoi depuis l'ESL Pro League Saison 11 en avril 2020 vient tout juste de vaincre les BIG en finale de la DreamHack Open November 2021 3-0 (16-03 Inferno / 16-12 Vertigo / 16-10 Ancient), et cela sans concéder la moindre carte de tout le tournoi. Ce trophée permet à l'écurie de mettre un terme à 581 jours de disette mais également de réintégrer le top 20 mondial, une place qu'ils avaient déjà occupé brièvement en septembre 2021 mais dont ils ont surtout été exclus depuis le mois d'avril dernier.

Phases finales
DreamHack Open November 2021

  1/2 finale   Finale   Vainqueur
  BO3   BO5    
           
  Fnatic        
           
  Ancient/Inferno
16-14/ 16-12
  Fnatic    
           
  MAD Lions        
           
      Inferno/Vertigo/Ancient
16-3/ 16-12/ 16-10
  Fnatic
           
  BIG        
           
  Inferno/Dust2/Nuke
16-19/ 16-10/ 16-8
  BIG    
           
  forZe        
           
Petite finale   Troisième
BO3    
MAD Lions    
Overpass/Inferno/Vertigo
10-16/ 16-9/ 16-13
  MAD Lions
forZe    

Or tout cela on le doit aux dernières recrues britanniques bien sûr (Alex "ALEX" McMeekin, William "mezii" Merriman et Jamie "keita" Hall au coaching) mais aussi et surtout à l'électrochoc provoqué par l'arrivée de Owen "smooya" Butterfield. C'est simple depuis qu'il a intégré le groupe, Fnatic c'est 9 victoires et seulement 3 défaites. C'est également deux phases de qualifications difficiles réussies consécutivement, celle pour la DreamHack Open November et celle pour les Intel Extreme Masters Season XVI - Winter qui se joueront en décembre prochain. De plus individuellement smooya se montre particulièrement chaud, 1,36 de rating moyen sur la période dont deux matchs capitaux où il a particulièrement été monstrueux. Le premier offrant la qualification à son équipe pour la DreamHack Open November, c'était contre GamerLegion et lors de la dernière manche smooya a terminé la partie sur un rating de 2,14 après avoir éliminé 26 adversaires dont 13 au sniper et 6 en ouverture de round. Le second c'était pendant la finale de cette même compétition, cette fois contre BIG où avec un rating à 2,07 l'Anglais a survolé la partie dans toutes les catégories statistiques : 24 éliminations dont 7 à l'AWP, 115,7 de dégâts moyens par round, 5 assists et 4 fois il a été le premier à coucher un concurrent.

Bref les bonnes performances récentes de Fnatic reposent énormément actuellement sur le niveau de jeu individuel proposé par Owen "smooya" Butterfield, mais également l'état d'esprit positif qu'il a su apporter au groupe. On a pu constater que son arrivée avait eu notamment des effets extrêmement bénéfiques sur son compatriote William "mezii" Merriman qui semble avoir libéré davantage son jeu. De plus cela simplifie la tâche du nouveau capitaine Alex "ALEX" McMeekin, tout en redonnant de la confiance aux deux derniers survivants de la période de crise qui a couvert l'année 2020 et 2021, les Suédois Freddy "KRIMZ" Johansson et Ludvig "Brollan" Brolin. Aujourd'hui par conséquent on voit mal comment la structure pourrait ne pas prolonger son sniper, sauf qu'elle devra toujours rester sur ses gardes et rapidement penser à capitaliser sur ce retour des ondes positives pour construire un jeu beaucoup plus collectif et moins dépendant d'une individualité aussi versatile. Si elle n'y parvient pas elle risque assez rapidement de payer ce trop plein d'optimisme, la jeune recrue étant un véritable volcan capable du meilleur, comme du pire.

COMPOSITION FNATIC

  •  Freddy "⁠KRIMZ⁠" Johansson
  •  Ludvig "⁠Brollan⁠" Brolin
  •  Alex "ALEX" McMeekin
  •  William "mezii" Merriman
  •  Owen "⁠smooya⁠" Butterfield
  • Jamie "⁠keita⁠" Hall (entraîneur)