L'Équipe de France de League of Legends a enfin un visage, et surtout un chef d'orchestre. Nommé entraineur pour diriger la délégation tricolore lors de l'Esports Nations Cup 2026 en novembre prochain, Zeph a tranché. L'actuel entraîneur adjoint de la Karmine Corp a dévoilé les cinq joueurs qui s'envoleront pour Riyad. Il détaille la construction de ce roster inédit, la dynamique d'équipe envisagée et ses ambitions face aux géants asiatiques.
Les coulisses de la sélection française pour l'ENC 2026
Accompagné par YellOwStaR dans le rôle de manager, Zeph a la lourde tâche de diriger la toute première délégation française sur League of Legends. Comme annoncé dans une interview pour RFT.gg, l'équipe sera normalement composée d'Adam sur la toplane, Skewmond dans la jungle, Nuc sur la midlane, Caliste en carry AD et Zoelys au poste de support. Un effectif dépourvu de remplaçants en raison du format strict de la compétition.
- Lire aussi : L'Esports Nations Cup 2026 officialise l'intégration de League of Legends avec un tournoi opposant 32 nations
Des choix de draft tranchés et tournés vers l'avenir
La décision la plus scrutée concernait le poste de carry AD, où Caliste a été préféré au vétéran Hans Sama. Le coach assume une volonté d'expérimenter en vue de l'avenir de la scène tricolore : « Je connais Caliste, il travaille avec moi dans mon équipe. Au final, le choix entre Caliste et Hans a été vraiment très serré. Mais par exemple, l'association Skewmond - Hans, on la connaît déjà depuis G2. Voir Skewmond avec Caliste, c'est quelque chose qu'on n'a pas encore vu, et on a envie de voir ce que ça donne. Dans l'optique de construire pour les années à venir, je me dis que ça peut être intéressant. Mais globalement, c'est juste une préférence personnelle. »
Pour accompagner Caliste, le choix s'est porté sur Zoelys, une décision directement influencée par les préférences des botlaners lors des discussions. Sur le topside de la carte, la sélection d'Adam s'est imposée comme une évidence tactique, bien qu'il soit actuellement sans équipe après la fin du projet French Flair en LFL. Zeph souligne l'avantage stratégique qu'offre l'ancien toplaner de BDS : « Adam est le seul véritable candidat avec une telle expérience du très haut niveau. Ça nous donne aussi de gros avantages en draft : tu peux lock certains champions, sortir des compos un peu exotiques. Je n'aurai pas forcément l'habitude de faire ça, donc je m'y adapterai peut-être un peu mal, mais pouvoir utiliser Adam de cette manière, ça nous ouvre d'énormes possibilités. »
Le technicien français se montre également très rassurant quant au niveau de Nuc, malgré les difficultés actuelles de son équipe (Shifters) en championnat régulier : « Pour répondre à la question, je ne suis pas du tout inquiet. L'ENC et le LEC seront des tournois complètement différents, avec des équipes différentes. Je n'ai aucune inquiétude quant à son niveau individuel, à moins qu'il n'ait plus envie de jouer à LoL, ce qui ne risque pas d'arriver. Pour Nuc, Adam et Zoelys, c'est une énorme opportunité de faire leurs preuves face aux meilleurs joueurs du monde. »
Avec ce cinq de départ, Zeph a une idée très claire de la répartition des rôles sur la Faille de l'invocateur. Il s'appuiera fortement sur l'axe jungle-bot pour dicter le rythme des parties : « Si Skewmond et Caliste lead bien les parties, ça devrait être facile pour les autres de suivre. Surtout dans une meta où tu peux toujours jouer autour de l'axe jungle-bot, l'adaptation devrait être simple. Je ne pense pas qu'Adam, Nuc et Zoelys auront besoin de prendre énormément de responsabilités dans les parties. Ils feront leur travail. J'attends de Skewmond qu'il prenne une partie du shotcalling aux côtés de Caliste et que les parties se jouent de cette façon. »
Viser le sommet face aux géants asiatiques
Si la Chine et la Corée du Sud font figure d'épouvantails pour ce tournoi regroupant 32 nations, Zeph aborde la compétition sans complexe. Les restrictions de format (qui interdisent de sélectionner plus de trois joueurs issus d'une même équipe professionnelle) rebattent les cartes selon lui, rendant ces superpuissances vulnérables : « L'objectif est de gagner. Je pense que la France est très compétitive sur League of Legends. Il y a d'autres régions fortes, comme la Turquie ou l'Espagne, mais ça dépendra des choix de chaque nation. Beaucoup de joueurs ont la double nationalité, ce qui rendra certaines équipes plus ou moins fortes selon les décisions prises. La France a un vivier très dense. Pour moi, on vise le sommet. Et de toute façon, à chaque fois que tu participes à un tournoi, le but c'est de le gagner. »
Le Coach ne craint pas non plus le format ultra-condensé de l'événement (8 jours de compétition), estimant que sa (possible) présence aux Worlds quelques semaines plus tôt avec la Karmine Corp lui garantira une compréhension optimale de la meta du moment : « Si tu identifies les bons champions, tu as un avantage instantané sur les autres équipes. Et vu que le tournoi se joue juste après les Worlds, que ce soit G2 ou la KC, on y sera, on aura eu l'habitude de jouer ces matchs-là et on aura une très bonne lecture de la meta. Rien qu'avec ça, je suis assez confiant. Si en plus les joueurs y ajoutent leur touche personnelle par-dessus, c'est encore mieux. »
- Lien pratique : le suivi complet du LEC 2026
