Au lendemain de l'élimination amère de Team Vitality lors des IEM Cologne 2026, Neo s'est confié au micro de Pley. Le CEO de la structure française revient sur la déception liée à ce tournoi, la gestion complexe de l'héritage d'une ère dominante, la prolongation très attendue d'apEX, et clarifie la position ferme du club vis-à-vis de l'Esports Nations Cup.
Une déception douloureuse mais méritée
Interrogé par le média Pley sur son état d'esprit après cette défaite qui prive l'équipe d'un nouveau sacre consécutif en Major, le dirigeant ne cache pas sa frustration tout en restant lucide sur le niveau affiché par ses joueurs sur le serveur : « Je ne vais pas mentir, je ne me sens pas très bien aujourd'hui. Ce sentiment est l'un des pires dans cette industrie, mais cela prouve que nous nous en soucions toujours. C'est la même chose pour mes joueurs, c'est vraiment une mauvaise journée. Si nous parlons de cette opportunité d'accrocher une quatrième étoile, je ne l'aurais probablement pas cru il y a quelques années. Je me sens mal pour ce groupe unique, mais en même temps, nous ne méritions pas de gagner. Même si le match était serré, nous n'avons pas su convertir nos occasions. Ce sport est une question d'humilité qui vous rappelle chaque jour qu'il faut travailler plus dur. C'est une bonne leçon pour tout le monde et nous devons en tirer les enseignements. »
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Bâtir une dynastie et anticiper la fin de cycle
La domination de Vitality ces dernières années a profondément marqué l'histoire du jeu. Neo estime avoir pu exprimer pleinement sa vision de manager général grâce à des fondations solides incarnées par le talent pur de ZywOo et le leadership d'apEX. Conscient du cycle naturel des grandes équipes, il refuse toutefois la comparaison avec les fins de règne d'anciennes dynasties comme Astralis ou NIP : « Nous raconterons une histoire différente. Nous atteindrons la grandeur d'une autre manière, avec notre propre style, comme nous l'avons par exemple fait avec nos deux Grand Slams consécutifs. J'étudie beaucoup la façon dont Fnatic, NIP et Astralis ont géré leur ère pour essayer d'avoir un coup d'avance dans cette transition difficile et ne pas reproduire leurs erreurs. »
Cette réflexion constante sur la pérennité du projet pousse le dirigeant français à voir beaucoup plus loin que le cycle de son effectif actuel, ambitionnant de créer une véritable institution intemporelle : « Nous avons pleinement conscience de la valeur de ce que nous vivons actuellement. Mon objectif est de m'assurer que Vitality survivra à ZywOo, survivra à apEX, me survivra, et deviendra une organisation légendaire au fil des années. Un peu comme le Real Madrid, qui reste pertinent au plus haut niveau après plus d'un siècle d'existence. C'est vraiment ce que j'ai hâte d'accomplir avec ce club. »

Le capitaine apEX parti pour rester
Pour pérenniser ce succès dans l'immédiat, le club compte évidemment s'appuyer sur son leader en jeu emblématique. Interrogé sur les rumeurs entourant le contrat d'apEX, Neo confirme que l'aventure est loin d'être terminée pour le vétéran : « Ce n'est pas un secret, apEX et Vitality sont en pourparlers depuis de nombreux mois pour une prolongation. Je pense qu'il a toujours l'appétit et la volonté de continuer, il est loin d'en avoir fini avec le jeu et reste super passionné. Même s'il ne produit pas des statistiques affolantes, il reste vraiment important et percutant pour l'équipe. Nous comptons sur lui et il fera partie de l'aventure pour les prochaines années, car c'est notre capitaine, notre colonne vertébrale, et la raison pour laquelle tout le monde se surpasse à l'entraînement tous les jours. »
La position ferme sur l'Esports Nations Cup
Enfin, concernant l'Esports Nations Cup, le CEO de Vitality a tenu à clarifier la position de sa structure. Si son patriotisme reste intact, la réalité économique du milieu et le calendrier surchargé dictent une tout autre logique d'entreprise : « Notre industrie lutte beaucoup sur le plan économique et nous devons trouver un équilibre qui a du sens pour les clubs, car c'est nous qui payons les salaires. En tant que grand fan de sport et fier d'être Français, je voudrais bien sûr contribuer à l'équipe nationale. Mais actuellement, le calendrier international est extrêmement chargé et cela peut impacter nos revenus. Cela ne nous permet pas d'envoyer nos joueurs dans ce genre de compétition. Pour Counter-Strike, c'est trop particulier car cela tombe pendant des tournois clés. Nous devons prioriser le club et Vitality avant l'équipe nationale, ce qui est un peu dommage, mais c'est la réalité de notre business où les clubs doivent rester en vie financièrement quand ça compte. »