En clôture de la saison régulière du LEC Spring Split 2026, Movistar KOI s'est imposé 2-1 face à G2 Esports lors d'un week-end spécial à Madrid. Portée par un public en ébullition et un Elyoya omniprésent, l'équipe espagnole sécurise sa place dans le haut du tableau pour les playoffs.

Le choc de la 7e semaine a tenu toutes ses promesses

Le LEC a posé ses valises à Madrid pour ce week-end spécial Road Trip, offrant une conclusion en apothéose à la saison régulière du Spring Split 2026. Ce dimanche 10 mai, l'affrontement entre G2 Esports et Movistar KOI constituait l'affiche majeure de cette troisième et dernière journée. La dynamique des deux formations était contrastée avant la rencontre. D'un côté, G2 Esports, confortablement installé à la troisième place avec un bilan de 6 victoires pour 2 défaites, surfait sur une solide série de cinq succès consécutifs. De l'autre, Movistar KOI, cinquième en 5-3, devait impérativement réagir après une défaite frustrante concédée la veille face à la Karmine Corp. L'enjeu était donc limpide : si G2 cherchait simplement à asseoir sa domination pour parfaire son seeding en playoffs, la formation espagnole jouait gros et devait à tout prix l'emporter pour garantir sa propre place dans le haut du tableau.

Une entrée en matière dominée par l'écurie espagnole

La première partie a pris la forme d'une démonstration clinique de macro de la part de Movistar KOI. Poussée par son public, la formation locale a dicté le rythme dès l'early game. Sur la botlane, le duo espagnol composé de Supa, alignant le récent champion Yunara, et d'Alvaro sur Rakan, a littéralement étouffé ses vis-à-vis. Le support de G2, Labrov, a traversé une partie cauchemardesque sur Karma, terminant en 0/7/3 après avoir subi de multiples engages. Elyoya s'est illustré par sa proactivité sur Pantheon (5/2/12), annihilant les tentatives de réponse de G2. À l'approche de la demi-heure de jeu, Movistar KOI a logiquement conclu la partie avec un écart de plus de 7k golds, confisquant les principaux objectifs neutres avec quatre dragons sécurisés pour l'Âme des Nuages et sept tourelles détruites contre trois.

Dos au mur, G2 a ajusté sa stratégie lors de la draft de la 2e game, s'orientant vers un counter-pick agressif sur la toplane. Ce choix audacieux d'une Vayne pour BrokenBlade s'est avéré payant, neutralisant totalement le Gnar de Myrwn, cantonné à un maigre 0/2/4. Si les Samouraïs ont pris l'ascendant lors des toutes premières minutes, la dynamique s'est cependant inversée. Dès l'entame du mid game, les deux équipes se sont rendu coup pour coup, illustrant une lutte acharnée pour dicter le rythme. Malgré une domination aux golds de la part de Movistar KOI, qui a notamment mis la main sur quatre dragons, G2 a su faire le dos rond. Plus solides dans les teamfights cruciaux, les G2 ont pu s'appuyer sur un Caps très inspiré sur Ahri (4/1/7), trouvant systématiquement les bons décalages pour assister le Skarner de SkewMond. Bien que Supa se soit montré extrêmement menaçant sur sa Kai'Sa, la composition de G2, entièrement tournée vers la protection grâce au duo Lulu et Sivir, a su absorber et dissiper les assauts espagnols. Au prix d'un sang-froid olympien, G2 remporte l'ultime affrontement passé la demi-heure de jeu, inversant brutalement la courbe des golds pour détruire le Nexus adverse et égaliser dans la série.

La guerre de tranchées madrilène

La manche décisive s'est muée en un affrontement tactique et sanglant de près de 43 minutes. Le toplaner de KOI, Myrwn, a créé la surprise avec un pick exotique d'Anivia sur la toplane. Ce choix stratégique s'est révélé redoutable en mid/late game, ses murs de glace divisant les teamfights et zonant efficacement les joueurs de G2. Ce 3e acte a surtout mis en lumière un choix de draft malheureux du côté des Samouraïs. Face à une équipe de Movistar KOI très résistante et mobile, articulée autour du Galio de Jojopyun et de la Rell d'Alvaro, G2 a cruellement manqué de puissance de feu. Le choix d'une Miss Fortune, un ADC sans capacité d'évasion, face à un tel match-up a rendu la tâche extrêmement complexe pour Hans Sama, malgré une résistance héroïque de sa part (8/3/6).

De son côté, le jungler français SkewMond a peiné à exister sur son Lee Sin (1/5/10), souffrant d'un manque d'efficacité face au bloc compact espagnol. À l'inverse, l'ADC de KOI, Supa, a été intouchable sur Ashe, clôturant la série avec un impressionnant 12/1/5. Les teamfights du late game ont logiquement penché en faveur de Movistar KOI. Portée par l'énergie de l'arène de Madrid, l'équipe a su faire le dos rond après un early game délicat. Bien qu'ils aient concédé les deux premiers dragons et le Héraut de la Faille à G2, accusant un pic de retard de plus de 4k golds avant les 20 minutes de jeu, les Espagnols ont totalement inversé la dynamique. En confisquant les objectifs majeurs tout au long du mid et late game, MKOI a mis la main sur 4 dragons, 2 Nashors et un Dragon Ancestral. Avec 11 tourelles détruites et un avantage final de 7k golds, la formation a fait tomber le Nexus adverse en concluant cette guerre d'usure sur un score de 27 éliminations à 17.

Au terme de ce Bo3 de très haute volée, Elyoya a été logiquement élu MVP de la série, récompensé pour son impact colossal et ses 77% de participation aux kills. Cette victoire permet à Movistar KOI de terminer la saison régulière à la quatrième place (6-3), juste derrière G2 Esports qui conserve sa troisième place au bénéfice du différentiel de points, les deux équipes affichant le même bilan de 6-3. Elles valident ainsi toutes les deux leur précieux ticket pour l'upper bracket des playoffs, évitant le couperet immédiat du losers' bracket.